Roland-Garros 2026 : Quatre éléments appréciés sur la victoire de Moïse Kouamé
Moïse Kouamé a remporté son match contre Marin Cilic au premier tour de Roland-Garros avec un score de 7-6, 6-2, 6-1. Après la rencontre, il a déclaré : « Je me sentais assez bien, préparé, prêt… On a beaucoup travaillé sur la tactique, comment aborder le match. »

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,
Moïse Kouamé a franchi un cap. Le protégé de Richard Gasquet a facilement dominé Marin Cilic lors du premier tour de Roland-Garros (7-6, 6-2, 6-1) à l’issue d’un match maîtrisé. Cependant, prudence : il est inapproprié de s’emballer après une seule victoire, et si vous espériez lire que la France a trouvé un potentiel vainqueur de Grand Chelem, vous vous trompez. Nous lui souhaitons bien sûr de rejoindre ce niveau, mais pour l’instant, il n’y est pas encore.
Cependant, plusieurs éléments positifs peuvent être soulignés concernant le jeu affiché mardi par le jeune joueur de 17 ans sur le court Simonne-Mathieu. Nous en avons retenus quatre.
Un jeu intelligent et varié
Pas encore de véritable coup fort, mais une précision diabolique capable de déstabiliser un vainqueur de Grand Chelem durant les échanges. Si l’on ne savait pas qu’il est entraîné par Richard Gasquet, on pourrait penser que Gilles Simon est son mentor, tant son jeu est varié et posé. Plutôt que de se laisser emporter par des émotions excessives, comme on pourrait le supposer d’un jeune qui débute, le 318ème joueur mondial a tenu la diagonale de revers de Cilic jusqu’à lui faire perdre des points cruciaux. Étant donné qu’à cet âge, on ne peut plus revenir en arrière, l’issue du match était donc inéluctable.
« Je me sentais assez bien, préparé, prêt », a réagi Kouamé en conférence de presse. « Nous avons beaucoup travaillé sur la tactique, sur la manière d’aborder le match. » « Il n’a pas beaucoup fait de mauvaises décisions ce qui montre qu’il est sur la bonne voie », a félicité son adversaire après la rencontre.
L’axe de progression : faire attention aux fautes directes. 34 fautes en moins de trois heures de jeu, c’est correct mais pas de niveau supérieur.
Solide dans les moments décisifs
Une statistique révélatrice : sur sept balles de break obtenues par Marin Cilic, aucune n’a été convertie par le vainqueur de l’US Open 2014, impressionné par le tempérament du jeu de Kouamé. « Quand vous jouez si bien dans les moments critiques, cela montre votre niveau de confiance et votre caractère. » Beaucoup de jeunes auraient plié sous la pression de défendre des balles de break dans le 10e jeu du premier set. Beaucoup de Français auraient commis une double faute sur leur balle de match. Pas Moïse Kouamé.
« Tout ce que j’ai appris à Miami, à Monte-Carlo, lors des qualifications à Roland-Garros, m’a aidé. D’un point de vue tennistique, j’étais serein, je sentais bien mon coup droit, mon service, mon revers. Perdre ce match n’était pas un facteur de stress pour moi. »
La marge de progression : en dehors de l’impossibilité de ne pas concéder de balles de break, cela semble difficile à améliorer.
Des services puissants
Six aces, 71 % de points gagnés sur sa première balle, des variations et des frappes dépassant 216 km/h. C’est un bon niveau.
La marge de progression : améliorer le nombre de premières (61 %) et réduire les doubles fautes (6) à venir corriger.
Interaction avec le public (sans en faire trop)
Pas la peine de fantasmer sur la personnalité de Kouamé. Pendant son match, il n’a pas cherché à galvaniser la foule. Cependant, avec un doigt sur la tempe ou un poing levé, il a su s’appuyer sur l’énergie du court Simonne-Mathieu aux moments clés de la rencontre, et c’est très bien ainsi. « Cela donne une énergie positive dans les moments difficiles et stressants. Je les remercie pour cela. »
La marge de progression : offrir des déclarations plus consistantes en conférence de presse. À 17 ans, il pourrait faire preuve de plus d’insouciance dans ses interventions, même Kylian Mbappé version Monaco ne s’y était pas pris autrement.

