Tunisie

Cinéma : Deux courts métrages présentés à Cannes

« Sous l’eau » est un drame social de 30 minutes présenté au Short Film Corner du Marché du Film du festival de Cannes, abordant les conséquences d’une crise climatique à travers le parcours de Tarek, père d’une fillette malade à cause de la pollution de l’air. « Somewhere I Belong », film de 21 minutes de Youssef Handouse, a été retenu dans la section de La Cinef, sur plus de 2 700 films soumis par des écoles de cinéma du monde entier, avec seulement 19 films sélectionnés.

Deux courts métrages tunisiens, « Somewhere I Belong » de Youssef Handouse, présenté dans la section Ciné, cinéma de demain, et « Sous l’eau » de Hamdi Jouini, sélectionné au Short Film Corner, le marché du film, se distinguent chacun par leur approche. Abordant la sensibilité à l’environnement, la quête identitaire et les visions filmiques émergentes, ces deux jeunes réalisateurs résonnent à travers leurs œuvres.

La Presse — Bien que chacun soit présenté dans une section différente, les deux réalisations portent des visions nouvelles et souhaitent ancrer leurs films dans des réalités contemporaines, ouvertes sur le monde.

Présenté au Short Film Corner du Marché du Film du festival de Cannes, « Sous l’eau » se présente comme un drame social de 30 minutes qui examine avec clairvoyance les effets d’une crise climatique. Le film suit Tarek, un père dont la fille souffre d’une maladie chronique causée par la pollution de l’air.

Dans sa quête de fournir un futur plus sain à sa famille, il choisit de quitter la ville pour s’installer sur une terre côtière. Cependant, cette tentative de reconstruction se transforme vite en désillusion et en souffrance.

À travers cette dimension intime, le réalisateur aborde des enjeux cruciaux : justice climatique, inégalités environnementales et l’incapacité des institutions à faire face aux bouleversements environnementaux contemporains. Le film place l’humain au cœur des préoccupations et met en lumière des réalités souvent négligées dans le discours théorique, les chiffres, sans action concrète.

Le casting inclut Badis Galaoui, Mariem Ben Hssan, Kmar Jouini, Jamel Madani et Abdelmoneem Chwayet. Hamdi Jouini a réalisé et écrit le film, assisté de Tarak Lazhari à la production, Mouheb Bouden à la photographie, Amal Rouissi au montage et Karim Thlibi à la musique originale.

Cette sélection au Short Film Corner offre une belle visibilité au film et à son équipe auprès des professionnels du secteur à l’échelle internationale. Cet espace parallèle au Festival de Cannes est devenu, au fil des ans, un véritable carrefour international où se rencontrent producteurs, distributeurs et jeunes cinéastes du monde entier.

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Une autre réalisation tunisienne remarquée cette année est « Somewhere I Belong » de Youssef Handouse, sélectionnée dans la prestigieuse section de La Cinef, dédiée aux films d’écoles et aux écritures cinématographiques émergentes.

Accompagné d’une équipe jeune et engagée, Youssef Handouse a dirigé un casting composé de Nizar Ben Belgacem, Mounir Mabrouk, Abdellatif Boualleg et Elyes Ghazouani.

La présence de ce film à La Cinef valorise l’école de l’Isamm tunisienne. Cette œuvre témoigne d’une vision cinématographique nouvelle et d’une volonté d’explorer de nouvelles formes narratives, propres à une jeune génération avide de créations.

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Le film de 21 minutes explore les thèmes de l’identité, de la mémoire et du déracinement. Son synopsis officiel évoque le retour d’un homme confronté à une vérité douloureuse : le foyer qu’il avait espéré retrouver n’existe plus vraiment, et son sentiment d’appartenance ne peut plus être défini ni par le sang, ni par les souvenirs.

Il doit alors choisir entre renouer avec un passé idéalisé ou accepter sa perte de manière définitive. Parmi plus de 2 700 films soumis par des écoles de cinéma du monde entier, seuls 19 ont été sélectionnés, dont « Somewhere I Belong ».

À travers un engagement social, des préoccupations environnementales et l’affirmation de nouvelles sensibilités artistiques, ces jeunes réalisateurs montrent que le court métrage reste un espace essentiel de liberté et d’expérimentation pour raconter le monde d’aujourd’hui.