Cannes 2026 : La liberté n’est pas à vendre.
Javier Bardem a exprimé son soutien à la cause palestinienne en dénonçant « le génocide en cours à Gaza » lors d’une conférence de presse à Cannes. Susan Sarandon a affirmé être progressivement marginalisée et blacklistée en raison de ses prises de position en faveur de la Palestine.

La liberté d’expression des artistes suscite un débat constant dans le monde du cinéma : quelles sont les limites de leur prise de position sur des questions politiques sensibles sans conséquences ?
La Presse — Lors du Festival de Cannes, Javier Bardem, qui présente en compétition « L’Être aimé » du réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen, a réaffirmé son soutien à la cause palestinienne en conférence de presse. Il a dénoncé « le génocide en cours à Gaza » et a appelé les artistes à ne pas rester silencieux.
Sur la question des répercussions professionnelles potentielles, il a affirmé que, malgré sa position, il continue de recevoir de nombreux projets en Europe, en Amérique du Sud et aux États-Unis. Il a également critiqué le silence d’Hollywood concernant la situation à Gaza, ainsi que les « listes noires » visant des acteurs engagés tels que lui-même, Susan Sarandon ou Mark Ruffalo.
Bardem défend le droit à la parole des artistes, estimant que leur engagement public est une composante essentielle de leur vocation. Cela contraste avec l’opinion du cinéaste allemand Wim Wenders, qui pense que les réalisateurs devraient s’abstenir de s’impliquer en politique. Cette vision est d’autant plus pertinente que le cinéma semble aujourd’hui plus engagé politiquement que jamais.
Dans le même esprit, Paul Laverty, scénariste et membre du jury de la compétition officielle de cette 79e édition, a dénoncé le fait que « des artistes comme Susan Sarandon, Javier Bardem et Mark Ruffalo soient écartés pour avoir dénoncé le meurtre de femmes et d’enfants à Gaza », lançant un retentissant : « Honte à Hollywood ! »
Sarandon, symbole d’un engagement coûteux
Le débat se concentre particulièrement sur Susan Sarandon, actrice oscarisée connue pour son rôle dans « Thelma & Louise », un film de 1991 où elle partage l’affiche avec Geena Davis, qui a été choisie comme affiche officielle de cette édition. Figure emblématique d’Hollywood, Sarandon affirme être progressivement mise à l’écart et victime de blacklistage en raison de ses positions pro-palestiniennes.
Licenciée par son agence United Talent Agency il y a trois ans, elle a déclaré avoir poursuivi sa carrière en Europe, où elle a trouvé de nouvelles opportunités dans des films indépendants, notamment en Angleterre et en Italie. Lors des Goyas à Madrid, elle a exprimé, après avoir reçu un prix international, qu’elle continue de travailler sur le continent européen.
Elle a également mentionné son soutien de la part de Javier Bardem et a dénoncé un climat de répression et de censure aux États-Unis.
Il est important de rappeler qu’une pétition signée lors d’une précédente édition du Festival de Cannes avait mobilisé plusieurs centaines de professionnels du secteur cinématographique pour dénoncer le silence de l’industrie face à la situation à Gaza. Ce texte collectif avait relancé le débat sur la responsabilité politique des artistes et les risques liés à leur prise de parole publique.
Au-delà de ces personnalités, de nombreux artistes paient aujourd’hui un prix élevé pour leurs positions publiques sur des questions politiques délicates. Leur rôle dépasse-t-il seulement leur carrière ? En tant qu’icônes culturelles, ils possèdent une influence significative sur l’opinion publique et contribuent à l’enrichissement du débat. Ainsi, leur engagement s’apparente non seulement à un droit, mais également à une responsabilité.

