OL – RC Lens : « C’est une honte » avant la Ligue des champions.
L’Olympique Lyonnais a terminé la saison 2025-2026 à la 4e place de Ligue 1, malgré une défaite contre le RC Lens (0-4) le 17 mai 2026. Corentin Tolisso a déclaré : « Non, pas du tout, ce maillot est beaucoup trop beau pour que je ne le remette pas la saison prochaine ».
Au Parc OL,
Les supporters lyonnais s’étaient habitués au spectacle de feu d’artifice qui accompagne la 34e journée de Ligue 1 depuis deux ans. Le 19 mai 2024 ? Promise à la relégation cinq mois plus tôt, l’équipe de Pierre Sage a réalisé une remontée spectaculaire, grâce à un penalty décisif d’Alexandre Lacazette, dans le temps additionnel contre Strasbourg (2-1), décrochant ainsi la 6e place et une qualification inattendue en Ligue Europa.
Répétition le 17 mai 2025 contre Angers (2-0), accueillant cette fois Paulo Fonseca sur le banc, avec le 200e but lyonnais de Lacazette pour son dernier match avec son club formateur… et un nouveau rebondissement heureux dans les derniers instants (via Strasbourg-Le Havre 2-3), synonyme de 6e place. Imaginez alors une 4e place flairant le retour en Ligue des champions, moins d’un an après une rétrogradation administrative prononcée en Ligue 2…

Une défense à trois sortie de nulle part
Or, le paradoxe est là, car le 17 mai 2026 sera marqué par un feu d’artifice décevant au Parc OL. Les Lyonnais auraient pu se contenter d’un match nul contre une équipe A’/B du RC Lens, déjà assuré de finir 2e et axé sur sa finale de la Coupe de France cinq jours plus tard, mais ils se sont totalement effondrés (0-4). Il s’agit de la plus lourde défaite de l’OL à domicile en championnat depuis août 1989 ! Un naufrage que même le milieu sang-et-or Adrien Thomasson n’aurait pas anticipé.
Celui-ci n’a pas tenté de masquer la motivation relative du groupe de Pierre Sage dimanche soir : « Ça n’est pas simple de préparer ce match à quelques jours d’une telle finale. Mais nous sommes des professionnels et nous avons fait comme si nous jouions quelque chose d’important. Nous voulions bien finir ce championnat, ne pas le fausser, et ne pas perdre deux fois contre cette équipe. Et puis, nous savions que la pression serait sur Lyon. »
La théorie de l’échec dans l’approche de l’événement a réellement pris forme après l’ouverture du score de Wesley Saïd (0-1, 20e). « On s’est écroulé après le premier but », admet Matthieu Louis-Jean, directeur technique de l’OL. Le dauphin du PSG s’est alors amusé à percer avec une facilité déconcertante la défense lyonnaise, remaniée à la surprise générale par Paulo Fonseca, qui a opté pour trois axiaux (Kluivert, Niakhaté, Mata) pour la première fois depuis longtemps.
« Un non-match au pire des moments »
À la fragilité psychologique s’est ajouté un couac tactique, le 3-4-3 calqué sur le système de Pierre Sage peinant à s’affirmer lors de ce rendez-vous crucial, censé permettre aux Lyonnais de sécuriser un retour en Ligue des champions après sept ans d’absence. Wesley Saïd de nouveau (0-2, 32e), suivi de Florian Sotoca (0-3, 45e+1) et Florian Thauvin (0-4, 53e) ont constaté la léthargie de l’OL, à des années-lumière de sa performance contre Rennes (4-2), deux semaines plus tôt, qui lui avait permis de remonter sur le podium avec panache.
« Il faut avouer que ce soir, on n’a pas été à la hauteur », reconnaît le défenseur Clinton Mata. « Le match a été catastrophique du début à la fin. On est passé à côté, on a échoué, c’est une honte ce que nous avons proposé ce soir. » Le capitaine Corentin Tolisso, également bien moins efficace malgré sa bonne saison, est tout aussi direct : « On s’est fait manger du début à la fin. Il y avait une équipe qui ne jouait rien du tout en face et nous avions la possibilité d’aller directement en Ligue des champions, mais ça ne s’est pas vu sur le terrain. Nous perdions tous les duels et les Lensois ont été d’une efficacité redoutable. En première mi-temps, ils marquaient quasiment dès qu’ils tiraient. »
Il est plus facile d’être efficace lorsqu’on multiplie les situations à 3 contre 2, aurait-il pu ajouter. Comment l’OL a-t-il donc pu connaître un tel choke embarrassant, une semaine après un effondrement presque aussi problématique à Toulouse (2-1), équipe pourtant assurée de terminer anonymement dans le ventre mou ?
