France

Meurtre de Jonathan : Martin Ney accuse un imitateur d’avoir entendu ses faits

Martin Ney, accusé du meurtre de Jonathan Coulom, a reconnu sa « pédophilie » et a détaillé son attirance sexuelle envers les très jeunes garçons lors de son interrogatoire de fond ce jeudi. La cour rendra son verdict le 4 juin.

A la cour d’assises de Loire-Atlantique,

Après sept jours de procès, Martin Ney a finalement montré une forme d’émotion. Avec un regard vide et un visage fermé, il semblait étrangement détaché des faits qui lui sont reprochés depuis l’ouverture de son procès. Cependant, jeudi soir, des larmes ont coulé.

Au premier jour de l’audience, cet individu, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de trois enfants et plusieurs agressions sexuelles sur mineurs en Allemagne, a reconnu sa « pédophilie ». Lors de son interrogatoire de fond ce jeudi, le quinquagénaire a détaillé son attirance sexuelle envers les très jeunes garçons.

« Je me déplaçais toujours de manière discrète »

Martin Ney a agi principalement dans les années 90. « À ce moment-là j’avais peu d’amis », a déclaré l’accusé. Il explique avoir souvent pris la voiture pour se « débarrasser de ce sentiment de solitude », qui se transformait en « envie sexuelle ». Dans son véhicule, il avait un masque ou une cagoule ainsi qu’une paire de gants. « J’avais en tête que je pouvais m’en servir » comme ce soir de 1991, la première fois où il s’est arrêté dans un centre de vacances pour commettre des actes de nature sexuelle. « J’ai connu l’endroit en passant devant par hasard et j’y suis retourné plus tard. »

« La manière dont je procédais était plus cruelle que ce que j’imaginais, explique Martin Ney. Je me déplaçais toujours de manière discrète, en silence, j’évitais d’utiliser des lampes de poche. Avant de pénétrer dans un bâtiment, je l’observais un certain temps. »

Déjà condamné pour les faits qu’il mentionne depuis le box, l’Allemand livre avec émotion des détails de ses actes, évoquant l’étranglement de Stefan Jahr (tué en 1992), son absence de remords pour Dennis Rostel (tué en 1995), ainsi que la façon dont s’est débattu Dennis Klein (tué en 2001).

« Oui, il aurait pu me plaire »

Concernant l’affaire Jonathan Coulom, les enquêteurs français et allemands s’accordent à dire que l’auteur des faits en Allemagne et ceux infligés au « petit Jonathan » portent la même signature. « Je vois bien entendu des ressemblances », commente Martin Ney, utilisant le terme « copies », ajoutant « peut-être que l’auteur a entendu parler de mes faits ».

Interrogé sur ses préférences physiques et l’apparence de Jonathan Coulom, l’accusé avoue, sans aller jusqu’à des aveux formels, « oui, il aurait pu me plaire ». Toutefois, il continue de clamer : « Je suis absolument sûr de ne pas avoir commis ces faits, tout comme je suis absolument sûr de n’être jamais allé à Saint-Brévin-les-Pins. » La cour rendra son verdict le 4 juin.