France

Yann Moix débouté pour « mauvaise foi » dans l’enquête sur Depardieu

Le tribunal correctionnel de Paris a débouté Yann Moix de ses accusations contre la société Hikari concernant l’utilisation d’images lui appartenant et les conditions de fabrication du reportage diffusé sur France Télévisions. Gérard Depardieu, présent lors du tournage des images en Corée du Nord, avait contesté le montage du documentaire avant de se désister de ses poursuites le 17 avril.


Nouveau développement judiciaire dans l’affaire du « Complément d’enquête » concernant Gérard Depardieu. Le tribunal correctionnel de Paris a rejeté la plainte de Yann Moix, qui accusait la société Hikari d’avoir utilisé des images qui lui appartenaient et contestait les modalités de réalisation du reportage diffusé sur France Télévisions.

L’écrivain avait intenté une action contre la société de production pour « abus de confiance » et « travail dissimulé ». Présent aux côtés de Gérard Depardieu lors de son voyage en Corée du Nord, où les images ont été filmées, Yann Moix affirmait que ce déplacement faisait partie d’un projet de fiction et que certaines séquences utilisées par Hikari lui appartenaient.

Dans sa décision, le tribunal a jugé que Yann Moix faisait « preuve de mauvaise foi » et qu’il n’était « pas propriétaire des images tournées par Hikari ». La justice a également estimé qu’« il n’y avait pas de relation de travail entre lui et cette société ». Le producteur Anthony Dufour a réagi en déclarant que « c’est une façon polie de dire que Yann Moix a menti depuis le début ». Il a précisé que « deux expertises judiciaires confirment que Gérard Depardieu sexualise une petite fille », point central du reportage.

Gérard Depardieu, qui a finalement retiré sa plainte le 17 avril, contestait aussi le montage du documentaire. Son avocat, Me Jérémie Assous, soutenait que les propos inappropriés tenus par l’acteur dans un haras nord-coréen visaient une femme adulte hors champ, et non une enfant visible à l’écran.

Me Jérémie Assous, qui représente toujours Yann Moix, a annoncé que l’écrivain allait interjeter appel « de l’ensemble des dispositions civiles ». Selon lui, cette nouvelle démarche permettra à la cour d’appel d’examiner « des éléments et précisions non portés à la connaissance du tribunal ». La société Hikari, son directeur Anthony Dufour, ainsi que France Télévisions ont également été déboutés de leur demande de dommages et intérêts, le tribunal ayant considéré que Yann Moix n’avait pas agi avec l’intention de nuire.

Diffusé sur France Télévisions, le reportage « La Chute de l’ogre » avait suscité une vive réaction médiatique. En plus des propos sexistes attribués à Gérard Depardieu, la comédienne Charlotte Arnould avait réitéré ses accusations de viol, tandis que plusieurs femmes avaient témoigné d’agressions sexuelles.