Tunisie

Le Dr Aymen Bhouri présente un guide pour choisir son mouton.

Le Dr Aymen Bhouri a insisté sur l’importance de privilégier les points de vente officiels (Rahba) pour le choix d’un mouton de sacrifice sain. Il a également dénoncé que le prix final d’un mouton peut parfois dépasser de 1 000 dinars le tarif initialement fixé par l’éleveur en raison des circuits de spéculation.


À l’approche de l’Aïd Al Adha, le choix du sacrifice est soumis à des critères stricts en matière de santé et de physiologie. Dans une interview sur Radio Nationale, le vétérinaire Dr Aymen Bhouri a présenté des conseils essentiels pour aider les consommateurs à sélectionner un mouton de sacrifice en bonne santé, en soulignant l’importance de privilégier les points de vente officiels, appelés Rahba, qui sont mieux structurés et soumis à un contrôle vétérinaire rigoureux.

Si cela n’est pas possible, il est recommandé de se fournir chez un éleveur réputé. Le Dr Bhouri conseille aux acheteurs de s’assurer, lors d’une inspection visuelle préliminaire, que l’animal se tient bien sur ses quatre pattes, se lève facilement avec des mouvements coordonnés et présente un comportement alerte tout en s’alimentant normalement. Il souligne également que pour garantir une viande de qualité, il est préférable de choisir un mouton âgé de six à vingt-quatre mois, qui montre une vivacité, un indicateur de vitalité, tandis qu’il faut éviter les animaux qui semblent constamment endormis, immobiles ou isolés.

Une fois l’animal choisi, un examen plus approfondi s’impose. Il faut vérifier que le mouton a des yeux clairs et brillants, sans rougeur ni sécrétions. Son nez doit être légèrement humide et propre, et sa respiration doit être calme, sans essoufflement ni sifflement. Le Dr Bhouri ajoute que l’acheteur doit s’assurer que l’animal ne présente pas de toux ou d’éternuements anormaux. L’étape suivante consiste à ouvrir la bouche de l’animal pour confirmer son âge, sachant qu’un mouton de moins d’un an a une dentition complète et petite, tandis qu’un animal de plus de deux ans peut avoir des dents manquantes ou cassées. Cet examen permet aussi de vérifier l’état des gencives, qui doivent être roses et sans lésion ; des gencives blanchâtres peuvent indiquer une anémie, tandis qu’une teinte jaunâtre est le signe d’une hépatite.

L’inspection de l’état général de l’animal doit également être approfondie. Le ventre ne doit pas être gonflé, l’animal doit pouvoir ruminer correctement et sa laine ne doit pas porter de traces de diarrhée ni être abîmée. Sa peau doit être saine, sans lésions dues à la gale, et son corps exempt d’œdèmes ou d’abcès. Le Dr Bhouri insiste enfin sur l’évaluation du poids : en glissant la main le long de la colonne vertébrale, il faut pouvoir sentir la structure osseuse, mais avec une bonne couche de chair. Une fois le mouton acheté et ramené à la maison, il est essentiel de le laisser se remettre du stress du transport en ne lui donnant que de l’eau et du foin jusqu’au jour du sacrifice.

Au-delà des critères sanitaires, le Dr Bhouri a fermement critiqué les prix excessifs pratiqués sur le marché. Il a noté que les explications données par les vendeurs, telles que l’augmentation du prix des engrais, ne justifient pas une telle flambée des tarifs, surtout que la marge de l’éleveur demeure confortable. Il regrette que, souvent, le producteur ne soit pas l’interlocuteur direct du consommateur. Sur les points de vente, le public se heurte à de nombreux intermédiaires commerciaux. Le circuit commence lorsque l’éleveur vend son cheptel en gros à un premier acheteur, qui augmente le prix avant de le revendre à un second acheteur, lui-même augmentant à son tour le prix avant de le céder à d’autres commerçants. En tout, un mouton change de mains trois à quatre fois avant d’arriver chez le consommateur final, chaque maillon de la chaîne prenant une marge bénéficiaire, ce qui engendre des hausses considérables du prix final, qui peuvent dépasser de 1 000 dinars le tarif fixé initialement par l’éleveur.