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Coupe de France : Lens célébrés au stade Bollaert après victoire contre Nice

A Lens, des milliers de supporters ont accueilli samedi après 04h00 du matin les joueurs Sang et Or, auteurs d’une saison magnifique ponctuée vendredi par la première Coupe de France de l’histoire du club. Après le coup de sifflet final et la remise du trophée au Stade de France, des milliers de supporters se sont déversés dans les rues du centre-ville de Lens, envahissant les terrasses de bars et de restaurants, brandissant des feux d’artifice, des pétards et des bières.


La célébration a duré jusqu’au petit matin. À Lens, des milliers de supporters ont accueilli samedi, après 4h00 du matin, les joueurs du RC Lens, qui ont réalisé une saison exceptionnelle conclue vendredi par la première Coupe de France de l’histoire du club.

Il est exactement 04h10 lorsque Joseph Oughourlian, le propriétaire du club, entre sur la pelouse du stade Bollaert, tenant dans ses mains le prestigieux trophée argenté que le RC Lens vient de remporter au Stade de France près de Paris, avec un score de 3-1 contre Nice.

120 ans d’attente

Au milieu d’une épaisse fumée et des flammes projetées par des engins pyrotechniques, les joueurs se dirigent directement vers la tribune Marek, où se trouvent les fans les plus fervents, dont certains parviennent à toucher la coupe du bout des doigts.

Le long tour d’honneur, d’environ une demi-heure, se termine par une procession de plusieurs dizaines de mètres.

Parmi les 38.000 spectateurs qui avaient assisté vendredi soir à la diffusion de la finale sur écrans géants à Bollaert, seuls quelques milliers sont encore présents. Pourtant, l’ambiance n’est pas creuse, loin de là.

« Nous voulons voir les gars avec la Coupe, cela fait 120 ans que nous attendons ça (depuis la création du club) », souligne Bruno, 58 ans, originaire du Nord, qui a enfilé un pull par-dessus son maillot sang et or pour affronter la fraîcheur de la nuit.

La Coupe du peuple

« Nous sommes fiers de pouvoir offrir des sourires, un peu de bonheur aux gens. Nous sommes dans une région qui souffre et ces moments n’ont pas de prix au final », déclare Pierre Sage, l’entraîneur lensois.

« Les supporters le méritaient tellement (ce trophée, NDLR), ils nous ont toujours encouragés, toujours soutenus, et c’est aussi leur coupe à eux », réagit l’attaquant Wesley Saïd, la voix éraillée après avoir chanté et crié toute la nuit.

« Nous avons appelé cette coupe la Coupe du peuple, et nous savons que le peuple lensois est un peuple spécial », ajoute le défenseur Malang Sarr, soulignant la « délivrance » pour le club et ses supporters d’obtenir enfin ce trophée.

Florian Thauvin, qui a ouvert le score lors de la finale, explique avoir eu « à cœur » de rendre aux supporters lensois « la confiance » qu’ils lui ont accordée dès son arrivée au club l’été dernier, où ils lui avaient réservé « un accueil extraordinaire » à l’aéroport de Lille-Lesquin.

Comme à chaque match à domicile cette saison, l’arène lensoise de 38.223 places était complète vendredi soir. Cependant, les spectateurs n’avaient pas face à eux les joueurs, mais six écrans géants installés sur la pelouse pour l’occasion.

Après le coup de sifflet final et la remise du trophée au Stade de France, des milliers de supporters ont envahi les rues du centre-ville de Lens, investissant les terrasses des bars et des restaurants, brandissant des feux d’artifice, des pétards et des bières.

Une parade ce samedi

« Je ne pouvais pas voir cette finale autre part qu’ici », déclare en souriant Julien Manys, 46 ans, un Nordiste d’origine encore ému après l’ouverture du score. Tôt vendredi matin, lui, sa femme et leurs deux filles de 17 et 20 ans ont fait le trajet depuis le Jura où ils résident, « en espérant que la fête dure tout le week-end ».

Yassin, 46 ans, vient de Sallaumines, non loin de là. Arrivé dans le nord de la France il y a 12 ans depuis la Seine-Saint-Denis où il a grandi, il est « devenu un vrai ch’ti », « adopté » par le RC Lens.

Les Lensois ont été ovationnés à leur entrée sur le terrain, les buts célébrés dans un bruit assourdissant, et des frissons à chaque occasion niçoise : « Si nous fermons les yeux, nous croyons que les joueurs sont là », s’amuse Yassin.

« C’était une belle saison, maintenant ça devient une saison exceptionnelle », se réjouit le maire de Lens, Sylvain Robert (PS), de retour du Stade de France.

À Nice, l’ambiance est bien différente. Malgré une saison difficile pour le club, qui devra passer par les barrages la semaine prochaine pour rester en Ligue 1, 7.600 personnes se sont réunies dans la fan zone installée par la mairie, mais elles se sont vite dispersées quelques minutes après le coup de sifflet final.

À Lens, les célébrations devraient se poursuivre ce samedi, avec une parade des joueurs à bord d’un bus à impériale, des abords du stade Bollaert jusqu’au parvis de l’hôtel de ville dans l’après-midi.