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Roland-Garros 2026 : « Une nouvelle ère » pour les filles en nuit ? Sabalenka trop optimiste

La première « night session » féminine de Roland-Garros s’est tenue après une absence de trois ans et a duré plus de 1h30 de jeu. Dans le même temps, la dernière « night session » féminine avait eu lieu en 2023, ce qui fait un total de 33 matchs depuis cette date.

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

Un premier set relativement disputé, suivi d’un deuxième plus déséquilibré, pour un total de plus d’une heure et demie de jeu : la première « night session » féminine de la quinzaine, la première depuis quelques temps, puisque la dernière remontait à 2023, a donné lieu à un bilan positif.

Sabalenka a su garder un peu de suspense, permettant ainsi aux nombreux supporters d’Osaka présents dans les tribunes d’y croire encore. La numéro 1 mondiale, réputée pour son charisme sur le circuit, a accepté avec plaisir de remercier le Central par une démonstration de danse sur un morceau de Michael Jackson (une drôle de sélection de l’organisation, il convient de le mentionner), afin de quitter la scène en laissant tout le monde avec le sourire.

Première session nocturne féminine depuis 3 ans

La Bélarusse, qui avait déjà été choisie en 2023 pour participer à la dernière « night session » féminine du tournoi, il y a 33 matchs, est l’une des joueuses les plus investies dans la quête d’un rééquilibrage. Elle s’est montrée ravie de son petit impact lors de sa conférence de presse :

« Je pense que c’est vraiment important qu’ils aient programmé notre match d’aujourd’hui (lundi) en soirée. C’est la bonne décision, l’ambiance et l’attention que ce match a suscitées vont probablement leur montrer qu’à l’avenir, ils devraient envisager de programmer un peu plus de matchs féminins en soirée. J’espère donc que ce match marque le début d’une nouvelle ère pour les matchs féminins en session de nuit. »

Un point de vue optimiste, en dépit de l’argument de poids avancé par Amélie Mauresmo pour justifier l’absence de matchs féminins en soirée, qui reste valide à toute heure : payer 150 euros pour voir au maximum entre une et deux heures de tennis est coûteux pour le spectateur.

Celle de lundi était une exception : les spectateurs les plus avertis, et ils étaient nombreux, se sont déplacés en silence vers le Suzanne-Lenglen, accessible à tous pour assister à la fin du match entre Arnaldi et Tiafoe. Et quel match : 5h26 de combat mémorable jusqu’à la victoire de l’Italien, l’un des plus longs de l’histoire du tournoi… soit presque 4h de tennis en plus pour ceux qui avaient bien anticipé.

Cette situation semble représenter une opportunité rare pour rendre les sessions nocturnes féminines plus attractives que celles des hommes, qui, il faut le dire, ont été particulièrement ennuyeuses cette année, en dehors du Fonseca-Ruud de dimanche soir :

Un tableau masculin dépeuplé

Ce qui a rendu l’affiche entre Sabalenka et Osaka incontournable pour le lundi. Il n’y avait rien de mieux à proposer, mais cela aurait pu se jouer à un fil : on peut imaginer que Moïse Kouamé, s’il avait battu Tabilo samedi dernier, aurait pu être sur le Chatrier en soirée.

Des joueuses assez bankables

Depuis la retraite de Serena Williams, dont le retour en double récemment annoncé fait frémir certains observateurs, peu de joueuses peuvent attirer 15 000 personnes juste par leur nom : l’Américaine avait d’ailleurs inauguré la première session nocturne de l’histoire du tournoi en 2021. On se souvient d’un seul « raté » de l’organisation en 2024, un affrontement monumental entre Swiatek et Osaka de près de 3 heures, qui avait eu lieu en fin d’après-midi.

Un match de fou sur le Lenglen en même temps

S’il n’y a pas eu trop de plaintes de la part des spectateurs du soir lundi, c’est parce qu’ils connaissent évidemment les règles, mais aussi parce qu’ils avaient la possibilité de rester pour voir Arnaldi et Tiafoe se donner à fond sur le Lenglen. Une affiche peu alléchante sur le papier mais un match incroyable sur le terrain, jusqu’à tard dans la nuit.

Une météo clémente

C’est idiot à dire, après un épisode caniculaire, mais l’expérience en tribune est différente quand la température est agréable, comme lundi, ou fraîche avec un toit fermé, ce qui est à prévoir au vu des prévisions pour mardi à Paris. Cela a naturellement un impact sur l’humeur des spectateurs, qui ont pu sortir leurs plus beaux ensembles pour « challenger » la robe dorée d’Osaka. Un vrai bonheur (non).

Un one-shot sans lendemain ?

Autant d’éléments favorables qui ne sont pas près de se reproduire, si vous voulez notre avis, qui est évidemment moins important que celui d’Amélie Mauresmo. Il convient de préciser que la directrice du tournoi n’était pas en fonctions lors de la négociation de ce surprenant accord avec Amazon, dont il est difficile de mesurer le succès : le groupe de Jeff Bezos refuse de communiquer sur ses audiences, même s’il se murmure dans le milieu qu’elles sont très faibles pour être officiellement certifiées.