Consultations vidéo possibles pour kinés, logopèdes et sages-femmes.
La mesure permettant d’alterner des consultations en présentiel et à distance pour certaines professions de santé entrera en vigueur le premier juillet 2026. Après une première consultation en présentiel, les patients en kinésithérapie pourront bénéficier d’un maximum de deux traitements consécutifs en vidéo.
Alterner des consultations en présentiel et à distance est une évolution que le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, considère comme avantageuse tant pour les professionnels de santé que pour les patients. Il souligne qu’elle réduit le nombre de personnes qui ne se présentent pas aux rendez-vous et permet aux patients de bénéficier d’un meilleur suivi. Cette mesure entrera en vigueur le 1er juillet 2026. Quelles seront les modalités de sa mise en place et quelles sont les réactions des professionnels ?
**Sur base volontaire**
Les patients auront la liberté de choisir entre des séances en vidéo ou en présentiel, dès lors que cette option est disponible. Cependant, pour certains soins, cela ne sera pas possible, notamment pour des raisons d’âge ou de pathologie devant être suivie en personne. De plus, les praticiens ne sont pas tenus de proposer cette alternative. Une première consultation en personne sera nécessaire avant de envisager une séance vidéo.
**Chez les kinésithérapeutes**
Après la consultation en présentiel obligatoire, le patient pourra bénéficier d’un maximum de deux séances en vidéo, avant de devoir revoir le praticien. Fabienne Vandooren, directrice générale d’Axxon, associe cette évolution à une avancée significative pour le suivi des patients. Selon elle, il est pertinent de revoir les patients en vidéo pour s’assurer de la bonne réalisation des exercices prescrits, ce qui contribue à leur autonomie. Cela pourrait également résoudre des problèmes de mobilité pour les patients, particulièrement ceux ayant subi des opérations orthopédiques. Toutefois, tous les traitements de kinésithérapie ne seront pas réalisables par vidéo, comme le drainage lymphatique ou pour des patients en soins palliatifs. La télésurveillance, quant à elle, sera limitée à une durée de sept jours, sous certaines conditions.
**Chez les logopèdes**
En logopédie, après le premier rendez-vous en présentiel, un patient peut bénéficier d’un maximum de dix séances consécutives en vidéo. Les séances d’évaluation et celles collectives doivent se dérouler en présentiel. Les consultations vidéo ne sont pas permises pour les enfants de moins de quatre ans. Caroline Théate, administratrice de l’UPLF, voit d’un bon œil le retour des consultations vidéo, qui avaient été suspendues pendant la COVID. Cependant, elle trouve les règles d’honoraires déroutantes, soulignant une diminution de 18 % des honoraires pour les séances en télé-logopédie, ce qui semble injustifié selon elle. Car elle soutient que le travail demandé lors des séances à distance est équivalent, voire supérieur à celui réalisé en présentiel. La continuité des soins, surtout pour les personnes ayant des problèmes de mobilité ou vivant dans des zones reculées, est également cruciale.
**Chez les sages-femmes**
Enfin, après une première consultation en présentiel, il sera possible d’avoir au maximum deux consultations par vidéo pour les soins postnataux et la préparation prénatale, notamment en vue d’inquiétudes avant l’accouchement. Du côté de l’Union professionnelle des sages-femmes belge, l’accueil de cette mesure est mitigé. Clémence Vital, vice-présidente, souligne que si l’accès aux soins pour certaines bénéficiaires est amélioré, la profession a besoin d’une réforme fondamentale pour valoriser ses compétences et son autonomie. La capacité d’avoir des échanges privilégiés avec les sages-femmes, en particulier la nuit, est soulignée comme essentielle. La réforme pourrait offrir un cadre plus structuré à la pratique qui se fait déjà à distance, tout en reconnaissant l’importance des qualités relationnelles dans les soins.
Le cabinet du ministre n’a pas été accessible pour commenter les raisons derrière ces décisions et les préoccupations soulevées par les sages-femmes et les logopèdes concernant les honoraires.

