Festival de Cannes 2026 : Cuba, Trump et une journée politique
Le Festival de Cannes se tient jusqu’au 23 mai, rassemblant stars et cinéphiles. Le film « Notre salut » d’Emmanuel Marre, projeté en compétition, sortira le 30 septembre.
Bienvenue sur la Croisette ! Jusqu’au 23 mai, stars et cinéphiles (ainsi que quelques opportunistes) se retrouvent à Cannes pour le plus grand festival de cinéma au monde. Ainsi, 20 Minutes suit l’événement.
Le Festival de Cannes comme si vous y étiez ? C’est chaque soir avec notre récapitulatif. Ce mardi, septième jour de compétition, les thèmes du progressisme, de la Russie et de Bolloré étaient au cœur des discussions sur la Croisette.
Le film du jour
Projeté mercredi en compétition, Notre salut d’Emmanuel Marre évoque la guerre sous l’angle de la collaboration. Ce long-métrage ne contient pas de scènes de bataille ni de résistants héroïques, mais dresse le portrait d’un fonctionnaire du régime de Vichy vivant à Limoges, un petit élément d’une vaste machine infernale.
Emmanuel Marre raconte en réalité l’histoire de son arrière-grand-père, Henri Marre (interprété par Swann Arlaud), qui avait écrit un livre alliant pensée managériale et patriotisme intitulé « Notre salut », qu’il a cherché à promouvoir pendant la période du Vichy. Pour enrichir son récit, il a utilisé la correspondance entre son ancêtre et sa femme…
Plutôt que de se concentrer sur des figures marquantes de la collaboration – ces « grands collabos » tels que Jean Luchaire dans Les Rayons et les ombres, fusillé à la Libération – le réalisateur choisit de s’intéresser à un fonctionnaire ordinaire, l’un de ces milliers d’anonymes qui ont continué à travailler sous Vichy.
Le film, dont la sortie est prévue le 30 septembre, pourrait raviver le débat sur la mémoire de la collaboration, après Les Rayons et les ombres sorti en mars et jugé, par certains, notamment à gauche, comme complaisant envers la figure de Jean Luchaire.
La photo du jour

La phrase du jour
« En tant qu’Européens, nous sommes (…) obligés de devenir une sorte de bouclier contre des monstres comme Trump, Netanyahu ou le Russe. Nous y sommes obligés parce qu’ici, nous respectons le droit international. »
Selon Pedro Almodóvar, l’artiste a un « devoir moral » de s’exprimer sur la politique. « Je ne juge pas ceux qui ne le font pas, mais le silence et la peur, parce que c’est visiblement une expression de peur, sont un très mauvais symptôme, un symptôme de dépréciation de la démocratie », a déclaré le cinéaste de 76 ans lors de la conférence de presse pour son film.
Le fait du jour
La star hollywoodienne née à La Havane, Andy Garcia, a déclaré qu’il se réveillait chaque matin rêvant d’un Cuba « libre de toute répression ».
« Personne ne veut la guerre, mais la répression absolue et la souffrance du peuple dans ce pays ne sont pas une alternative, ce n’est pas quelque chose à accepter », a-t-il dit mardi lors d’un entretien pour promouvoir son polar « Diamond », mettant en avant une distribution de premier plan comprenant ses amis Bill Murray et Dustin Hoffman.
« Si vous demandez au peuple cubain, pas au gouvernement cubain […] voudraient-ils que nous (États-Unis), la France, n’importe qui, intervienne et les sauve ? Vous obtiendriez une unanimité, 90 % des gens diraient : + S’il vous plaît, venez envahir notre pays et débarrassez-nous de ces gens + », a affirmé l’acteur du « Parrain 3 » et « Ocean’s Eleven ».

