Les dix éléments clés à retenir de la finale Eurovision 2026
Dara, 27 ans, a donc décroché le trophée de cristal en s’imposant avec 516 points et en terminant en tête des votes des jurys (204 points) et du public (312). Trois pays ont été complètement snobés par les téléspectateurs : l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique ont fait zéro point au télévote.

De notre envoyé spécial à Vienne (Autriche),
« Bangaranga » ! Ce titre, avec lequel la Bulgare Dara a remporté la première victoire de son pays à l’Eurovision, reflète parfaitement la surprise que ce triomphe a engendrée tant pour le public que pour la salle de presse de la Stadthalle. Pour ceux qui n’ont pas suivi, voici les éléments essentiels à retenir de la finale de cette 70e édition qui s’est déroulée samedi soir.
Une première historique pour la Bulgarie
Dara, âgée de 27 ans, a remporté le trophée en totalisant 516 points, se classant première tant chez les jurys (204 points) que chez le public (312 points). C’est la première fois depuis la victoire du Portugais Salvador Sobral en 2017. Cette victoire n’a pas été anticipée et a surpris tout le monde. Les bookmakers et les analystes, y compris l’auteur de cet article, avaient leurs yeux rivés sur la Finlande, l’Australie ou la Grèce. Bien que la mise en scène, orchestrée par Fredrik Rydman, ait impressionné lors des répétitions, personne n’aurait imaginé un tel résultat. Dara a expliqué que le « Bangara » évoque « une énergie spéciale que chacun a en soi, la sensation que tout est possible », résumant ainsi l’état d’esprit de sa chanson.
La France frôle le top 10
Monroe a incontestablement impressionné par sa performance vocale à seulement 17 ans. Techniquement, elle a été irréprochable. Bien qu’elle ait terminé quatrième des juges, elle n’a récolté que 14 points au vote du public, la plaçant finalement à la 11e position. La délégation misait sur une scénographie « théâtrale », mais l’« intensité » attendue n’était pas au rendez-vous. Regarde !, étant un morceau de pop opératique, a probablement aussi suscité une forme de lassitude chez les spectateurs.
Israël soutenu par le télévote
L’an dernier, l’Israélienne Yuval Rafael avait remporté le télévote avec 297 points, contre une 14e place chez les jurys. Ce résultat avait interpellé plusieurs diffuseurs. Lundi, le New York Times a publié une analyse détaillée des votes du public et des accusations de manipulation. Cette situation a conduit l’Union européenne de radiotélévision (UER) à revoir ses règles, notamment suite au boycott de cinq pays (Espagne, Irlande, Islande, Pays-Bas et Slovénie). Lors de cette édition 2026, l’Israélien Noam Bettan a terminé huitième du classement des jurys (123 points) et troisième du télévote, avec 220 points pour Michelle, ce qui lui a permis de se classer deuxième au total. Cela soulève des interrogations sur des éventuelles irrégularités ou des campagnes de vote inappropriées. Des diffuseurs pourraient remettre le sujet en discussion et, en cas d’insatisfaction, rejoindre les boycotteurs. Le cas israélien à l’Eurovision continuera d’alimenter les débats et tensions au sein de l’UER.
Des retours fructueux
La Bulgarie, la Roumanie et la Moldavie, qui avaient manqué le concours depuis respectivement 2022, 2023 et 2024, ont toutes les trois fait leur retour cette année. Ces retours ont été stratégiques pour l’UER, compensant l’absence des cinq pays boycotteurs. Cette année a été bénéfique pour ces pays, la Bulgarie triomphant, la Roumanie terminant troisième et la Moldavie huitième.
Le chef-d’œuvre da Vinci
Critiqué par certains en Italie, l’Italien Sal da Vinci a su faire taire ses détracteurs. À Vienne, il a reçu un accueil chaleureux à chacune de ses apparitions. Samedi, deux heures avant le début de la finale, il a chanté Per sempre si, un hymne au mariage, accompagné d’un fort soutien de l’audience. Avec une cinquième place, il permet à l’Italie de se classer dans le top 10 pour la neuvième fois consécutive. La Squadra Azzura peut rater les Coupes du Monde, mais ses artistes continuent de briller sur la scène de l’Eurovision.
Les déceptions des favoris
Les bookmakers évaluaient les chances de la Finlande à 44 % et celles de l’Australie à 20 %. Finalement, la Finlande a fini sixième et l’Australie quatrième. Les parieurs n’avaient pas mesuré le potentiel de la Bulgarie et de la Roumanie. L’Australie, avec sa star Delta Goodrem, a terminé deuxième des jurys, mais seulement neuvième du télévote, montrant que le public était encore réticent à voter pour ce pays éloigné. Le duo finlandais, Pete Parkkonen et Linda Lampenius, a été cinquième chez les jurys et huitième chez les votants. Une grande déception pour eux, tout comme pour le Grec Akylas, attendu dans le top 5 et qui a finalement fini dixième.
Un bug technique pour la Tchéquie
Daniel Zuzka a chanté Crossroads en onzième position avec une scénographie mettant en avant des jeux de miroirs. Toutefois, au cours de sa performance, la diffusion s’est interrompue pendant quelques secondes, laissant l’écran noir. La délégation a demandé à l’UER un nouveau passage, comme le règlement le permet en cas de souci technique. Cependant, l’organisation a refusé, affirmant, selon des propos rapportés par la BBC, que « le petit souci de caméra […] n’a pas altéré la performance et la qualité sonore » de l’ensemble, ce qui a empêché le morceau de bénéficier d’un second passage. Peut-on s’interroger si cette décision aurait été la même pour un autre pays, comme la Suède ?
La débâcle suédoise
La Suède hors de la première moitié du classement à l’Eurovision est comparable à une élimination du Brésil en phase de poules de la Coupe du Monde. C’est un drame national. Felicia a terminé à la 20e place avec My System. Il faut remonter à 2009 pour trouver un classement moins favorable, alors que Malina Ernman, la mère de Greta Thunberg, avait terminé 21e avec La Voix.
Et un, et deux, et trois… zéro point
Trois pays ont été complètement ignorés par les téléspectateurs : l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique, obtenant zéro point au télévote. Le Britannique LOOK MOM NO COMPUTER termine donc dernier avec un seul point reçu grâce au jury ukrainien. L’Allemande Sarah Engels se classe 23e avec 12 points. La Belge Essyla, qui s’est qualifiée pour la finale contre toute attente, finit à la 21e place avec 36 points, dont 12 points, la note maximale, accordée par le jury italien…
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Un anniversaire décevant
Un anniversaire de 70 ans est un événement unique. Ce jubilé aurait dû marquer les esprits. Au lieu de cela, aucune bougie n’a été soufflée, mais plutôt de l’exaspération. Célébrer sept décennies de concours sans la présence de Johnny Logan, figure du boycott et triple vainqueur, sans la double lauréate Loreen, et sans même l’icône de l’Eurovision Conchita Wurst, est vraiment triste… Bien que d’anciens gagnants aient chanté un medley de chansons emblématiques, tel que l’Ukrainienne Ruslana, le Norvégien Alexander Rybak et les Finlandais de Lordi, cela manquait de brio et de glamour. L’événement semblait presque être celui d’un 69e anniversaire. Ce boycott collectif a indéniablement eu un impact sur cette célébration. En plus des enjeux financiers, les organisateurs ont également dû faire face aux refus de certains artistes de se produire dans ce contexte, à l’image de la Turque Sertab Erener, gagnante en 2003, qui a décliné l’invitation.

