Moscou demande de quitter Kiev avant de nouvelles frappes, Washington prêt à médiation
Les négociations sous médiation américaine pour mettre fin au conflit en Europe sont au point mort depuis le 28 février. Selon Moscou, une frappe de drones ukrainiens a eu lieu à Starobilsk, tuant 21 personnes et blessant plus de 40 autres.
Les pourparlers sous médiation américaine pour mettre un terme au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale sont bloqués depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, survenue le 28 février.
Lundi, la diplomatie russe a exhorté les étrangers résidant à Kiev, y compris les membres du corps diplomatique, à quitter la capitale ukrainienne en prévision de nouveaux bombardements russes. Cette demande a été réaffirmée par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d’un rare échange téléphonique avec son homologue américain, Marco Rubio.
Le ministère russe a prévenu que de nouvelles « frappes seront menées sur des centres de décision » et des « entreprises du complexe militaro-industriel » à Kiev, sans préciser de délai pour ces attaques.
Il a ajouté que « nous avertissons les ressortissants étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques et des représentations d’organisations internationales, de la nécessité de quitter la ville dès que possible, et nous conseillons aux habitants de ne pas s’approcher des infrastructures militaires et administratives. »
Malgré cet avertissement concernant Kiev, le secrétaire d’État Marco Rubio, en déplacement en Inde, a affirmé mardi que « les Etats-Unis (étaient) prêts et disposés à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faciliter la fin de cette guerre, et nous espérons que l’occasion se présentera à un moment donné. »
L’administration du président américain Donald Trump a encouragé la cessation des hostilités en orchestrant des cycles de négociations entre les deux camps à Abou Dhabi, ainsi qu’en février à Genève.
Cependant, depuis lors, les discussions tripartites sont de facto suspendues, bien que Moscou et Kiev aient exprimé leur volonté de les reprendre. Les avancées vers la fin du conflit sont lentes, notamment en raison de divergences sur la question territoriale.
### Chantage russe
L’annonce des bombardements russes à venir sur la capitale ukrainienne fait suite à des frappes russes particulièrement intenses qui ont frappé l’Ukraine durant le week-end, notamment Kiev, causant au moins quatre morts et une centaine de blessés. La Russie a pour la troisième fois depuis le début du conflit tiré un missile de dernière génération, l’Orechnik.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a exhorté les partenaires de Kiev à « ne pas céder au chantage russe » et à fournir davantage d’assistance et d’armements à l’Ukraine. Des frappes russes ont également visé Odessa durant la nuit de lundi à mardi, tuant un homme de 45 ans, d’après un responsable de l’administration militaire de cette ville du sud.
De son côté, la France a rejeté l’avertissement russe. « Nous avons l’habitude des menaces de Poutine. Hors de question d’évacuer » nos diplomates, a déclaré le ministère français des Affaires étrangères interrogé par des journalistes.
La diplomatie russe mentionne dans son communiqué une frappe de drones ukrainiens qui a ciblé un dortoir d’un lycée à Starobilsk (Starobelsk en russe), dans la région de Lougansk occupée par Moscou, tuant 21 personnes et en blessant plus de 40.
Cette « attaque sanglante » et « délibérée » est décrite comme « la goutte d’eau qui fait déborder le vase » par le ministère russe.
L’état-major de l’armée ukrainienne a indiqué que ses forces avaient bombardé plusieurs sites militaires russes cette nuit-là, y compris un « quartier général » d’une unité située « dans la zone » de Starobilsk.
La presse russe a publié des témoignages de survivants et de proches des adolescents victimes de cette attaque.
La Russie avait auparavant demandé au personnel diplomatique étranger de quitter la capitale ukrainienne avant le défilé du 9-Mai sur la place Rouge à Moscou, menaçant l’Ukraine de représailles si elle perturbait les commémorations de la victoire sur l’Allemagne nazie.
Le président américain Donald Trump avait alors proposé un cessez-le-feu temporaire entre les deux pays.

