Tunisie

Hypertension : un mal silencieux en forte progression en Tunisie

Le Président de l’Association tunisienne des maladies rénales, de dialyse et de transplantation rénale, Habib Skhiri, a indiqué ce dimanche 17 mai 2026 que seulement 40 % des patients diagnostiqués avec une hypertension artérielle suivent réellement un traitement. Environ 2,4 millions de Tunisiens souffrent d’hypertension, mais seulement 49 % des cas ont été diagnostiqués.


Le Président de l’Association tunisienne des maladies rénales, de dialyse et de transplantation rénale, Habib Skhiri, a déclaré ce dimanche 17 mai 2026 que seulement 40 % des patients diagnostiqués avec une hypertension artérielle suivent réellement un traitement, mettant en garde contre le lien étroit entre cette maladie et les atteintes rénales.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’hypertension artérielle, célébrée chaque 17 mai, il a révélé qu’environ 2,4 millions de Tunisiens souffrent d’hypertension. Cependant, seuls 49 % des cas ont été diagnostiqués, et seulement 16 % des patients diagnostiqués atteignent les objectifs thérapeutiques.

Selon des statistiques publiées par l’Organisation mondiale de la santé dans un rapport de 2025, le taux d’hypertension chez les personnes âgées de 30 à 79 ans s’élève à 36 % en Tunisie, contre 34 % au niveau mondial.

Le Dr Habib Skhiri a souligné que cette maladie est facile à diagnostiquer, mais un grand nombre de personnes ignorent encore qu’elles en sont atteintes. Il a rappelé que l’hypertension est l’une des principales causes de mortalité et représente un facteur majeur des maladies cardiovasculaires.

Il a également précisé que le nombre de patients ne cesse d’augmenter depuis plusieurs années. L’obésité figure parmi les principales causes favorisant l’apparition de l’hypertension, suivie du diabète et des maladies rénales.

Décrite comme un « mal silencieux », l’hypertension peut néanmoins se manifester par certains signes avant-coureurs tels que des maux de tête, des troubles de la vision ou des acouphènes, ce qui nécessite un contrôle rapide de la tension artérielle.

Le spécialiste a appelé les personnes les plus exposées — notamment les diabétiques, les personnes obèses, ceux soumis à un stress permanent, les individus ayant des antécédents familiaux d’hypertension ou de maladies rénales, les seniors de plus de 65 ans, les femmes enceintes, les fumeurs ainsi que les personnes souffrant de troubles du sommeil — à surveiller régulièrement leur tension.

Concernant la prévention, il a recommandé d’adopter un mode de vie sain à travers la perte de poids, une alimentation équilibrée pauvre en sel, une consommation accrue de potassium présent dans les fruits et légumes, l’arrêt du tabac et de l’alcool, ainsi que la pratique régulière d’une activité physique et d’exercices de relaxation et de respiration.

Le médecin a enfin rappelé les nouvelles références utilisées pour évaluer précisément la tension artérielle : une tension est considérée comme normale lorsqu’elle est inférieure à 120/80 mmHg, anormale lorsque la pression systolique se situe entre 120 et 129 mmHg avec une pression diastolique inférieure à 80 mmHg, et élevée lorsque les valeurs atteignent entre 130 et 139 mmHg pour la systolique et entre 80 et 89 mmHg pour la diastolique.