Belgique

La nouvelle épidémie d’Ebola peut-elle atteindre l’Europe ?

Ce dimanche, l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré que cette souche rare du virus représentait « une urgence de santé publique de portée internationale », son deuxième niveau d’alerte, juste avant le niveau « d’urgence due à une pandémie ». Actuellement, l’épidémie est causée par une souche du virus appelée Bundibugyo, un variant qui a déjà provoqué deux épidémies dans le monde avant celle en cours, en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012, avec un taux de mortalité compris entre 30% et 50%.


Ce dimanche, l’Organisation mondiale de la Santé a annoncé que cette souche rare du virus est « une urgence de santé publique de portée internationale », ce qui représente son deuxième niveau d’alerte, juste avant la déclaration de « l’urgence due à une pandémie ».

L’épidémie d’Ebola n’est pas nouvelle dans cette région d’Afrique. En effet, depuis l’identification du virus, la République démocratique du Congo a déjà subi une quinzaine d’épidémies. Récemment, une résurgence au Kasaï avait été rapidement identifiée et contrôlée.

À l’heure actuelle, l’épidémie est due à une souche du virus nommée Bundibugyo, qui avait déjà causé deux épidémies auparavant, en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012. Le taux de mortalité lié à cette souche varie de 30 % à 50 %. En raison de l’absence de vaccin ou de traitement efficace pour cette souche, les efforts pour limiter sa propagation se concentrent principalement sur le respect des mesures sanitaires et la détection rapide des cas afin de réduire les contacts.

Bien qu’il y ait eu des retards dans la détection des cas, principalement en raison de la faiblesse des infrastructures sanitaires locales, des déplacements de population et d’un manque de ressources dans les postes de santé, l’Institut de médecine tropicale estime que le risque de propagation à l’échelle mondiale est faible.

Emmanuel Bottieau, professeur de médecine tropicale à l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, a déclaré : « Si on prend l’exemple de l’épidémie majeure qu’il y a eue en Guinée, il y a eu extrêmement peu de cas qui sont arrivés en Europe ou aux États-Unis. C’étaient plutôt des agents de santé, des professionnels, des travailleurs humanitaires qui ont parfois été contaminés, qui ont été rapatriés. Mais nous avons l’expérience de ces situations. Après avoir géré un foyer pendant quelques semaines, des mesures strictes sont mises en place lors des retours, avec des isolations pendant la période d’incubation. Des protocoles solides existent. »

Il a aussi ajouté : « De plus, il n’y a pas de touristes dans ces régions. Peut-être en Ouganda, mais pas dans cette partie du Congo. Il y a très peu de Congolais qui rendent visite à leur famille, compte tenu des circonstances. Et pour l’Ouganda, il n’y a pas de guerre et le système de santé y fonctionne plutôt bien. Je pense que l’épidémie peut être plus facilement contrôlée. Donc, le risque global, pour le moment, me paraît extrêmement faible. »

L’épidémie touche surtout l’est du Congo, où les déplacements de population sont constants, notamment vers l’Ouganda, le Soudan du Nord ou encore le Rwanda. Ces régions sont peu touristiques, ce qui limite les déplacements internationaux et réduit ainsi les risques de propagation.

Les organisations humanitaires International Rescue Committee (IRC) et Médecins Sans Frontières ont déployé des équipes sur place ce lundi pour renforcer les équipes locales congolaises et celles de l’INRB (Institut national de recherche biomédicale de la RD Congo).

L’Institut de médecine tropicale d’Anvers prévoit également d’envoyer des chercheurs et des scientifiques sur le terrain. Il a été précisé que « les défis sont principalement logistiques. Des fonds sont mobilisés en urgence pour ce genre de situation. Nous allons voir quels moyens sont disponibles via l’OMS ou d’autres institutions internationales. De plus en plus d’organisations africaines interviennent également dans ce type de situation. »

Il est crucial de s’assurer que les ressources disponibles soient efficaces contre cette épidémie. L’objectif principal est de détecter au départ les cas suspects, de les isoler et de les diriger vers des structures de santé appropriées, avant d’entreprendre des recherches plus avancées sur les traitements.

Dans la province de l’Ituri, où l’épidémie semble s’étendre, les opérations de terrain s’annoncent particulièrement compliquées. La région est sous le contrôle de plusieurs groupes armés, les routes sont dangereuses, et l’autorité sécuritaire est limitée, ce qui ralentit le déploiement des équipes médicales et du matériel. La lutte contre l’épidémie nécessite un dispositif matériel conséquent, incluant des équipements de protection individuelle pour les soignants, des structures d’isolement, des tentes médicalisées et la réhabilitation rapide de centres de santé.

Les équipes de santé ont l’habitude de ce genre d’intervention, mais tout ne peut pas être mis en place immédiatement, selon le professeur Bottieau. L’urgence consiste à identifier les cas suspects, à les isoler et à surveiller les contacts durant la période d’incubation de trois semaines. Il a rappelé une épidémie antérieure sévère dans l’est du Congo, avec des circonstances similaires, qui avait duré plusieurs mois, voire plus d’un an.