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Test des écrans de la Ferrari Luce : pourquoi Ferrari n’a pas fait mieux

La Ferrari Luce, la première voiture 100 % électrique de la marque, a un tarif minimum de 550 000 euros. Les premières livraisons de la Luce sont prévues pour le quatrième trimestre 2026.

J’ai eu l’occasion de me glisser à bord de la Ferrari Luce, la controversée voiture électrique de la marque conçue par les créateurs de l’iPhone et de l’Apple Watch. Ce fut une expérience aussi impressionnante que cohérente, (quasi) sans équivalent dans l’industrie automobile. Voici mes impressions.
Ferrari Luce // Source : Ferrari

Avec son design controversé, sa motorisation entièrement électrique et son prix élevé, l’accueil réservé à la Ferrari Luce a été plutôt tiède.

Cependant, au cours de ma découverte de la première voiture électrique de la marque, un aspect m’a particulièrement frappé : l’habitacle de la Luce, grâce à une expérience utilisateur véritablement unique dans l’industrie automobile.

Pour aller plus loin
J’ai pris place à bord de la première Ferrari électrique de l’histoire : une véritable révélation à tous les niveaux.

La touche des designers Jony Ive et Marc Newson (les créateurs de l’iPhone et de l’Apple Watch) est évidente et devrait jouer un rôle crucial pour séduire le public visé. Voici pourquoi.

Une expérience sensorielle

Ferrari a souligné lors de la présentation que l’objectif de la Luce est d’impliquer le conducteur dans la conduite d’une voiture électrique.

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Ferrari Luce // Source : Ferrari

Cela se traduit par des choix techniques visant à améliorer l’agilité (quatre moteurs électriques, suspensions actives, etc.), ainsi qu’une amplification du son des moteurs électriques et des palettes au volant permettant de modifier le couple et l’intensité de la régénération.

Ces innovations seront sans aucun doute pratiques lors de la conduite, mais elles ne doivent pas occulter un autre aspect important : l’interaction des occupants avec la voiture. C’est ici que la planche de bord prend toute son importance.

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Ferrari Luce // Source : Ferrari

L’influence d’Apple se manifeste à tous les niveaux, y compris dans la présentation de l’habitacle. Les designers décrivent leur travail de la manière suivante : chaque élément a été conçu comme un produit à part entière.

On observe ainsi une disposition simple, presque épurée, des composants. Cela ne signifie pas que l’atmosphère est froide. Au contraire : tout incite à être touché, manipulé et approprié.

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Ferrari Luce // Source : Ferrari

La raison de ce plaisir ? L’utilisation de matériaux nobles (aluminium, cuir, verre), des formes douces et une attention aux détails quasi obsessionnelle. Deux exemples : les poignées de maintien, qui sont de véritables œuvres d’art, et les aérateurs ronds qui s’ouvrent et se ferment d’un simple mouvement de poignet, émettant un discret « cliquer » extrêmement agréable.

Ce lien direct avec le conducteur se traduit aussi par des rituels : démarrer la Luce consiste à insérer la clé dans son réceptacle sur la console centrale, et à observer l’écran E-Ink, affichant le logo Ferrari, changer de couleur pour passer au gris, transférant son jaune au sélecteur.

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Ferrari Luce // Source : Ferrari

Activer le launch control nécessite de tirer la tirette dans le plafond jusqu’à ce qu’elle clignote en orange : les écrans changent grâce à une animation inédite, guidant l’utilisateur à travers les différentes étapes.

Des écrans au service des boutons

Un autre élément essentiel d’interaction avec une voiture en 2026 est constitué par les écrans. La Luce, cependant, adopte une approche qui lui est propre.

Jony Ive a exprimé clairement que le « tout-écran » est une mauvaise stratégie pour une voiture, car cela distrait le conducteur qui doit garder les yeux sur la route, surtout pour la Luce dotée de 1 050 ch.

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Ferrari Luce // Source : Ferrari

La solution apportée est de conserver des boutons, des interrupteurs, et des molettes, aussi bien sur le volant que sur l’écran central. Sur le volant, les éléments relatifs à la conduite sont regroupés : aides à la conduite, essuie-glaces, clignotants, modes de conduite, ainsi que quelques boutons arrière pour des raccourcis (notamment médias).

