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Patrick Bruel : Salles préparées pour le chanteur visé par quatre enquêtes pour viols ?

Patrick Bruel, chanteur de 67 ans, est visé en France par quatre enquêtes pour viols et en Belgique par une enquête judiciaire pour agression sexuelle. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a estimé que Patrick Bruel devrait « mettre entre parenthèses sa carrière » et annuler son concert prévu le 8 octobre au Zénith de Paris.


Qui a le droit d’annuler ses concerts ? En tout cas, pas les salles de concert où Patrick Bruel se produira. Le chanteur de 67 ans est actuellement visé en France par quatre enquêtes pour viols et en Belgique par une enquête judiciaire pour agression sexuelle. Patrick Bruel dément l’ensemble des accusations qui pèsent sur lui et affirme son intention de continuer à exercer son métier.

Ce mercredi 20 mai, Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, a déclaré sur France 2 que Patrick Bruel devrait « mettre entre parenthèses sa carrière » et annuler lui-même son concert prévu le 8 octobre au Zénith de Paris, en raison des enquêtes pour violences sexuelles le visant. Face aux appels au retrait, aux pétitions et aux premières annulations au Québec, une nouvelle question se pose : comment les salles françaises qui accueilleront le chanteur dans les semaines à venir se positionnent-elles ?

Un appel au retrait et une pression croissante entourent la tournée

« La présomption d’innocence doit être garantie, mais y compris pour la sérénité de sa défense, je pense qu’effectivement il devrait se retirer », a affirmé Emmanuel Grégoire lors de l’émission « Les 4 vérités » sur France 2, tout en refusant de demander au préfet l’interdiction du spectacle.

Cette déclaration intervient alors que les mobilisations se multiplient. Une pétition, soutenue par plusieurs associations féministes, demandant l’annulation des concerts de l’artiste, a déjà recueilli plus de 25 000 signatures. De plus, de nouvelles plaintes devraient être déposées prochainement, a annoncé mardi l’avocate de l’animatrice de télévision Flavie Flament, qui accuse le chanteur et acteur de viol alors qu’elle était mineure.

« On respecte la loi » : les salles se retranchent derrière les contrats

Du côté des salles qui accueilleront Patrick Bruel, la communication est beaucoup plus prudente. Contacté par 20 Minutes, le Cirque d’Hiver, une salle parisienne, a choisi de ne pas commenter la situation, mais a rappelé qu’elle était liée à un cadre contractuel précis : « Il faut voir avec son producteur… nous, on se réfère à la loi. Quand un contrat est signé, il ne peut pas être rompu. On respecte la loi. Ils ont loué le bâtiment. »

Cette position fait écho à celle déjà exprimée par le producteur du festival au Château de l’Empéri, à Salon-de-Provence. Les responsables du maire avaient déjà affirmé que la ville était contractuellement engagée avec le producteur du festival et qu’elle « n’avait aucune marge de manœuvre » pour dénoncer ce contrat.

La sécurité est également une préoccupation majeure pour ces lieux. Le collectif Salon Féministe, à l’origine d’une tribune contre la tournée de Patrick Bruel, a précisé que leur demande d’annulation ne relève pas d’un jugement anticipé, mais plutôt d’une « mesure de précaution ». « Il subsiste un doute : celui qu’il puisse représenter un risque, notamment pour des femmes dans un cadre professionnel », ont-elles avancé, rappelant que les concerts impliquent la présence de nombreuses équipes techniques et artistiques. La question des mobilisations est également posée : les salles vont-elles augmenter leurs effectifs de sécurité en raison de probables manifestations devant les lieux ? Le Cirque d’Hiver n’a pas souhaité commenter à ce sujet.

Le Québec ouvre une première brèche

Si les salles françaises semblent, pour l’instant, tenir une ligne commune, certains organisateurs à l’étranger ont fait un choix différent. Mardi soir, l’agence événementielle Gestev a annoncé l’annulation de trois concerts prévus au Québec, invoquant « le contexte actuel » ainsi que « l’impossibilité d’assurer la promotion » des spectacles.

Trois autres dates prévues à Montréal sont pour l’instant maintenues, mais ces premières annulations marquent une différence notable dans l’approche de la situation. Une question demeure : si les salles affirment ne pas pouvoir annuler, qui peut réellement le faire ? Le producteur, l’organisateur, les préfets… ou Patrick Bruel lui-même ?