Des batteries à 70°C : la technologie de BYD suscite des craintes.
Un blogueur chinois accuse la charge Flash Charging de BYD d’être nocive pour les batteries des voitures électriques, affirmant que la température des cellules aurait atteint 70 °C pendant un cycle de charge. En réponse, Sun Huajun, directeur technique de la branche batteries de BYD, déclare que cette température élevée « ne signifie pas qu’elle entraînera nécessairement des dommages structurels ou des risques pour la sécurité des batteries LFP ».

Au fil des ans, la recharge des véhicules électriques a considérablement progressé. Il est désormais possible de recharger une batterie en seulement un peu plus de 20 minutes. Cependant, les innovations continuent et un constructeur tire son épingle du jeu : BYD. Ce dernier a récemment lancé sa technologie de recharge ultra-rapide Flash Charging, permettant des puissances allant jusqu’à 1 500 kW, permettant de passer de 10 à 70 % de charge en 5 minutes, et d’atteindre 97 % en 9 minutes.
Cette technologie a été testée lors de notre essai de la Denza Z9 GT, le premier modèle en Europe à y avoir accès. Théoriquement, elle pourrait révolutionner le processus de recharge. Cependant, un blogueur chinois a avancé qu’elle serait nocive pour la batterie en raison d’une température trop élevée. Mais cette accusation est-elle réellement fondée ? D’après BYD, ce n’est pas forcément le cas. Sun Huajun, le directeur technique de la division batteries de BYD, a pris la parole pour défendre cette technologie.
Pour rappel, le blogueur a fondé son accusation sur une mesure indiquant que, lors d’un cycle de recharge Flash, la température des cellules aurait atteint 70 °C, un seuil longtemps considéré comme critique pour les batteries LFP. C’est ce point que Sun Huajun tente de tempérer en qualifiant cela de « frontière cognitive du passé ».

Comme l’indique le site 36Kr, Sun Huajun a déclaré que cette température élevée n’est en réalité pas problématique, car cela « ne signifie pas qu’elle provoquera nécessairement des dommages structurels ou des risques pour la sécurité des batteries LFP (lithium – fer – phosphate). » Bien que 70 °C ait été précédemment considéré comme un seuil dangereux, cela n’est plus le cas pour les nouvelles batteries, telles que la Blade 2.0, grâce aux avancées dans les matériaux et les systèmes de refroidissement.
Des tests très rigoureux
Sun Huajun souligne également que BYD « a mené une validation continue à long terme, comprenant 1 000 cycles de charge Flash complets. » Alors que le constructeur emploie actuellement plus de 100 000 ingénieurs, il affirme : « nous avons effectué un nombre considérable de tests de cycle et de fiabilité avant de transformer cette technologie en une technologie pouvant être déployée à grande échelle dans les véhicules ». En outre, la limite de température a été continuellement revue à la hausse.
Cependant, un point demeure flou : ces 1 000 cycles de validation ont été réalisés en interne, dans les conditions de l’entreprise. Aucun organisme indépendant n’a encore publié de données sur la dégradation réelle de la Blade 2.0 après plusieurs centaines de recharges Flash en utilisation réelle. Nous en saurons davantage lorsque les premières Denza Z9 GT européennes auront accumulé plusieurs dizaines de milliers de kilomètres.
Le scientifique souligne qu’il y a quelques années, la limite était fixée à 60 degrés seulement. De plus, il note que les entreprises capables d’offrir une recharge en moins de 10 minutes sont encore rares. Seules celles « ayant une solide expérience en recherche électrochimique et en ingénierie des systèmes » peuvent y parvenir. Ces déclarations devraient rassurer les consommateurs, surtout avec la réglementation très stricte mise en place en Chine sur les batteries pour réduire le risque d’incendie.

Un groupe de blogueurs a également décidé de soumettre la batterie Blade 2.0 à des tests rigoureux. Les résultats montrent qu’aucune flamme ni fumée n’ont été observées, attestant de la résistance de la technologie de BYD, qui mise exclusivement sur le LFP. Cette chimie est réputée pour sa grande fiabilité et sa résistance à la chaleur. De plus, le constructeur est si convaincu de la robustesse de son accumulateur qu’il l’offre désormais avec une garantie à vie en Chine, sous certaines conditions.

