Adobe réécrit Premiere et Photoshop : Photoshop passe de 5 % à 100 %.
Adobe a entièrement réarchitecturé le moteur de Photoshop pour RTX Spark, permettant à l’application de passer de 5 % à 100 % de traitement accéléré par le GPU. De son côté, Premiere est réécrit pour tirer parti de la mémoire unifiée de la puce et de TensorRT, la brique d’accélération IA de Nvidia, pour du montage, de l’étalonnage et des rendus de timelines complexes en temps réel.
Pour commercialiser sa puce RTX Spark, Nvidia a persuadé Adobe de réécrire intégralement Premiere et Photoshop. Le chiffre marquant, Photoshop passant de 5 % à 100 % de traitement GPU, annonce un véritable changement pour la création, accompagné de certaines zones d’ombre.
Si vous utilisez Photoshop, vous avez sûrement vécu ce moment où, après avoir appliqué un filtre trop lourd, le logiciel se fige un instant, le curseur tourne, et l’on se demande à quoi sert réellement la carte graphique à 1 500 euros intégrée dans l’ordinateur. La réponse est dérangeante : elle n’est guère utile. Photoshop, ce logiciel emblématique âgé de 35 ans, n’exploite presque pas la puissance du GPU. Nvidia et Adobe ont annoncé vouloir y remédier, et le chiffre qu’ils présentent suscite l’étonnement.
Le point crucial réside là : Adobe a toute fois réarchitecturé le moteur de Photoshop pour la RTX Spark, et l’application pourrait passer de 5 % à 100 % de traitement accéléré par le GPU. En d’autres termes, presque toutes les tâches gérées jusqu’à présent par le processeur central seraient transférées vers la carte graphique, bien plus performante pour ce type de calculs parallèles. Adobe promet ainsi des filtres lumineux, du HDR et des pinceaux plus naturels. De son côté, Premiere est également réécrit pour profiter de la mémoire unifiée de la puce et de TensorRT, l’outil d’accélération IA de Nvidia, pour du montage, de l’étalonnage et des rendus de timelines complexes en temps réel.
La partie la plus fascinante ne se trouve pas dans l’image, mais dans le fonctionnement. Adobe ajoute le support du protocole MCP, permettant de connecter un agent IA directement sur Premiere et Photoshop. Concrètement, il ne s’agira plus de fouiller dans les menus pour trouver l’outil adéquat : on formulerait ce que l’on souhaite en langage naturel, et l’agent se chargerait de monter le projet ou de retoucher l’image à notre place.
Nvidia a démontré un cas d’utilisation où un artiste esquisse une créature, l’agent construit le flux de génération, produit l’image, ajoute des angles de caméra, puis l’anime en utilisant deux images clés, comme un storyboard. L’utilisateur ne quitte jamais son outil, il guide simplement le processus.
Adobe n’est pas le seul à évoluer dans ce sens. Blender intègre le DLSS Ray Reconstruction dans sa version 5.3, prévue pour cet automne.
La promesse annoncée est d’obtenir un aperçu en path tracing beaucoup plus clair dans le viewport, permettant d’évaluer une scène en temps réel plutôt que d’attendre que l’image soit débruitée. Du côté de la génération vidéo par IA, Nvidia introduit la création d’images intermédiaires à RTX Video, offrant un multiplicateur de 2x à 4x qui sera disponible dans ComfyUI, toujours cet automne. Ceci devrait transformer des vidéos générées courtes et saccadées, souvent à 15 ou 20 images par seconde, en clips plus longs et plus fluides.
Cependant, les fameux « jusqu’à 2x plus rapide » avancés par Nvidia et Adobe restent flous. On ne sait pas par rapport à quoi ces chiffres se basent, car il n’y a ni point de référence chiffré, ni machine de comparaison, et aucune date plus précise qu’un vague « à l’automne ». De plus, toutes ces applications fonctionneront sur Windows on Arm via émulation pour les versions non natives, soulevant des questions sur la stabilité et les performances réelles.
Si la transition de Photoshop de 5 % à 100 % de GPU se réalise, cela représenterait une véritable avancée pour toute la création, et pas seulement pour la RTX Spark. Toutefois, entre les démonstrations soignées lors d’une keynote et la fluidité de votre projet personnel, un automne entier nous attend, ainsi qu’un bon nombre de chiffres que l’on espère clairs.

