Disparition de Lyhanna : Jérôme B. et son village en émoi.
Lyhanna, une adolescente de 11 ans, a disparu à la sortie du collège dans le village de Montestruc-sur-Gers, où résidait le principal suspect, Jérôme B., un père de famille de 41 ans. Ce dernier, mis en examen et placé en détention provisoire, a été identifié comme la dernière personne à avoir vu vivante Lyhanna, qui est montée dans sa voiture à 15h05.
Il s’agit d’un village typique du nord du Gers, empreint d’un charme d’autrefois. Ses pierres claires, ses anciennes bâtisses et ses ruelles étroites… Depuis ce week-end, une agitation inhabituelle y règne. Samedi, suite à la disparition de Lyhanna, une adolescente de 11 ans disparue à la sortie du collège, l’attention s’est portée sur Montestruc-sur-Gers, situé à une dizaine de kilomètres de Fleurance. C’est dans ce village de 700 habitants que résidait le principal suspect, Jérôme B.
Ce père de famille de 41 ans, dont le passé trouble se dévoile progressivement, a été mis en examen et placé en détention provisoire. Sa fille aînée, qui est en classe de 6e, était amie avec Lyhanna. Les images de vidéosurveillance montrent l’adolescente monter dans sa voiture à 15h05. Il affirme l’avoir déposée à la piscine peu après. Cependant, ses déclarations jugées « incohérentes » n’ont pas convaincu les autorités. De plus, il demeure la dernière personne identifiée à avoir vu Lyhanna vivante.
Ce jeudi matin, le petit village, sous une pluie battante, a retrouvé un certain calme après le passage des gendarmes et des journalistes en début de semaine. La maison du suspect est désormais immobilisée. La large porte en bois peinte est scellée par un scotch bleu de la gendarmerie, attestant de l’intervention des enquêteurs. Les recherches se concentrent désormais autour de Fleurance.

« On ne sait pas où elle est cette petite »
Mais ce sujet est sur toutes les lèvres. « On ne sait pas où elle est cette petite. C’est bien triste », confie René*, un homme de 81 ans, peiné sous son béret. Il n’avait jamais vu cela dans ce coin du Gers. « C’est fou de se dire qu’on n’était pas loin d’un homme aussi dangereux… », lâche-t-il avant de regagner son foyer, évitant ses voisins d’habitude toujours vigilants.
A quelques mètres, devant la mairie en travaux, seuls quelques artisans bravent la pluie. Le village s’adapte au rythme de l’enquête, des battues et des « scoops » médiatiques. Une pression qui commence à agacer certains habitants. À sa fenêtre, une retraitée, cigarette à la main, souffle : « Tous les journalistes qui viennent, qui demandent ce que je sais, mais je ne sais rien, je ne peux pas aider… », s’excuse presque la vieille dame. La méfiance règne. Certains habitants, sur le pas de leur porte, observent le va-et-vient des journalistes et curieux, prêts à se renfermer si quelqu’un s’approche trop près.
« Il est très discret »… Jérôme B., un voisin fantôme
Aucun des habitants rencontrés ce jeudi ne connaissait vraiment le suspect. « Ici, tout le monde ne parle que de ça. Tous les matins, on lit les nouvelles, de pire en pire, dans le journal », assure Laurie, la quarantaine. Mercredi, la procureure a annoncé que trois autres procédures visaient désormais le suspect. « Mais nous, cet homme, on ne le connaît pas vraiment. Il était très discret. Je l’ai dû le voir une ou deux fois, à peine. Pourtant ici, nous ne sommes pas nombreux », ajoute-t-elle.
Le voisinage s’interroge également sur les proches du suspect. « On ne sait même pas où sont ses filles et sa famille aujourd’hui », confie Laurie, avant de partager son intuition : « Mais Lyhanna, c’est sûr qu’elle n’est pas ici. Il ne l’aurait pas amenée là où vivent ses enfants… »
*Les prénoms ont été modifiés.

