Belgique

L’Enquête nationale 2026 : le MR ne chute pas, PS et PTB leaders en Wallonie et à Bruxelles

Le MR, qui avait obtenu 28,2% des voix lors des élections de 2024, est désormais deuxième avec seulement 20% des intentions de vote. Bart De Wever atteint le plus haut score jamais mesuré en Flandre avec une popularité qui s’étend au-delà des électeurs de la N-VA, dont 34% des personnes le citant ne voteraient pas pour son parti en 2026.


Le paysage politique wallon se resserre autour de quatre partis, selon une enquête nationale réalisée par la RTBF, la VRT et De Standaard, en collaboration avec l’Université d’Anvers et l’ULB (méthodologie en bas de l’article). Le MR, qui avait largement remporté les élections de 2024 avec un score de 28,2%, subit une forte sanction de la part des électeurs, le plaçant en deuxième position avec seulement 20% des intentions de vote. Alors que le PS et le MR étaient au coude-à-coude dans notre enquête de 2025, les sondés placent cette fois le PS en tant que seul leader en Wallonie, avec 24,9% des voix, un résultat supérieur à celui obtenu en juin 2024 (22%), même en considérant l’intervalle de confiance (2,4% à la hausse et à la baisse).

Les experts notent que les questions socio-économiques dominent cette année, malgré le fait que le sondage ait été réalisé entre début mars et début avril, à un moment charnière de la guerre en Iran. Les électeurs voteraient en 2026 en se basant sur leur situation financière, dans un contexte de hausse des prix, d’austérité budgétaire, de coût de l’énergie et d’impôts.

Les intentions de vote révèlent des mouvements en faveur des partis se positionnant sur ces sujets. Les partis qui prennent position sur des questions de fracture culturelle rencontrent des difficultés (Groen, Ecolo) ou stagnent (Vlaams Belang), soulignant une fois de plus le faible intérêt pour les thèmes sur lesquels ces partis se basent.

En ce qui concerne les réserves de voix, cette mesure suppose qu’un électeur dans l’isoloir ne peut choisir qu’un seul parti, mais peut avoir changé d’avis avant de faire son choix. Parmi les autres partis, certains sont clairement envisagés, d’autres écartés. Les partis ayant des réserves de voix auprès des électeurs se révèlent plus attractifs. En Wallonie et à Bruxelles, le MR est le parti avec la plus basse réserve de voix, avec seulement 12,3% de potentiels électeurs supplémentaires, loin derrière les Engagés (18,4%), le PS (16,7%), le PTB (15%) et même Ecolo (13%). À Bruxelles, la situation est similaire, avec une réserve de voix sous les 15% pour les libéraux, tandis que le PS et le PTB se partagent une réserve importante d’environ 19%.

Le phénomène du rejet de la classe politique est aussi notable, 32% des répondants se disant insatisfaits, une tendance présente dans toutes les régions, plus marquée en Wallonie (46%) qu’en Flandre (30%). Lors de l’évaluation des personnalités politiques, aucune liste n’a été fournie aux sondés, ils devaient donc citer spontanément des individus. En tout, 178 personnalités ont été mentionnées, dont 84 une seule fois.

Ainsi, en synthèse, Bart De Wever (N-VA) est cité en premier, suivi de Raoul Hedebouw (PTB) et Georges-Louis Bouchez (MR). Le Premier ministre affiche un score de 30% en Flandre et se classe également deuxième en Wallonie et à Bruxelles, derrière Raoul Hedebouw. Georges-Louis Bouchez est troisième à Bruxelles et en Wallonie, sans apparaître dans le top 10 en Flandre, il est néanmoins le libéral le plus populaire.

Plus étonnant encore, Bart De Wever atteint le score le plus élevé de toutes les enquêtes précédentes en Flandre et jouit d’une popularité bien au-delà de son parti. Environ 34% des personnes qui l’ont cité ne voteraient pas pour la N-VA en 2026, entraînant l’effacement d’autres figures nationalistes telle que Theo Francken et Zuhal Demir, qui ne figurent plus dans le top 10 des personnalités populaires.

En Wallonie et à Bruxelles, Bart De Wever, classé deuxième, est souvent cité par des électeurs ne votant pas pour la N-VA, tandis que Raoul Hedebouw, Georges-Louis Bouchez, Paul Magnette et Maxime Prévot apparaissent majoritairement comme étant mentionnés par leurs propres électeurs, « par loyauté partisane ». Une exception se remarque avec Sophie Wilmès, citée en majorité par des électeurs non libéraux, montrant ainsi sa capacité à séduire au-delà de l’électorat MR.