Belgique

Dôme de chaleur : phénomène « précoce » de « 25 ans d’avance » sur projections climatiques

Le dôme de chaleur arrive plus tôt que prévu, avec dix, vingt voire vingt-cinq ans d’avance sur les projections climatiques. La Belgique n’est, à ce stade, pas encore concernée par une « canicule officielle » exigée par une température de plus de vingt-cinq degrés pendant au moins cinq jours de suite.

Précocité, intensité et régularité

Le phénomène existe depuis toujours, mais il se manifeste cette fois avec une précocité marquée. En théorie, le dôme de chaleur ne devrait apparaître qu’au cours de l’été.

Cette arrivée anticipée prolongerait la période estivale et serait, selon Sébastien Doutreloup, climatologue à l’ULiège, « le signe du réchauffement climatique ».

« Nous nous attendions à cette précocité, mais pas avant les années 2040 ou 2050. Or le phénomène est déjà là. Le dôme arrive plus tôt que prévu, avec dix, vingt voire vingt-cinq ans d’avance sur les projections climatiques. »

Le dôme de chaleur, en avance, tend également à s’intensifier avec l’augmentation des températures, ce qui est une situation « alarmante », selon le chercheur, qui affirme :

Les modèles du GIEC sous-estiment le réchauffement climatique.

Sébastien Doutreloup, climatologue et géographe à l’ULiège

L’anticyclone des Açores se rapproche de l’Europe, augmentant ainsi la probabilité de voir apparaître des dômes de chaleur sur notre continent.

La Belgique, « vers un climat méditerranéen » ?

Sébastien Doutreloup s’interroge : aurons-nous un jour un climat similaire à celui de la Côte d’Azur ? Il déclare :

Notre pays est en train de glisser vers un climat méditerranéen.

Sébastien Doutreloup, climatologue et géographe à l’ULiège

Il précise toutefois que, même en cas de réchauffement climatique marqué, « la Belgique gardera des quantités de précipitations annuelles importantes ».

À ce jour, la Belgique n’est pas encore sous le coup d’une « canicule officielle », puisque cela nécessiterait une température supérieure à vingt-cinq degrés pendant au moins cinq jours consécutifs, avec au moins trois jours à plus de trente degrés.

En revanche, la France pourrait faire face à l’une de ses canicules les plus précoces jamais enregistrées.