Belgique

La revue de presse : Taïwan, art-washing, homophobie, et c’est vendredi

En 2018, 7,4% des jeunes Belges jugeaient acceptable la violence envers les homosexuels. Ce chiffre, en 2023, est passé à 18,3%.


Donald Trump à Canossa ? (La Libre.)

« Il est trop tôt pour tirer les enseignements de la rencontre au sommet entre Xi Jinping et Donald Trump, qui s’achèvera ce vendredi à Pékin. Tout en pensant qu’elle ne suffira pas à apaiser les tensions entre les deux pays, d’aucuns se réjouissent au moins qu’elle ait lieu. »

Pour autant, et on le comprend en lisant le titre de cet édito, La Libre s’interroge : « Doit-on en conclure que Donald Trump est allé à Canossa ? Le Président ne va sans doute pas s’humilier devant son adversaire – du moins consciemment. Il ne manque pas d’atouts pour imposer une négociation mutuellement avantageuse. »

« La crise internationale qu’il a créée, et qui l’affaiblit, expose le président américain à la nécessité de jeter du lest. Xi Jinping l’a pressenti en mettant la pression sur le dossier taïwanais. Il sait que, fondamentalement, le président américain ne doit guère s’en soucier – pas plus qu’il ne tient vraiment à défendre l’Ukraine contre l’agression russe. Cela peut donc constituer un gain aussi facile pour l’un que ne le serait la concession pour l’autre. »

Inquiétant pour Taïwan, lourd de conséquence pour la région, et le reste du monde, conclut La Libre.

Kan een Israëlische kunstenaar nog buiten het politieke conflict blijven ? (De Standaard.)

« Avec sa guerre à Gaza et ses actions en Cisjordanie, Israël continue de susciter de vives réactions et de diviser le monde culturel. La semaine dernière, des artistes ont fait grève et des pays ont fermé leur pavillon à la Biennale de Venise, en signe de protestation contre la présence d’Israël. Cette semaine, le Concours Eurovision de la Chanson a débuté avec cinq pays en moins, en raison du mécontentement suscité par la participation d’Israël. Trois administrateurs de Bozar (Bruxelles) ont démissionné en raison de la venue d’un chef d’orchestre, l’Israélien Lahav Shani. »

D’où cette question du quotidien : « un artiste (israélien) peut-il encore rester en dehors du conflit politique ? »

Dès lors que l’on estimerait légitime de boycotter Israël pour son comportement militaire à l’encontre de ses voisins, la question, résume De Standaard, serait alors de se demander si un artiste se confond avec le pays dont il est originaire, s’il est responsable des actes du régime. Il est des cas (Eurovision, Biennale) où c’est l’État lui-même qui est mis en avant. Il en est d’autres, où c’est l’artiste. Le critère paraît simple. L’appliquer, à toutes les hypothèses, est complexe : le chef de l’orchestre philharmonique d’Israël est-il présent en tant qu’artiste ou que représentant de son État ?

Marteling bij daglicht. (De Morgen.)

« En 2018, 7,4% des jeunes Belges jugeaient acceptable la violence envers les homosexuels. Ce chiffre, en 2023, est passé à 18,3%. »

Récemment, la Flandre a été confrontée à une vidéo. On y voit Maro (14 ans) contraint par des camarades (?) de son âge, de s’agenouiller. De présenter ses excuses parce qu’il est bisexuel. Puis se faire rosser au visage.

Que des médias aient pu titrer violence probablement homophobe en dit long, estime De Morgen. Comment devrait-on d’autres qualifiés cela ? Une séance de torture publique, infligée à un adolescent bi ? Il est temps de nommer les choses telles qu’elles sont.

Notre société devient de plus en plus homophobe. Sous le coup des imams extrémistes. Sous la férule d’Andrew Tate masculiniste et d’autres conservateurs fous. L’indignation des politiques flamands n’est pas très utile. Ce qui importe, c’est de mettre en place un suivi des violences à l’encontre des personnes queer. Un plan de prévention. Et un soutien solide de la société civile au monde de l’éducation.