Roland-Garros 2026 : Kouame ne déçoit pas et profite du « boost médiatique agréable »
Moïse Kouame, âgé de 17 ans, jouera en troisième rotation sur le Suzanne Lenglen ce samedi contre Alejandro Tabilo, alors qu’il avait souhaité disputer son match le matin pour ne pas rater la finale de la Ligue des champions entre le PSG et Arsenal à 18 heures. Moïse Kouame est le plus jeune joueur à atteindre un 3e tour en Grand Chelem depuis Rafael Nadal à Wimbledon en 2003.

Première déception pour Moïse Kouame lors de ce Roland-Garros 2026. Le joueur de 17 ans disputera son match contre Alejandro Tabilo en troisième rotation sur le court Suzanne Lenglen ce samedi, alors qu’il avait demandé à jouer le matin. La raison ? Il ne voulait pas manquer la finale de la Ligue des champions entre le PSG, son club préféré, et Arsenal à 18 heures. « Si je joue au même moment, je sais que l’équipe fera le travail », avait-il toutefois affirmé poliment à TNT Sport. « Donc, ce ne sera pas un problème. »
Il y a un avantage à tirer de cette situation pour Kouame. En regardant vers Budapest, l’œil de Sauron réduit le poids des attentes qui pèsent sur les épaules du Français. Il a suffi de deux tours pour que le téléspectateur occasionnel – celui qui suit le tennis seulement 15 jours par an – s’attache à ce jeune joueur audacieux. Une statistique : jeudi de 14 heures à 16h30, en moyenne 1,9 million de personnes suivaient le match Kouame-Vallejo (soit 30 % de parts d’audience), avec un pic à 2,9 millions de téléspectateurs (45 %) au moment de sa balle de match. Ajoutez à cela une ambiance comme on en a rarement vue sur le Lenglen, où les spectateurs avaient même commencé à scander des encouragements au joueur lorsqu’il s’approchait de sa serviette, et vous pourrez mesurer le niveau d’enthousiasme suscité. À mettre en perspective avec la première conférence de presse du protégé de Liam Smith et Richard Gasquet la semaine précédente. « Si vous dites que je suis incognito, c’est que je suis incognito. Je ne sais pas vraiment… Je ne sais pas vraiment si je suis connu. » Mais maintenant, il le sait.
Plus de 250.000 abonnés sur Instagram
La presse, quant à elle, profite de l’occasion pour faire ce qu’elle préfère : comparer. Moïse Kouame est le plus jeune joueur à atteindre un troisième tour en Grand Chelem depuis Rafael Nadal à Wimbledon, en 2003. « Les médias font leur travail en disant qu’un tel a réalisé ce résultat à cet âge-là, alors que Nadal l’avait fait à cet âge », nous déclarait Caroline Garcia avant le tournoi. On dirait qu’elle avait anticipé. « Ça fait partie du sport. Maintenant, avec les réseaux sociaux et tous les articles en ligne, ça prend rapidement une ampleur qui peut être énorme. » Énorme comme les 250.000 abonnés que compte désormais Moïse Kouame sur Instagram. « Il faut dire bravo à mes sœurs, ce sont elles qui gèrent ça ! »
Pour l’instant, le futur 214e joueur mondial (au minimum) semble s’amuser – voire se réjouir – de sa nouvelle notoriété. « C’est un coup médiatique assez agréable à vivre. Suis-je prêt ? On ne le sait vraiment que quand on est dans l’action, dans le moment. […] Si j’ai eu cette montée en termes d’abonnés, j’en suis fier et c’est parce que je suis au troisième tour, mais je suis au troisième tour parce que je me suis entraîné. Est-ce que je suis prêt ? Peut-être et on le verra au moment venu. »
Liam Smith et le « talent mental » de Kouame
Sa capacité à surmonter l’obstacle Vallejo au tour précédent, dans un contexte nécessitant des ressources psychologiques extraordinaires, a donné des indications pour l’avenir. « Ça montre qu’il a des qualités intérieures indéniables en tant que compétiteur », se réjouissait Liam Smith jeudi soir. « Le talent n’est pas seulement technique ou physique, mais aussi mental. » Cela caractérise les plus grands champions. Cela ne signifie pas nécessairement que Kouame en sera un, mais ses entraîneurs n’ont pas à se préoccuper, pour le moment, de sa condition mentale. Le Britannique estime que travailler cet aspect serait de toute manière encore superflu à son âge. « Quand on est jeune, il est important de ne pas trop encombrer l’esprit. Je pense que s’il y a trop d’aspects à gérer, ce n’est pas une bonne chose. »
Le Valdoisien affronte Tabilo au 3e tour avec insouciance, mais aussi avec des rêves. « Gagner Roland-Garros est évidemment un rêve, mais remporter les quatre tournois du Grand Chelem est aussi un rêve. Roland-Garros est particulier. Il est peut-être un peu tôt pour parler de victoire dans un tournoi, mais je suis très heureux d’être au troisième tour, et je vais tout faire pour décrocher un autre match. » La France n’attend que ça.