« On a fait un non-match au pire des moments, je ne saurai pas comment l’expliquer. On l’avait bien préparé, on était vraiment déterminé, la mentalité était là. Il nous a peut-être manqué un peu d’expérience collectivement. C’est ce match à Toulouse qui laisse beaucoup de regrets. Car au final, si on avait gardé le nul 1-1, on aurait été qualifiés en Ligue des champions aujourd’hui, même si c’est plus simple de dire ça maintenant. Ce jour-là, on s’est précipité pour absolument gagner, alors qu’on aurait pu mieux gérer le match en voyant qu’on n’était vraiment pas bons là-bas. »
« Ça pourrait être pire, non ? », lance Louis-Jean
Les regrets du soir, pour les 58.227 supporters présents au Parc OL, stupéfaits par le « spectacle », proviennent surtout du succès inattendu (0-2) d’Auxerre à Lille (3e, avec un point d’avance sur l’OL). Ce match aurait pu profiter aux Lyonnais. C’est finalement l’OM qui a évité à son rival le scénario catastrophe d’une 5e place en dominant Rennes (3-1). De quoi inciter étrangement les joueurs, l’entraîneur et aussi les dirigeants lyonnais à rapidement positiver en présentant un bilan devant les médias.
« Aujourd’hui, nous sommes 4es et nous ne allons pas nous plaindre », déclare Clinton Mata. « Quand on prend un peu de recul, il faut aussi se dire que nous revenons de loin. » Bel argument pour passer, en quelques secondes, de la « honte » ressentie au fameux storytelling du groupe limité se relançant l’été dernier au moment de reprendre l’entraînement. Manifestement, le manque d’intensité visible et la résignation affichée trop rapidement dimanche soir ne prennent pas le pas sur la célèbre « résilience » du club louée par Matthieu Louis-Jean.
« Nous avions cette 3e place qui était là, mais c’est comme ça, nous allons nous contenter de la 4e place, poursuit-il. C’est une très belle saison, nous sommes fiers de ce que nous avons fait, dans l’année zéro d’un nouveau projet. Tout le monde partait un peu dans l’inconnu et nous allons faire les barrages pour la Ligue des champions, ça pourrait être pire, non ? Nous n’étions pas prêts pour jouer sur tous les tableaux cette saison, nous l’avons vu avec cette période de 9 matchs sans victoire. »
Paulo Fonseca, « serial chokeur » de notre Ligue 1 ?
Certes, il y a eu cette phase incroyablement down, mais la dynamique des 13 victoires consécutives avant ne laissait pas présager les trois déconvenues majeures à domicile (Lens en Coupe, le Celta Vigo, puis à nouveau Lens en L1) qui auraient pu maintenir le club dans la course pour un triplé Coupe de France-Ligue Europa-qualification directe en C1. Ainsi, le bouquet final de la saison a fait « pschitt », et avec le même vide de propositions contre le Celta Vigo (0-2) et face à Lens dimanche, cette fois sans l’excuse d’avoir été « trop rapidement réduits à dix ».
À l’annonce par le speaker d’un « show pyrotechnique pour marquer cette saison incroyable », juste avant 23 heures, on pouvait voir le visage désemparé de l’émergent Afonso Moreira, presque en larmes après cette fin désastreuse. Finalement, le virage nord a donné le ton en déployant après le coup de sifflet final une banderole très positive : « De l’académie aux leaders du vestiaire, en passant par le staff et les joueurs en prêt, merci pour votre mentalité et implication ». Le cœur n’y était pas vraiment, mais les ultras lyonnais ont alors salué Corentin Tolisso et Paulo Fonseca, émus au micro face à eux.

L’entraîneur portugais, qui commence à se bâtir une réputation de « chokeur » dans les moments décisifs, entre ses deux fins de saison à Lille (en 2023 et 2024) ou encore la prolongation incroyable avec l’OL à Manchester United au printemps dernier (de 2-4 à 5-4), a voulu positiver dès dimanche soir. « En fin de compte, je pense que nous avons réalisé une magnifique saison, déclare-t-il. C’était difficile d’imaginer la 4e place en début de saison en D2. Je suis très satisfait du grand travail de tout le monde au club. Et je crois que nous pourrons avoir une équipe plus forte la saison prochaine, même sans gros investissements. »
Tolisso annonce rester à l’OL
Corentin Tolisso aborde avec lucidité la lecture complexe de cette saison lyonnaise : « Si en début de saison, on nous avait dit que nous finirions 4es, nous aurions immédiatement signé. Mais vu l’espoir que nous avons suscité chez nos supporters et que nous avions aussi, en étant 3es à deux journées de la fin… Nous avons compromis nos chances nous-mêmes à Toulouse et contre Lens. Mais nous ferons tout en août pour remettre l’Olympique Lyonnais en Ligue des champions. »
Notre dossier sur l’OL
Et dans le flou qui pourrait entourer le mercato estival à venir, et au-delà de la fin de prêt d’Endrick, une bonne nouvelle est venue de Corentin Tolisso. Interrogé sur sa possible dernière apparition sous le maillot lyonnais, dimanche face à Lens, à bientôt 32 ans, et avec un contrat allant jusqu’en 2027, le capitaine a répondu avec fermeté : « Non, pas du tout, ce maillot est beaucoup trop beau pour que je ne le remette pas la saison prochaine. » Le meilleur motif pour justifier le maintien du feu d’artifice à Décines était donc trouvé.

