Roland-Garros 2026 : Jannik Sinner confronté à une défaillance sidérante
Jannik Sinner, numéro 1 mondial, a été éliminé au 2e tour de Roland-Garros par l’Argentin Juan Manuel Cerundolo (56e mondial) sur le score de 3-6, 2-6, 7-5, 6-1, 6-1. C’est la première fois qu’un numéro 1 mondial est sorti aussi tôt dans le tournoi depuis André Agassi, en 2000.

À Roland-Garros,
Cette édition de Roland-Garros est marquée par un immense chaos. Après les forfaits du tenant du titre et de la meilleure chance française, le tournoi a perdu ce jeudi son grand favori. Jannik Sinner, numéro 1 mondial avec 30 victoires consécutives sur le circuit, a été éliminé dès le 2e tour, abandonné par son corps face à l’Argentin Juan Manuel Cerundolo (56e mondial).
Le scénario est difficile à croire : l’Italien menait deux sets à zéro et 5-1 dans le troisième set, avec son service à suivre. On regardait son match distraitement, se demandant juste s’il finirait en moins de deux heures. Puis la situation a basculé brutalement. Les mains sur les hanches, Sinner a connu une chute soudaine de forme. Il a perdu les 15 points suivants et n’a marqué plus que deux jeux avant de quitter le court sur un ultime break blanc infligé par l’Argentin (3-6, 2-6, 7-5, 6-1, 6-1). C’est la première fois qu’un numéro 1 mondial se fait éliminer aussi tôt dans le tournoi depuis André Agassi, en 2000.
Alors, que s’est-il vraiment passé ? Un coup de chaleur alors que la température dépassait les 30 °C en ce début d’après-midi ? Un problème à la hanche, comme semblait l’indiquer sa démarche saccadée ? En réalité, rien de tout cela. Ou, en tout cas, rien d’inhabituel. « Je me sentais mal, ma tête tournait, il me manquait de l’énergie. Il y a plusieurs facteurs, pas une seule explication. J’ai essayé de servir pour gagner à la fin du 3e set, mais je n’avais plus beaucoup d’énergie à donner », a déclaré Sinner en conférence de presse, environ une heure plus tard.
Sa résistance à la chaleur peut être un point faible : il avait déjà été sauvé par une interruption à l’Open d’Australie lors d’un match difficile contre un compatriote. Cependant, Sinner a assuré que sa défaite n’était pas liée à cela. « Il faisait chaud, mais pas tant que ça. Les conditions étaient bonnes, c’est juste moi. Ça arrive, parfois », a-t-il expliqué. Les sensations étaient mauvaises dès le réveil. Il a ajouté :
« Je ne me sentais déjà pas très bien, un peu malade. J’ai essayé de raccourcir les échanges, au début ça marchait bien, les coups sortaient bien, et puis, tout d’un coup, paf ! je me suis pris le mur et voilà. »
Pour être franc, il est difficile de tirer des conclusions. L’absence d’explication soulève des questions sur l’état physique général de l’Italien. Il avait enchaîné les matchs depuis début avril avec ses victoires à Monte Carlo, Madrid, puis Rome, mais cela n’éclaire pas la défaillance alors qu’il ne lui restait qu’un jeu à gagner, après seulement une heure et cinquante minutes sur le court. Face à la presse, il a semblé un peu épuisé. « J’ai besoin d’une pause pour me reposer. Physiquement et mentalement aussi », a-t-il avoué.
Le tableau qui s’ouvre d’un coup
Cette élimination inattendue ouvre une voie royale pour ceux qui voudront bien s’y engager. Dans la partie de tableau laissée vacante par l’Italien, Ben Shelton (5e mondial) et Félix Auger-Aliassime (6e) sont les mieux placés sur le papier, mais des surprises peuvent encore survenir, et on pourrait parier sur un finaliste que personne n’aurait vu venir cette année. De l’autre côté, Novak Djokovic doit penser que s’il veut remporter un 25e Grand Chelem, c’est l’occasion idéale. Mais Alexander Zverev doit également se dire la même chose, lui qui recherche son premier titre majeur depuis le début de sa carrière.
Au milieu de tout cela, il convient de saluer Juan Manuel Cerundolo, qui a su garder son calme malgré ce retournement inattendu. Il n’est pas facile de jouer contre un adversaire manifestement diminué, surtout quand il s’agit du numéro 1 mondial. Une certaine tension s’installe dans le stade au fur et à mesure que le match avance et que l’inéluctable se dessine. Toutefois, l’Argentin de 24 ans, sans grandes références auparavant, a su rester concentré et a réussi à vaincre le leader du circuit, bien qu’il se soit excusé à plusieurs reprises après des amorties que Sinner n’avait pas la force d’aller chercher.
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L’histoire est intéressante, car pendant ce temps, sur le court Simonne-Mathieu, son frère Francisco jouait contre Hugo Gaston. Après avoir battu le Français, il a partagé que les spectateurs autour du court l’avaient tenu informé des événements. « J’essayais de rester concentré sur mon match, mais ce n’était pas facile », a raconté l’aîné en plaisantant. « Je suis super heureux pour Juan Manuel, je sais combien il travaille dur, il le mérite vraiment. Il a battu le numéro 1 mondial ! Même s’il ne se sentait pas bien, ce n’est jamais facile. »

