Tunisie

Arnaques en ligne : Tunisiens confrontés aux Pishings et faux achats.

Les escroqueries en ligne prennent des formes de plus en plus sophistiquées en Tunisie, touchant particulièrement les jeunes, les étudiants et les personnes à la recherche d’un emploi. Des internautes reçoivent des liens prétendument envoyés par Facebook, Instagram ou TikTok les invitant à “sécuriser leur compte”, qui sont en réalité des techniques de phishing visant à voler leurs identifiants et mots de passe.


Les escroqueries en ligne se diversifient, devenant de plus en plus sophistiquées en Tunisie. Sous couvert de messages attrayants, d’offres d’emploi « faciles », de promesses de gains rapides ou d’appels à soutenir des clubs sportifs, des milliers d’internautes se laissent piéger chaque année par des réseaux frauduleux qui exploitent leur naïveté, leur précarité sociale ou un simple manque de vigilance.

Depuis plusieurs mois, de nombreux Tunisiens rapportent avoir été contactés sur WhatsApp, Telegram ou Facebook par de faux recruteurs proposant des emplois à distance très rémunérateurs. Ces appels proviennent parfois de numéros suspects, avec des indicatifs en provenance de pays tels que la Bulgarie ou le Nigeria.

Le schéma est souvent similaire : les escrocs promettent de gagner de l’argent facilement en réalisant de petites tâches comme regarder des vidéos, aimer des publications ou évaluer des hôtels. Initialement, les victimes reçoivent parfois quelques dinars pour susciter leur confiance. Cependant, les fraudeurs exigent rapidement des « frais d’activation », des « dépôts de garantie » ou des « recharges » pour débloquer des sommes plus importantes. Une fois l’argent envoyé, les escrocs disparaissent.

Ces arnaques touchent particulièrement les jeunes, les étudiants et ceux en recherche d’emploi, dans un contexte économique difficile où beaucoup espèrent un revenu complémentaire. Certains perdent quelques dizaines de dinars, d’autres plusieurs milliers, convaincus qu’ils vont intégrer une plateforme internationale ou une société étrangère.

Parallèlement, les tentatives de piratage de comptes de réseaux sociaux augmentent. Des internautes reçoivent des liens prétendument envoyés par Facebook, Instagram ou TikTok, les incitant à « sécuriser leur compte », « éviter une suspension » ou « récupérer une page ». En réalité, il s’agit de techniques de phishing visant à dérober identifiants et mots de passe. Une fois le compte récupéré, les pirates l’exploitent pour demander de l’argent aux proches, diffuser d’autres fraudes ou vendre les pages piratées. Qui n’a jamais été la victime d’une tentative frauduleuse par un opérateur sollicitant des mots de passe via un numéro trompeur ?

Ce phénomène prend parfois des tournures inquiétantes lorsque des cybercriminels se font passer pour des banques, des opérateurs téléphoniques ou même des administrations. Des SMS ou e-mails frauduleux, imitant les plateformes officielles, incitent les utilisateurs à divulguer leurs coordonnées bancaires ou codes confidentiels. Avec l’essor du paiement numérique et des services en ligne, ces méthodes se multiplient, atteignant même le football où de fausses pages sur les réseaux sociaux demandent aux supporters de contribuer financièrement.

Le domaine sportif n’est pas épargné par ces arnaques. En Tunisie, plusieurs supporters ont déjà été victimes de ventes frauduleuses de « bons de soutien » virtuels, de faux maillots ou de billets inexistants pour des matchs. Des pages anonymes profitent de l’engouement pour les grands clubs afin de récolter de l’argent avant de disparaître. Certains escrocs usurpent également l’identité de groupes de supporters ou de structures proches des clubs pour crédibiliser leurs opérations.

Les « brouteurs », des cyberescrocs principalement basés en Afrique de l’Ouest (notamment en Côte d’Ivoire et au Nigeria), pullulent sur Internet. Usant de fausses identités sur les réseaux sociaux et sites de rencontre, ils manipulent les victimes pour leur extorquer de l’argent.

Derrière de faux profils séduisants, ces « brouteurs » profitent de prétendues offres d’emploi ou de promesses de gains rapides. De nombreux internautes, attirés par l’espoir d’améliorer leur quotidien ou abusés par la confiance instaurée dans les échanges, tombent dans leurs pièges. Avec l’augmentation du numérique, experts en cybersécurité et autorités appellent à une vigilance accrue face à ces pratiques.

Les marketplaces et réseaux sociaux deviennent également des terrains d’exploitation pour les vendeurs fantômes qui prélèvent des acomptes pour des biens tels que téléphones, consoles ou appareils électroménagers, sans jamais livrer. D’autres consommateurs reçoivent des produits qui ne correspondent pas à leur commande ou sont defectueux, sans possibilité de recours.

Face à cette hausse des arnaques numériques, les experts en cybersécurité rappellent les règles essentielles : ne jamais payer pour obtenir un emploi, vérifier l’identité des pages et interlocuteurs, éviter de cliquer sur des liens suspects, activer la double authentification sur les réseaux sociaux, et ne jamais communiquer ses données bancaires ni mots de passe.

Derrière l’écran, les fraudeurs misent sur les émotions humaines : l’espoir d’un gain rapide, la peur de perdre un compte ou encore pasion pour un club. Dans un monde de plus en plus connecté, la vigilance numérique est désormais indispensable au quotidien.