Tunisie

Climat : La Tunisie veut réduire son intensité carbone de 62 % d’ici 2035.

La Tunisie ambitionne de réduire l’intensité carbone de son économie de 46,4 % d’ici 2030 et de 62 % à l’horizon 2035, par rapport à l’année de référence 2010. La mise en œuvre du volet atténuation de cette CDN 3.0 nécessitera un investissement d’environ 25 milliards de dollars sur la période 2026-2035.


La Tunisie vise à diminuer l’intensité carbone de son économie de 46,4 % d’ici 2030, et de 62 % à l’horizon 2035, par rapport à l’année 2010. Ces nouveaux objectifs sont inclus dans la troisième version de la « Contribution Déterminée au Niveau National » (CDN 3.0), qui a été présentée la semaine dernière aux différents acteurs de l’action climatique dans le pays. Cette feuille de route a été soumise au secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en septembre 2025 et s’inscrit dans la continuité des engagements pris par la Tunisie lors de la première CDN en 2015, suivie d’une mise à jour en 2021.

La CDN 3.0 représente une étape clé pour accélérer la décarbonation de l’économie tunisienne et aligner le pays sur la trajectoire de la neutralité carbone d’ici 2050. Elle vise également à renforcer la résilience face aux dérèglements climatiques, tout en montrant la volonté des autorités de mener une politique climatique ambitieuse, transparente, juste et inclusive.

Pour rappel, la Tunisie s’était fixée dans ses précédentes contributions des objectifs de réduction de l’intensité carbone de 41 % dans la version de 2015, rehaussés à 45 % dans la mise à jour de 2021. Les nouveaux seuils reflètent donc une élévation significative de l’ambition climatique nationale, avec des objectifs inconditionnels revus à la hausse et une nette diminution des émissions. Le rapport indique que la part des objectifs inconditionnels (financés par les propres moyens de l’État) doit passer de 27 % en 2030 à 31 % en 2035.

Pour la première fois, cette troisième version prévoit également une baisse nette des émissions de gaz à effet de serre (GES), estimée à 34 % en 2035 par rapport à 2010. Selon le document officiel, cette approche confirme « la volonté de la Tunisie de renforcer son ambition climatique et de parvenir à un découplage absolu et durable entre la croissance économique et l’évolution des émissions de gaz à effet de serre ». Dans ce contexte, les émissions de GES par habitant devraient diminuer à 1,77 tonne équivalent $CO_2$ en 2035, contre 2,55 tonnes en 2010, soit une réduction totale de 31 %.

Concernant la transition énergétique, un besoin de financement de 25 milliards de dollars est estimé. L’augmentation des objectifs d’atténuation dépend principalement de l’accélération de la transition énergétique, en mettant l’accent sur les politiques d’efficacité énergétique et le déploiement massif des énergies renouvelables pour la production d’électricité. Le gouvernement tunisien a adopté en 2023 une stratégie énergétique visant à porter la part des énergies renouvelables à au moins 50 % du mix électrique national d’ici la fin de l’année 2035. La mise en œuvre du volet atténuation de cette CDN 3.0 nécessitera environ 25 milliards de dollars pour la période 2026-2035, représentant 47 % des besoins financiers totaux de cette stratégie climatique.

Ces fonds seront dirigés vers des actions de réduction des émissions dans plusieurs secteurs polluants, tels que l’énergie, la gestion des déchets solides et liquides, les procédés industriels, ainsi que les activités liées à l’agriculture, la foresterie et l’utilisation des terres. Cependant, le secteur de l’énergie concentrera la majorité de ces investissements, avec près de 87 % des besoins du volet atténuation. Le scénario énergétique retenu dans cette CDN 3.0 repose sur l’accélération de la transition énergétique et l’atteinte de la neutralité carbone d’ici 2050, grâce au renforcement de l’efficacité énergétique, à l’expansion des énergies propres et au développement d’infrastructures énergétiques durables. Dans ce cadre, les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’énergie devraient passer de 30,7 millions de tonnes équivalent CO2 en 2010 à 22,6 millions de tonnes en 2035, soit une diminution estimée à environ 26 %.