République démocratique du Congo : l’OMS ne déclare pas une urgence internationale Ebola
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché son deuxième niveau d’alerte internationale le plus élevé face à une épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) ce dimanche. Au 16 mai, l’OMS a confirmé huit cas en laboratoire et recensé 246 cas suspects et 80 décès suspects dans la province d’Ituri.
Face à une épidémie d’Ebola, causée par un variant hautement mortel et sans vaccin, la République démocratique du Congo (RDC) est durement touchée. Ce dimanche, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a activé son deuxième niveau d’alerte internationale le plus élevé. Dans un communiqué partagé sur X, son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que le virus « constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), mais ne répond pas aux critères d’une urgence pandémique ». L’USPPI, instaurée en 2024, est le deuxième niveau d’alerte le plus élevé de l’OMS, après celui « d’urgence due à une pandémie ».
Ebola, qui entraîne une fièvre hémorragique très contagieuse, reste redoutable malgré l’existence de récents vaccins et traitements efficaces uniquement contre la souche Zaïre, responsable des plus graves épidémies.
### Un cas confirmé à Goma, zone contrôlée par le M23
La province d’Ituri, située dans le nord-est de la RDC, est touchée par le variant Bundibugyo d’Ebola, pour lequel il n’existe aucun vaccin. Au 16 mai, l’OMS a confirmé huit cas en laboratoire, avec 246 cas suspects et 80 décès suspects dans la province. Un autre cas a été confirmé à Kinshasa, et un décès a été enregistré à Kampala, en Ouganda, parmi des voyageurs récemment rentrés d’Ituri. Un cas de contamination au virus Ebola a également été détecté à Goma, une grande ville de l’est de la RDC contrôlée par le groupe armé antigouvernemental M23.
L’Agence sanitaire de l’Union africaine, l’Africa CDC, a pour sa part signalé 88 décès vraisemblablement dus au virus parmi 336 cas suspects, selon les derniers chiffres publiés samedi. Comme le foyer de l’épidémie se situe dans une zone difficile d’accès, peu d’échantillons ont été testés en laboratoire, et les bilans reposent principalement sur des cas de suspicion.
L’Ituri, région aurifère à la frontière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, connaît de forts mouvements de population liés à l’exploitation minière, rendant l’accès à certaines zones, en proie à des violences armées, compliqué pour des raisons de sécurité.
### Plus de 15.000 morts en Afrique en cinquante ans
« Nous voyons des gens mourir depuis deux semaines », a déclaré Isaac Nyakulinda, un représentant de la société civile de Rwampara (Ituri), contacté par l’AFP par téléphone. « Il n’y a pas de lieu pour isoler les malades. Ils décèdent à domicile et leurs corps sont manipulés par des membres de leur famille », a-t-il ajouté, exprimant des craintes pour l’avenir. Le virus a provoqué plus de 15.000 décès en Afrique au cours des 50 dernières années. Lors des précédentes flambées épidémiques, le taux de mortalité a varié entre 25 % et 90 %, selon l’OMS.
« La souche Bundibugyo n’a pas de vaccin et aucun traitement spécifique », a souligné samedi le ministre de la Santé congolais, Samuel-Roger Kamba, en ajoutant qu’« avec cette souche, le taux de létalité est très important, on peut atteindre 50 % ». Le variant Bundibugyo n’a causé jusqu’à présent que deux épidémies dans le monde : en Ouganda en 2007 (42 décès sur 131 cas confirmés) et en RDC en 2012 (13 décès sur 38 cas confirmés).
### 17e épidémie depuis 1976
Les autorités sanitaires indiquent que le premier cas suspect est un infirmier, qui s’est présenté le 24 avril dans un établissement médical de Bunia, la capitale de l’Ituri, avec des symptômes d’infection à Ebola.
La RDC a connu une épidémie d’Ebola entre août et décembre 2025, avec au moins 34 morts. L’épidémie la plus mortelle dans le pays a causé près de 2.300 décès parmi 3.500 malades, entre 2018 et 2020. Cette épidémie constitue la 17e recensée en RDC depuis l’identification de la maladie en 1976, alors que le pays s’appelait le Zaïre. D’autres pays du continent, notamment la Guinée et la Sierra Leone, ont également été affectés par le virus ces dernières années.
La transmission humaine d’Ebola s’effectue par les fluides corporels ou par contact avec le sang d’une personne infectée, qu’elle soit vivante ou décédée. Les personnes infectées ne deviennent contagieuses qu’après l’apparition des symptômes, la période d’incubation pouvant durer jusqu’à 21 jours.

