La Tunisie accueille la Conférence arabe sur la retraite.
Du 20 au 22 juillet 2026, Tunis accueillera la « Conférence arabe sur la retraite et les assurances sociales », réunissant experts et décideurs pour discuter de la viabilité des caisses de retraite régionales. La Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) en Tunisie traversent une crise financière chronique, aggravée par un déséquilibre structurel entre le nombre de cotisants actifs et le nombre croissant de retraités.

Du 20 au 22 juillet 2026, Tunis sera le lieu de discussions sur la protection sociale en accueillant la « Conférence arabe sur la retraite et les assurances sociales ». Cet événement de haut niveau réunira des experts et des décideurs pour repenser la viabilité des caisses de retraite régionales, face à l’essoufflement de leurs modèles traditionnels, une problématique qui reflète la situation critique des caisses tunisiennes.
L’organisation de ce sommet se déroule dans un contexte de forte pression financière sur les caisses publiques du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA). En effet, depuis huit décennies, ces régimes de répartition, reposant sur la solidarité et l’équilibre budgétaire annuel, fonctionnent à flux tendu.
Aujourd’hui, assurer la pérennité des prestations tout en maintenant le niveau des pensions représente un véritable défi pour les gouvernements, incitant la conférence à explorer des alternatives de financement et à diversifier les mécanismes d’épargne en dehors des structures étatiques traditionnelles.
Les axes stratégiques du sommet
Les travaux de cette édition s’articuleront autour de thématiques essentielles pour moderniser la gouvernance des caisses de retraite. Les participants commenceront par évaluer les réformes structurelles en cours dans la région et examineront l’intégration de technologies avancées pour réussir la transformation digitale administrative, optimiser la gestion et sécuriser les rendements.
Les discussions porteront également sur l’adoption de stratégies d’investissement prospectives destinées à protéger les portefeuilles financiers contre les crises économiques, ainsi que sur une gestion rigoureuse visant à équilibrer les placements et les engagements futurs. Une attention particulière sera accordée à l’épargne et à l’inclusion via le développement de la retraite complémentaire privée et l’élargissement de la couverture sociale aux travailleurs expatriés et migrants.
Cette plateforme d’échange unique rassemblera de hauts responsables de la sécurité sociale, des dirigeants de caisses de retraite, des spécialistes du droit du travail ainsi que des représentants syndicaux et gouvernementaux du monde arabe.
Course contre le déficit et le vieillissement
Pour le pays hôte, les thématiques de la conférence sont d’une actualité pressante. En Tunisie, la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) font face à une crise financière chronique due à un déséquilibre structurel majeur, avec un nombre de cotisants actifs en déclin contre un nombre croissant de retraités.
Cette situation est exacerbée par une rapide transition démographique vers le vieillissement de la population. L’augmentation de l’espérance de vie, combinée à la baisse de la natalité, réduit mécaniquement le ratio de dépendance, diminuant le nombre de travailleurs requis pour financer la pension d’un seul retraité.
Entre mesures classiques et nouveaux leviers
Pour lutter contre ce déficit, la Tunisie a d’ores et déjà mis en œuvre plusieurs leviers traditionnels dans le cadre des plans de réforme classiques. Les autorités ont reculé l’âge de départ à la retraite à 62 ans dans le secteur public, avec une option de prolongation jusqu’à 65 ans, tout en augmentant les taux de prélèvement sur les salaires.
La diversification des sources de financement a également été introduite par la Contribution Sociale de Solidarité, une taxe prélevée sur les revenus et les entreprises pour renflouer les caisses. Parallèlement, l’État tunisien cherche à développer la retraite complémentaire afin d’alléger le régime général, tout en entreprenant un chantier de longue haleine pour intégrer le secteur informel dans l’économie formelle, une étape essentielle pour élargir l’assiette des cotisants et assurer la pérennité du système social national.

