Procès Falzone : Grégory D’Andrea plaide pour son frère décédé à 51 ans
Grégory d’Andrea se présente au pupitre pour s’exprimer au nom des parties civiles, sans avocat ni toge. Il évoque le 2 juin, date de l’anniversaire de son frère Frédéric D’Andrea, qui aurait eu 51 ans.
Il a ajusté ses lunettes avant de se présenter au pupitre, tenant des feuilles dans une main gauche tremblante, vêtu d’un polo bleu marine et d’un bermuda en jeans. Grégory d’Andrea, sans avocat ni toge, a choisi de s’exprimer seul, au nom des parties civiles. Le frère de Frédéric D’Andrea, décédé lors du drame de Strépy, a commencé par expliquer le concept des soumonces : « C’est une répétition, on répète les gestes du carnaval ». Il a ajouté : « Paolo aussi répétait. Mais lui, c’était avec sa voiture et ses stories, pour impressionner ses followers. Ses followers étaient moins nombreux que mes amis Facebook. »
Il a ensuite évoqué les victimes et le jour du drame. « Pour mon frère, les faits sont encore plus insupportables à mes yeux. Il traîne mon frère sur plusieurs mètres, il freine et réaccélère. Soi-disant il ne l’a pas vu. Mon frère était plus petit que moi, mais sinon, c’était le même », a-t-il décrit, en parlant de sa propre taille. « Avec, en plus, un costume de gille et une apertintaille. C’était impossible de ne pas le voir. »
Grégory D’Andrea a continué en mentionnant les trous de mémoire de l’accusé et ses mensonges. « Depuis le procès, j’ai appris trois phrases : ‘Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu’. »
Il a de nouveau abordé ce qu’il qualifie de « tuerie », soulignant l’absence de réaction des accusés qui n’ont pas porté secours aux victimes : « Est-ce qu’on peut concevoir qu’un citoyen ne donne aucune assistance en huit minutes ? »
S’adressant ensuite au jury, il a précisé qu’il n’était pas avocat et qu’il ne « plaide pas ». « Je voulais juste vous parler », leur a-t-il avoué avec simplicité. « Et leur dire à eux (en se retournant vers les accusés) : Vous, depuis 4 ans, vous êtes cachés. Vous avez été préservés, pas nous ! »
Grégory D’Andrea a demandé à la greffière de projeter une image. Sur les écrans de la cour d’assises, un message d’anniversaire est apparu, sur un fond doré : « Joyeux anniversaire, Fred ». Il a expliqué : « Aujourd’hui, nous sommes le 2 juin. C’est la date de mon grand frère et il aurait eu 51 ans. Je suis également papa d’une fille de 18 ans (ndlr : née aussi un 2 juin). C’est cela, le 2 juin chez moi. Tous les ans. Je n’ai plus qu’un anniversaire à fêter. »
Son discours a terminé par des remerciements adressés à la cour, au service d’aide aux victimes, à la police et aux avocats. Il a souligné à l’adresse des parties civiles, avec lesquelles il a passé plus de quatre semaines, : « Le plus beau moment, c’est votre rencontre. Il y a quand même quelque chose de beau dans cette cour d’assises, c’est ça. » Il a conclu par un émouvant : « Joyeux anniversaire, frérot ! Je t’aime. »
Les plaidoiries des avocats de parties civiles se poursuivent et se terminent avec Me le Hodey et Me De Beco ce 2 juin, avant le réquisitoire de l’avocat général.

