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Finales NBA : Victor Wembanyama, une précocité jamais vue dans le basket ?

Victor Wembanyama a marqué 14 points à 4/14 lors de son premier match au Madison Square Garden le 8 novembre 2023. À 22 ans, il a conduit les San Antonio Spurs au titre de la conférence Ouest après avoir gagné un game 7 contre le Thunder avec un score de 103-111.


Les fervents supporters des New York Knicks se rappellent sans doute de l’accueil réservé à Victor Wembanyama lors de son premier match au Madison Square Garden, le 8 novembre 2023. À chaque lancer franc tenté par le rookie, les fans new-yorkais ne manquaient pas de crier « overrated » (surcoté). Ce chant moqueur pourrait faire un retour inattendu dans les deux prochaines semaines lors des finales NBA.

Moins de trois ans après cette première rencontre difficile (14 points à 4/14 lors d’une défaite 126-105) dans cette célèbre salle de Manhattan, le pivot français mène l’équipe novice des San Antonio Spurs, le deuxième finaliste le plus jeune de l’histoire, vers le titre suprême, dès ses premiers play-offs. Une performance impressionnante, à seulement 22 ans, qui donne moins de crédit aux déclarations du coach des Knicks.

« Pour espérer limiter « Wemby », il faut le faire travailler le plus possible et prier », explique Mike Brown. « J’ai quelques amis moines, mais je ne peux pas leur parler, car il a déjà tout compris sur cet aspect de la religion. » Comment « l’Alien » tricolore, mesurant 2,24 m, a-t-il pu, en si peu de temps, passer d’un prospect au physique délicat, moqué par Shaquille O’Neal et présentant des lacunes dans son jeu, au joueur le plus redouté de toute la Ligue durant ces play-offs 2026 ?

« J’ai tellement envie de gagner. C’est comme si ma vie en dépendait », a exprimé avec passion Wembanyama après l’exploit inattendu de son équipe : une victoire en game 7 sur le parquet du Thunder de Shai Gilgeous-Alexander (103-111). Cette phrase résume bien le travail acharné et les sacrifices de Victor Wembanyama au cours des trois dernières années, notamment pour se remettre complètement de sa thrombose veineuse à l’épaule.

L’ancien ailier All-Star des Nets, Richard Jefferson, a récemment commenté dans le podcast « Road trippin’show » : « « Wemby » est actuellement le seul être humain sur la planète qui, lorsqu’il est à son meilleur, ne peut être arrêté par personne. C’est un Shaq, c’est un LeBron, c’est un Steph à trois points. Quand il se met en marche, on ne peut que le regarder. Moi, de mon canapé, je suis aussi impuissant que les défenseurs sur le terrain. »

Même le champion en titre, Oklahoma City, a appris à ses dépens, lorsque le meilleur défenseur de l’année s’est transformé en attaquant redoutable lors du match 1, réalisant une performance à 41 points et 24 rebonds. Véritable leader de son équipe, Wembanyama a transcendé les Spurs en 2026, passant de la 14e puis 13e place à l’Ouest (en 2024 et 2025) au triomphe d’une conférence ultra-compétitive. Alors que les finales NBA commencent dans la nuit de mercredi à jeudi (2h30, à suivre en direct sur « 20 Minutes »), on peut se demander quelle place occupera ce parcours de play-offs dans l’histoire des performances de précocité en NBA.

Pour ce qui est des joueurs français et des Spurs, Tony Parker, avec ses quatre titres de champion, avait certes été couronné à 21 ans, dès sa deuxième saison en NBA (en 2003). Cependant, il évoluait alors dans l’ombre de Tim Duncan (14,7 points en play-offs, contre 24,7 pour Duncan), tandis que Wembanyama est le leader incontesté des Spurs (23,2 points, tandis que Stephon Castle est à 19,2). Tim Duncan, lui, avait également été couronné champion en 1999… contre New York, en tant que « go to guy » de San Antonio (lui aussi 3e au vote du MVP de la saison), à 23 ans, à l’issue de sa deuxième saison en Ligue.

Bien sûr, le titre de Magic Johnson, rookie à 20 ans avec le titre de MVP des finales en 1980, est un exploit remarquable. Toutefois, cela remonte à une NBA d’une autre époque, et cette performance est liée à la blessure de Kareem Abdul-Jabbar durant les finales, alors que Magic n’était « que » le 4e scoreur des Lakers cette saison-là. C’est une situation similaire pour Kobe Bryant, double champion NBA avant ses 22 ans (dans ses 4e et 5e saisons), mais encore deuxième option à Los Angeles derrière Shaquille O’Neal.

Il est important de noter que LeBron James a été « sweepé » (0-4) lors des finales de 2007 contre les Spurs de « TP », à 22 ans, à l’issue de sa 4e saison NBA. « King » James a dû attendre d’avoir 27 ans pour devenir champion, tandis que Michael Jordan a attendu 28 ans (7e saison) pour obtenir sa bague.

Si Victor Wembanyama est opposé aux Knicks, il a une occasion en or de dépasser ces deux légendes sur une période clé, après avoir perdu toutes les grandes finales de sa carrière jusqu’à présent. Ajoutons à cela son titre de rookie de l’année 2024, le « DPOY » 2026, son statut de plus jeune meilleur contreur de l’histoire, sa troisième place au vote du MVP 2026, ou encore le récent trophée de MVP des finales de la conférence Ouest… Pas mal pour un jeune talent « surcoté », non ?