Sous l’écran se trouvent les commandes de confort. La ventilation et le volume sonore sont réglables d’un geste, tandis que trois raccourcis permettent d’accéder aux réglages de climatisation, aux paramètres et aux médias.

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Ferrari Luce // Source : Ferrari

Il est intéressant de noter que chaque action sur un bouton provoque une réaction sur l’écran. Passer d’un mode de conduite à un autre ? Un flash de couleur sur les compteurs valide visuellement le changement. Augmenter la température du côté conducteur ? Une réglette apparaît juste au-dessus du basculeur.

Une fusion physique/numérique réussie

Un autre aspect de l’interaction entre le physique et le numérique est l’intégration d’éléments fonctionnels dans les écrans.

Le premier exemple réside dans les compteurs. Ils se composent d’une superposition d’écrans OLED fabriqués par Samsung : un grand écran est perforé à trois endroits, où un second écran, placé juste derrière, affiche les compteurs.

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Ferrari Luce // Source : Ferrari

Les concepteurs ont dû trouver un moyen de placer l’aiguille du compteur de vitesse entre les deux, fixée sur la couronne extérieure – un défi considérable, selon leurs dires.

Un autre défi a été de concevoir le chronographe sur l’écran central, capable d’afficher un chronomètre, une horloge ou une boussole. À chaque pression sur le bouton de la tranche supérieure, les aiguilles et l’arrière-plan changent de mode avec une fluidité étonnante – le bouton latéral permet de démarrer le chronomètre, quel que soit l’affichage actuel.

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Ferrari Luce // Source : Ferrari

La proximité des interrupteurs et de l’écran central a également causé de nombreux problèmes, selon les designers. Néanmoins, le résultat est une intégration réussie, ajoutant un élément à cette synergie entre physique et numérique.

Un habitacle taillé sur mesure pour la cible espérée

La perfection est-elle donc atteinte ? En approfondissant, des points à améliorer apparaissent : les clignotants montés sur les branches du volant ne sont pas très ergonomiques, les espaces de rangement sont réduits et les sièges, bien qu’esthétiques, pourraient offrir un meilleur maintien latéral.

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Ferrari Luce // Source : Ferrari

Plus surprenant, l’écran central de la Luce n’inclut pas de système de navigation – d’autant plus qu’il fonctionne sur Android Automotive (Linux pour les compteur), ce qui rend l’intégration de Maps techniquement simple.

Pour contourner ce manque, il faudra connecter son téléphone et afficher Apple Maps ou Google Maps, avec lesquels la voiture échangera des données de consommation afin d’élaborer un planificateur d’itinéraire.

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Ferrari Luce // Source : Ferrari

Quoi qu’il en soit, l’essentiel est que l’habitacle de la Luce représente une combinaison sans précédent dans l’industrie, alliant esthétique et fonctionnalité.

Cela pourrait séduire un type de clients bien précis : ceux qui n’ont pas encore possédé de Ferrari – Enrico Galliera, directeur marketing de Ferrari, l’affirme clairement : la Luce a été conçue pour « élargir la communauté » de la marque.

Pour aller plus loin
« La destruction d’un mythe » : Ferrari n’a-t-il pas eu d’autre choix que de trahir les puristes pour vendre sa voiture électrique ?

Plus précisément, Ferrari souhaite attirer une clientèle plus jeune, plus technophile, que l’on peut facilement identifier en Chine ou dans la Silicon Valley – une clientèle qui privilégie l’expérience utilisateur plutôt qu’un imposant V12, peut-être moins bien perçu qu’auparavant.

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Ferrari Luce // Source : Ferrari

Ce partenariat avec Jony Ive et Marc Newson s’avère particulièrement judicieux. En matière de marketing, ces noms respectés dans le domaine apparaissent comme une promesse, une manière d’aborder Ferrari sous un angle différent. En ce qui concerne l’expérience, l’utilisateur retrouve des éléments familiers des produits Apple, tant dans le design que dans la façon d’interagir avec eux.

Reste à savoir si cela incitera à débourser les 550 000 euros minimum ? La réponse se fera attendre jusqu’au quatrième trimestre 2026, période à laquelle Ferrari commencera ses livraisons de la Luce.