Le pape Léon XIV défend la dignité humaine face à l’IA, la guerre, l’esclavage.
Le pape Léon XIV a publié ce lundi une encyclique intitulée « Magnifica Humanitas » dans laquelle il aborde la protection de la dignité humaine face à l’essor de l’intelligence artificielle. Il a également demandé « sincèrement pardon » pour le retard avec lequel l’Église a « condamné le fléau de l’esclavage » au cours de l’Histoire.

Le pape Léon XIV met en garde une nouvelle fois contre les dangers de l’intelligence artificielle. Dans sa première encyclique, publiée ce lundi par le Vatican, il se concentre sur la protection de la dignité humaine face à cette avancée technologique.
Ce texte, intitulé Magnifica Humanitas, a été présenté par le pape lui-même à 10h30, marquant une première, aux côtés de hauts responsables du Saint-Siège et d’experts en IA, dont le co-fondateur de la start-up américaine Anthropic.
Depuis son élection il y a un an, le premier pape nord-américain de l’Histoire a multiplié les mises en garde concernant les dangers de l’IA, en particulier son utilisation dans le domaine militaire, tout en dénonçant les « ravages environnementaux » causés par la « course effrénée » aux terres rares, vitales pour l’électronique moderne.
Un message fort aux fidèles
En publiant une encyclique, le pape délivre un message puissant : adressée à tous les fidèles, elle établit une référence sur des questions sociales, morales, politiques ou théologiques, et sert de base pour des enseignements et des débats à plus long terme.
Les experts estiment que l’impact de Magnifica Humanitas pourrait être similaire à celui de l’encyclique Laudato Si’, le manifeste du pape François sur l’écologie intégrale, qui avait, dès sa sortie en 2015, provoqué une vague de réactions politiques et associatives à travers le monde.
Message de paix
Léon XIV a également appelé à dépasser le concept de « guerre juste », promu notamment par l’administration américaine de Donald Trump. Il écrit : « Aujourd’hui plus que jamais, il est important de réaffirmer le dépassement de la théorie de la »guerre juste » trop souvent invoquée pour justifier n’importe quelle guerre, sous réserve du droit à la légitime défense dans son sens le plus strict ».
Il ajoute : « La guerre n’est pas seulement menée, mais aussi préparée culturellement à travers des récits simplistes, des logiques ami-ennemi, la désinformation et la peur. Lorsque la mémoire historique s’estompe et que les critères éthiques qui protègent les civils et les plus fragiles s’affaiblissent, il devient plus facile de présenter la violence comme nécessaire, inévitable, voire »propre » ».
Pardon pour l’esclavage
Le pape a également demandé « sincèrement pardon » pour le retard avec lequel l’Eglise a « condamné le fléau de l’esclavage » au cours de l’Histoire. Il a souligné que l’Eglise a « longtemps toléré l’esclavage et n’en est venue qu’ensuite à le condamner de manière absolue », ce qui représente « une blessure dans la mémoire chrétienne de laquelle nous ne pouvons nous considérer étrangers », écrit le pape américain.

