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Cinéma : Cannes ne sera pas hollywoodien en 2023

La 79e édition du Festival de Cannes présente une sélection où seulement deux films américains, « Paper Tiger » de James Gray et « The Man I Love » de Ira Sachs, figurent dans la compétition officielle qui compte 22 films. La présence américaine est totalement absente dans les sections Hors Compétition et les Séances de Minuit.

Le Festival de Cannes 2026 témoigne d’un changement marqué : la présence des productions américaines s’affaiblit, tandis que les cinémas européen et asiatique dominent désormais la sélection.

La Presse — La 79e édition du Festival de Cannes met en évidence une évolution significative : la présence des grands studios américains devient de plus en plus discrète, alors que les cinématographies indépendantes et internationales prennent une place centrale dans l’ensemble de la programmation.

Si des films américains figurent dans la sélection officielle, ils ne s’inscrivent plus dans une dynamique dominée par les majors d’Hollywood. Ils relèvent principalement de projets d’auteurs ou de productions indépendantes, souvent développées en dehors des circuits industriels traditionnels.

Ce changement reconfigure l’équilibre du festival, qui est désormais moins influencé par les stratégies des grands studios. Cette tendance se manifeste clairement dans les détails des sections de cette édition : la compétition officielle, qui regroupe 22 films, ne compte que deux titres américains, « Paper Tiger » de James Gray et « The Man I Love » de Ira Sachs. Dans la section A Un Certain Regard, sur 20 films, la présence américaine reste également limitée avec deux œuvres : « Teenage Sex and Death at Camp Miasma » de Jane Schoenbrun et « Club Kid » de Jordan Firstman.

Les Séances Spéciales, qui incluent 14 films, confirment cette tendance avec trois films américains indépendants, éloignés des blockbusters : « John Lennon : The Last Interview » de Steven Soderbergh, « Avedon » de Ron Howard et « Groundswell » de Josh et Rebecca Tickell.

Parmi les dix films-événements de Cannes Première, John Travolta présente son premier long métrage, « Vol de nuit pour Los Angeles », une incursion isolée dans un ensemble où la présence américaine demeure marginale. De plus, elle est totalement absente dans les sections Hors Compétition et les Séances de Minuit. La place d’Hollywood apparaît ainsi réduite à une présence plus parcimonieuse, loin de son poids historique sur la Croisette.

La critique cannoise : un risque pour les studios

Cette situation peut également être expliquée par l’évolution des stratégies des studios américains, qui privilégient à présent des lancements plus contrôlés, avec des campagnes globales et des sorties coordonnées. Dans cette optique, Cannes n’est plus un passage obligé, mais un choix stratégique réservé aux films susceptibles d’en sortir avec une meilleure image ou un plus grand prestige. Un autre facteur entre également en jeu : la visibilité critique propre au festival.

Projeter un film devant la presse internationale dès les premières heures peut entraîner des réactions variées. Un accueil négatif peut fragiliser une sortie commerciale, tandis qu’une réception favorable peut, au contraire, en renforcer la carrière. Cette exposition immédiate explique en partie la prudence croissante des studios.

Dans ce contexte, Cannes 2026 se recentre sur les cinématographies européennes et asiatiques, qui sont désormais en première ligne, tandis que les autres régions du monde occupent une place plus discrète. Au-delà du seul recul américain, le festival apparaît comme un espace en recomposition, où les dynamiques industrielles des grands studios s’estompent au profit de circulations plus flexibles du cinéma indépendant, faisant de la Croisette une chambre d’écho des mutations du cinéma mondial.