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Roland-Garros : Diane Parry accède enfin à la deuxième semaine après des années

Diane Parry a gagné le droit de revenir en deuxième semaine à Roland-Garros grâce à sa victoire face à Amanda Anisimova, 6e joueuse mondiale. Elle affrontera au prochain tour Maja Chwalinska, une invitée surprise du tableau, et deviendra numéro 1 française à l’issue du tournoi.

À Roland-Garros,

En tant que fidèle supportrice du PSG, Diane Parry sait qu’il faut parfois faire preuve de patience pour atteindre un grand objectif. Pour elle, cette attente a duré sept ans, entre son premier match dans un tableau principal d’un Grand Chelem (en 2019 à Roland-Garros) et ce samedi mémorable où elle a enfin obtenu le droit de poursuivre sa compétition en deuxième semaine grâce à sa victoire éclatante contre Amanda Anisimova, classée 6e joueuse mondiale.

Cinq fois, elle avait vu la porte se fermer juste devant elle, au 3e tour, dont une expérience particulièrement traumatisante à l’Open d’Australie en 2024, lorsqu’elle a perdu après avoir mené 5-1 et avoir eu une balle de match dans la manche décisive contre Mirra Andreeva. Ainsi, ce succès acquis sur le court Central, en une journée festive où son équipe favorite dispute une finale de Ligue des champions, revêt une saveur toute particulière.

« Je suis encore plus heureuse que cela arrive ici à Paris, par une belle journée comme celle-ci, » a-t-elle exprimé quelques minutes plus tard lors de la conférence de presse, arborant le maillot du PSG. « Cela représente beaucoup de choses, je courais après cet objectif depuis un moment. Je veux en profiter, tout en restant concentrée sur la suite car j’ai la capacité de faire encore mieux. »

Une « matcheuse » en devenir

Le fait que la joueuse de 23 ans ait réussi à franchir ce cap à présent n’est pas un hasard. Élégante et talentueuse, avec un revers à une main peu courant chez les femmes, elle a suscité beaucoup d’attentes lorsqu’elle a fait son entrée sur le circuit alors qu’elle n’était encore qu’adolescente. Peut-être un peu trop. Cela lui a finalement pris du temps pour répondre à la puissance souvent supérieure de ses adversaires, et son corps ne l’a pas facilitée. Ces dernières années, elle a dû faire face à plusieurs blessures, notamment au niveau des jambes.

Parry a donc énormément travaillé. « C’est essentiel, cela nous permet d’enchaîner les matchs, de tenir, d’être au combat, » explique-t-elle. « Parfois, après de grosses préparations, on ne voit pas immédiatement les résultats et c’est frustrant. Je suis très heureuse de le constater maintenant, et de me sentir si bien sur le court. » Cependant, ce n’est pas tout. Elle a également musclé son mental, en s’appuyant sur des conseils de son ancien entraîneur Gonzalo Lopez pour devenir une véritable « matcheuse ».

Super tie-break maîtrisé

Ce samedi, cela s’est vu, notamment dans ce 3e set très tendu, où elle n’a jamais flanché, même face à quatre balles de break manquées. « Peut-être qu’auparavant, j’aurais pu croire que j’allais perdre ce match, ou que la marche était trop haute, » reconnaît-elle. « Là, ce n’était jamais le cas. Je me suis toujours dit que j’aurais d’autres opportunités. Et que s’il fallait jouer un super tie-break, je le ferais. »

Elle a même fait mieux : elle l’a totalement dominé. Dans ce dernier jeu à 10 points, à la vie à la mort, la Française n’a laissé aucune chance à son adversaire (10-3). Certes, Anisimova, qui a avoué après le match se sentir un peu malade depuis le matin, a commis de nombreuses fautes directes. Mais Parry a également su faire preuve d’une grande variété dans son jeu, utilisant son slice de revers pour casser le rythme de l’Américaine.

La poignée de mains entre les deux joueuses à la fin du match.
La poignée de mains entre les deux joueuses à la fin du match.  - Tnani Badreddine/DeFodi Images/SIPA

Avec cet obstacle majeur derrière elle, Diane Parry peut envisager de jouer gros lors du prochain tour. Elle sera confrontée à Maja Chwalinska, l’invitée surprise du tableau issue des qualifications. La Française n’a jamais affronté cette joueuse, mais elle dispose de contacts susceptibles de l’informer : son amie Alice Ramé, qui avait perdu contre Chwalinska au premier tour des qualifications, et son coach Julie Coin… mariée à l’entraîneur de la Polonaise. Le monde semble petit.

En tout cas, il s’agit d’une occasion en or pour celle qui deviendra numéro 1 française à l’issue du tournoi. « Il est vrai qu’en général, à ce stade, on s’attend plutôt à affronter une joueuse classée dans le Top 20, » reconnaît Parry. « Ce sera une belle opportunité pour nous deux, je vais bien récupérer pour être à 100 % dans ce match et continuer à avancer dans le tournoi. » Désormais qu’elle est à ce niveau, il serait dommage d’attendre encore sept ans avant de découvrir ce qui se passe un peu plus haut.