Meurtre de Jonathan : un codétenu assure qu’il ne prévoyait pas de le tuer.
Martin Ney est accusé du meurtre de Jonathan Coulom, un enfant enlevé en 2004 à Saint-Brévin-les-Pins, basé sur le témoignage de son ancien ami Mario qui évoque des aveux en 2017. Mario a mentionné avoir eu des conversations troublantes avec Martin Ney, qui s’est vanté d’avoir agressé sexuellement un garçon en France et a déclaré ne pas avoir prévu de le tuer.
Leur amitié prend fin devant la cour d’assises. Martin Ney est actuellement dans le box des accusés pour le meurtre de Jonathan Coulom, notamment en raison des témoignages de son ancien ami et codétenu, Mario. En 2017, alors que l’enquête française est à l’arrêt, ce prisonnier allemand de 29 ans à l’époque, fait des révélations troublantes. Il raconte aux policiers que celui qu’il considère comme son « meilleur ami » lui a avoué avoir tué un petit garçon en France. Cet enfant a été identifié par les enquêteurs comme étant Jonathan Coulom, enlevé en 2004 en pleine nuit du dortoir de sa classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins, et retrouvé mort quelques semaines plus tard.
Mario et Martin Ney se sont connus dans la prison de Celle, située dans le nord de l’Allemagne, au début des années 2010. Détenus dans le même couloir, ils deviennent amis après que Mario se sépare de son ancienne compagne. Souffrant des brimades d’autres détenus, Mario est souvent défendu par Martin. « On parlait de tout et de rien », se remémore le trentenaire. Il est au fait des crimes, dont des meurtres et des agressions sexuelles sur de jeunes garçons, commis par Martin Ney, qui purge encore sa peine en Allemagne. « Je lui ai demandé comment il pouvait commettre de tels actes sur des enfants, mais je ne portais aucun jugement sur ses actes », précise-t-il.
En janvier 2017, Mario révèle aux policiers qu’il a subi des viols de la part d’autres détenus. C’est à cette occasion qu’il mentionne des conversations troublantes qu’il a eues avec Martin Ney. Lors d’une visioconférence devant le tribunal de Nantes, il déclare : « Il m’a expliqué qu’il avait été en France avec un véhicule de location. Là-bas, il m’a dit avoir agressé sexuellement un garçon qu’il aurait ensuite tué. » Il ajoute que Martin Ney a précisé qu’il n’avait pas prévu de tuer l’enfant, mais qu’il avait perdu un sac contenant ses effets personnels sur les lieux et qu’un témoin accompagné d’un chien l’avait aperçu.
Ces éléments concordent avec le témoignage d’un agriculteur. Le vieil homme a raconté la semaine dernière qu’il avait vu, au printemps 2004, un homme et une voiture immatriculée en Allemagne près de l’endroit où le corps de « petit Jonathan » avait été retrouvé dans un étang.
Mario avoue avoir continué à correspondre avec Martin Ney après sa déposition, malgré un changement de prison. « Vous lui écrivez qu’il est votre meilleur ami, que vous ne l’oublierez jamais. Pourtant, vous savez que cette déclaration lui nuira », souligne la présidente. Mario explique qu’il voulait maintenir cette relation qu’il « aimait ».
« C’est vrai, on s’est liés d’amitié, nous avons eu des discussions, mais je ne me suis pas confié sur les crimes que j’ai pu commettre », rétorque Martin Ney, qui nie toute implication dans le meurtre de l’enfant. Il a déposé plusieurs plaintes pour calomnie à son encontre, mais ces recours ont été classés sans suite. Mario « me posait beaucoup de questions sur les meurtres pour lesquels j’ai été condamné, il me demandait si ce qu’il voyait dans les médias était vrai, mais je répondais toujours de manière concise », poursuit l’accusé.
Concernant les révélations sur l’affaire du « petit Jonathan », Martin Ney dénonce des propos « inventés de toutes pièces ». « J’y pense jour et nuit, je me demande pourquoi il a fait cette déposition », insiste-t-il, ajoutant que Mario « m’a déjà avoué qu’il me trouvait particulièrement attrayant et que j’ai rejeté ses avances. Ce refus pourrait expliquer cette déclaration. » Cette supposition agace Mario, qui s’agite à l’écran et déclare : « C’est absolument n’importe quoi ! »
Mario, qui depuis l’Allemagne avait initialement décrit Martin Ney comme un homme « accessible » et « serviable », présente désormais une personnalité aux « deux visages », celle d’un « manipulateur », parfois « méchant ». Il évoque une altercation à la bibliothèque où son ami l’aurait insulté et frappé. Dans le box, Martin Ney ne lève pratiquement pas les yeux vers l’écran montrant son ancien camarade.
« Je trouve ses déclarations peu crédibles », affirme-t-il, évoquant le caractère mensonger de son accusateur : Mario a accusé sa famille de posséder une chambre de torture, une allégation qui s’est révélée fausse. Mais l’ancien camarade maintient sa version : « J’ai beaucoup menti mais j’ai changé, je n’ai pas inventé ce que j’ai dit à propos de Martin Ney. Un jour, il m’a parlé de la police française avec un petit sourire en coin, il m’a dit, ‘de toute façon ils ne peuvent rien contre moi car ils n’ont aucune preuve’. »
La cour rendra son verdict jeudi.

