France

L’OMS et l’Europe alertées sur les conséquences du changement climatique

Les gouvernements européens et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont été appelés à renforcer d’urgence leur réponse face aux conséquences sanitaires du changement climatique par une commission indépendante. Selon cette commission, « la pollution de l’air liée aux énergies fossiles provoque chaque année plus de 600.000 décès dans la région Europe de l’OMS, tandis qu’environ 63.000 personnes sont mortes de causes liées à la chaleur en Europe en 2024 ».


Les gouvernements européens ainsi que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont appelés à intensifier d’urgence leur réponse face aux conséquences sanitaires du changement climatique, selon une commission indépendante. Dans un « appel à l’action », cette commission paneuropéenne sur le climat et la santé, présidée par l’ancienne Première ministre islandaise, Katrin Jakobsdottir, et composée de treize scientifiques et anciens ministres, avertit que « le changement climatique n’est pas une menace future à gérer ».

Elle précise que « c’est une crise immédiate et croissante qui affecte simultanément la santé, l’alimentation, l’eau, l’énergie et la sécurité nationale ; et la réponse actuelle n’est pas à la hauteur de son ampleur ».

600.000 décès par an liés à la pollution de l’air

D’après cette commission, « la pollution de l’air liée aux énergies fossiles provoque chaque année plus de 600.000 décès dans la région Europe de l’OMS, tandis qu’environ 63.000 personnes sont mortes de causes liées à la chaleur en Europe en 2024 ». Dans un communiqué associé à cet appel, elle souligne également que « le changement climatique a été responsable de près de 70 % des décès liés aux vagues de chaleur estivales dans 854 villes européennes en 2025 ».

À l’approche de la 79e Assemblée mondiale de la santé, la commission demande notamment à l’OMS de déclarer officiellement le changement climatique comme une « urgence de santé publique de portée internationale ». À défaut, l’organisation devrait admettre que le cadre actuel du règlement sanitaire international « n’est plus adapté », juge-t-elle.

Une menace pour la sécurité, la cohésion sociale, les droits de l’homme et la santé

Le texte appelle également les chefs de gouvernement européens à inclure le changement climatique à l’ordre du jour des conseils nationaux de sécurité et les exhorte à abandonner le produit intérieur brut (PIB) comme principal indicateur de progrès, au profit d’indicateurs tenant compte de la santé, de l’équité et de la « durabilité environnementale ».

« La crise climatique constitue une menace pour notre sécurité, notre cohésion sociale, les droits de l’homme et la santé », a déclaré Katrin Jakobsdottir, mentionnée dans cet appel. Elle a ajouté que « loin d’être un problème qui concerne uniquement les générations futures, il s’agit d’une menace réelle et immédiate pour nous, ici en Europe […] Nous avons tous la responsabilité politique et morale d’agir maintenant ».