Maghreb : natalité en chute libre, Tunisie atteint son plus bas
Les pays du Maghreb connaissent une baisse « historique et durable » des taux de fécondité, entraînant un ralentissement de la croissance démographique et une accélération du vieillissement de la population, selon une étude publiée par l’Institut national français d’études démographiques (INED). En Tunisie, le recul de la natalité est principalement lié à l’augmentation de l’âge du mariage, qui a atteint 28,9 ans chez les femmes en 2024.
Les pays du Maghreb connaissent une baisse « historique et durable » des taux de fécondité, ce qui entraîne un ralentissement de la croissance démographique et une accélération du vieillissement de la population, selon une étude publiée par l’Institut national français d’études démographiques (INED).
La Tunisie affiche le taux de fécondité le plus faible de la région. En 2023, ce taux était de 1,58 enfant par femme et devrait reculer à 1,53 en 2024.
Le Maroc, quant à lui, a enregistré un niveau historiquement bas de 1,97 enfant par femme en 2024. L’Algérie conserve, pour sa part, le taux le plus élevé des trois pays, avec 2,61 enfants par femme.
L’étude met en évidence une chute rapide et simultanée de la natalité dans les trois pays. Dans les années 1970, les femmes maghrébines donnaient naissance en moyenne à sept ou huit enfants. Ce chiffre a été réduit de moitié au début des années 1990, avant de continuer à décliner ces dernières années.
En Algérie, les chercheurs notent cependant une phase de reprise démographique entre 2000 et 2017, durant laquelle le taux de fécondité a dépassé trois enfants par femme. La Tunisie a connu une évolution similaire, bien que moins marquée, avec un pic à 2,4 enfants par femme en 2014, avant de connaître un retour à la baisse. Au Maroc, la diminution s’est poursuivie de manière progressive et continue depuis les années 1990.
Les auteurs de l’étude attribuent cette tendance à plusieurs facteurs sociaux et économiques. En Tunisie, le recul de la natalité est principalement lié à l’augmentation de l’âge du mariage, qui a atteint 28,9 ans chez les femmes en 2024.
Au Maroc, la généralisation de l’utilisation de la contraception apparaît comme un facteur déterminant : 71 % des femmes mariées utilisent des moyens de planification familiale, contre entre 50 et 55 % en Algérie et en Tunisie.
L’allongement de la durée des études ainsi que le retard à l’entrée sur le marché du travail des jeunes, notamment des femmes, figurent également parmi les principales causes de cette transition démographique.
L’étude souligne par ailleurs une progression continue du vieillissement de la population dans la région. En Tunisie, la proportion des personnes âgées de 60 ans et plus est passée de 8 % en 1997 à 17 % en 2024, tandis que la part des moins de 20 ans a nettement diminué.
Ce phénomène reste moins prononcé en Algérie, où les plus de 60 ans représentent environ 10,5 % de la population en 2023. Au Maroc, cette catégorie atteint 13,8 % en 2024.
Les chercheurs estiment néanmoins que le vieillissement démographique devrait s’accélérer dans l’ensemble des pays du Maghreb au cours des prochaines années.

