Les Engagés défendent loyauté envers des réformes difficiles.
La convention de la formation turquoise a eu lieu sous le signe de l’économie, avec des priorités sur la souveraineté, la sécurité et la capacité collective à maîtriser le destin du pays. Le gouvernement De Wever doit trouver 7 milliards d’euros pour redresser la situation budgétaire de la maison Belgique.
Il est temps de reconnaître que ce système ne fonctionne pas
La convention des Engagés, intitulée « formation turquoise », était centrée sur l’économie. L’économie belge est à un tournant de son histoire pour éviter de répéter les erreurs du passé. Les priorités sont la souveraineté, la sécurité et la capacité collective à maîtriser l’avenir du pays. Plusieurs participants, dont des industriels, des représentants d’entreprises, un syndicat et des associations environnementales, ont échangé leurs points de vue. Le constat général parmi les Engagés est le suivant : « Après les trente glorieuses et ses politiques keynésiennes, nous sommes entrés dans une période de mondialisation joyeuse, dominée par le libre-échange et le néolibéralisme. Il est temps de reconnaître que ce système ne fonctionne pas. Aussi longtemps que nous n’aurons pas tiré un trait sur ce passé, nous resterons englués dans ce que j’appelle l’âge des crises perpétuelles, » a déclaré Yvan Verougstraete devant l’assemblée.
Des réformes difficiles, mais assumées
Lors de son discours, Yvan Verougstraete, président des Engagés, a reconnu que certaines mesures, notamment au niveau fédéral, sont mal perçues par la population. L’Enquête nationale 2026 corrobore d’ailleurs ces propos. Toutefois, la formation turquoise assume son discours. « Si nous décidons de réformer, ce n’est pas pour casser mais pour préserver. Préserver les pensions aujourd’hui et demain, préserver un enseignement de qualité, préserver des soins de santé accessibles à tous, préserver la sécurité de chacun et de chacune, préserver un soutien à ceux qui en ont le plus besoin et préserver un État de droit où chacun est respecté. Tout cela sans étouffer ceux qui doivent continuer à créer de la valeur, à travailler et sans reporter une charge impossible sur les prochaines générations, » s’est défendu Yvan Verougstraete.
Et d’autres à venir, tout autant assumées
Au niveau fédéral, le gouvernement De Wever commence son marathon budgétaire, devant trouver 7 milliards d’euros pour redresser la situation de la Belgique. Ce conclave pourrait mener à de nouvelles mesures impopulaires pour la population. « Ce seront des mesures responsables et nécessaires. On ne se lève pas tous les jours pour se faire insulter l’après-midi, mais c’est un discours de vérité. Il y aura d’autres mesures à prendre, non pas par plaisir, mais parce que notre pays va droit dans le mur si nous ne le redressons pas. Ces décisions doivent être prises aujourd’hui pour garantir un bien-être de qualité demain, » a déclaré Maxime Prévot, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.
Le monde de l’école gronde, les Engagés persistent
À la Fédération Wallonie-Bruxelles, la semaine s’annonce tumultueuse dans le domaine scolaire, avec des actions et des grèves déjà annoncées à l’approche du vote du décret programme qui entérinera les réformes à venir. Les Engagés sont souvent attaqués par des enseignants qui estiment que la formation centriste a rompu ses engagements de campagne. Cependant, les réformes soumises au vote répondent à un contexte budgétaire. « Il est évident que les mesures que nous prenons aujourd’hui ne sont pas populaires, et ce n’est pas avec légèreté que nous les adoptons. Mais nous agissons avec conviction, car nous sommes persuadés qu’il n’y a pas d’autre voie. Cela dit, nous demeurons attentifs aux amendements que nous pourrions apporter pour introduire plus de bon sens. Certaines décisions peuvent être hâtives, donc il est essentiel de continuer à dialoguer avec le terrain. Il peut y avoir des aspects que nous pouvons encore rediscuter. Toutefois, même si ces mesures sont désagréables, elles sont essentielles pour assurer la pérennité de la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous n’avons pas le choix. Il faut les mettre en œuvre, » a confié Valérie Lescrenier, ministre de la Petite-Enfance.
Des tensions avec son partenaire, le MR ?
Malgré la colère et la frustration des citoyens, les Engagés n semblent pas souffrir de leur participation aux gouvernements. Les récentes intentions de vote dans l’Enquête nationale montrent que la formation dirigée par Yvan Verougstraete est relativement épargnée, contrairement au Mouvement Réformateur qui perd du soutien par rapport aux résultats des élections de 2024. Yvan Verougstraete se veut clair, son parti reste loyal, tout en affichant ses différences. « Cela vous surprend que le MR ait sa propre ligne directrice et que nous avons la nôtre ? Rien de surprenant là-dedans. En revanche, nous partageons une direction commune que nous avons choisie, qui n’est pas facile, parfois douloureuse, mais qui est ancrée dans la réalité avec nos spécificités. Nous avons notre propre méthode, ce qui rend parfois les choses plus compliquées (entre nous), mais nous respectons cet accord de gouvernement car il est nécessaire pour les citoyens. L’objectif n’est pas de laisser penser qu’il y a des tensions. Nous avons de grands défis à relever ensemble, » a-t-il déclaré lors d’une interview.
Convention Les Engagés : Garder le cap malgré les réformes
Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

