Voyage de Donald Trump en Chine : les géants de la tech présents à Pékin.
Donald Trump se rend en Chine du 13 au 15 mai avec une délégation de géants de la tech, comprenant Jensen Huang, Tim Cook, Kelly Ortberg et Elon Musk. La Chine contrôle 70% de la production et 90% du raffinage mondial des terres rares, un élément crucial pour de nombreuses chaînes de production.
Jensen Huang (Nvidia), Tim Cook (Apple), Kelly Ortberg (Boeing), Elon Musk (X, Tesla, Space X)… Une véritable délégation de géants de la technologie accompagne Donald Trump lors de son voyage en Chine, prévu du 13 au 15 mai, le premier d’un président américain dans le pays depuis 2017.
L’objectif de ce sommet, clairement énoncé par la Maison-Blanche, est de pousser la Chine à « s’ouvrir » aux entreprises américaines et à favoriser le dialogue sur des enjeux économiques majeurs tels que les barrières commerciales, le développement de l’intelligence artificielle et la stabilité géopolitique.
Depuis l’instauration de nouvelles taxes par Donald Trump, les exportations chinoises vers les États-Unis diminuent fortement. En seulement deux ans, la part des biens manufacturés en Chine dans les importations américaines est tombée de 13,8 % à 7,8 %, selon Les Échos. Cependant, les deux pays demeurent économiquement interdépendants, et les entrepreneurs qui font partie de la délégation présidentielle ont plusieurs requêtes à formuler.
Pour Kelly Ortberg, PDG de Boeing, un méga-contrat est en jeu : il s’agit d’une des plus importantes ventes de son histoire, avec une commande de 500 avions 737 Max ainsi qu’une centaine de gros-porteurs (787 Dreamliner et 777).
Tim Cook, à la tête d’Apple depuis 2011 et qui transmettra le flambeau à John Ternus en septembre, sait que l’avenir d’Apple est indissociable de la Chine. En effet, la quasi-totalité de la production des appareils de la marque est réalisée en Asie, principalement en Chine. Apple reste également leader des ventes de téléphones mobiles dans ce pays de près de 1,5 milliard d’habitants, malgré la concurrence accrue d’Huawei. Il est donc crucial de maintenir une bonne relation avec le président Xi Jinping.
Ce sommet marque également le retour d’Elon Musk aux côtés du président américain, symbolisant un apaisement des tensions entre les deux hommes. L’enjeu est significatif pour le fondateur de Space X et Tesla, car la Chine représente le premier marché automobile mondial et un marché essentiel pour Tesla, qui cherche à stabiliser ses activités face à la concurrence de fabricants chinois comme BYD, qui a récemment surpassé Tesla en termes de ventes de véhicules électriques.
Contrairement aux attentes de Donald Trump, Pékin aborde ce sommet avec une position de force. La Chine est relativement épargnée par la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient grâce à ses réserves de pétrole et à la diversification de ses approvisionnements, bien qu’elle n’ait pas intérêt à voir la situation dans le Golfe se prolonger. Pendant ce temps, Washington est enlisé dans ce conflit, ce qui permet à Pékin de renforcer son image sur la scène diplomatique.
Économiquement, même avec une baisse des exportations vers les États-Unis, la Chine continue de bénéficier d’un excédent commercial d’environ 200 milliards de dollars, d’après des chiffres de la Maison-Blanche. Cet excédent est un déficit que le président américain souhaite réduire, notamment par le biais de droits de douane.
En outre, Donald Trump se retrouve affaibli sur le plan interne, sous la pression croissante des élections de mi-mandat qui se tiendront en novembre. La Cour suprême et d’autres tribunaux américains ont limité sa capacité à imposer des droits de douane à sa guise pour les produits en provenance de Chine et d’autres pays.
Un autre enjeu majeur concerne les terres rares, pour lesquelles la Chine détient un quasi-monopole, contrôlant 70 % de la production et 90 % du raffinage à l’échelle mondiale. Xi Jinping en est bien conscient.
Malgré tout, les deux parties souhaitent prolonger la trêve commerciale mise en place en octobre dernier, lorsque Donald Trump a suspendu les droits de douane de plus de 100 % sur les produits chinois et que Xi Jinping a levé certaines restrictions sur l’exportation de terres rares cruciales pour diverses chaînes de production mondiales.
Donald Trump devra donc faire des concessions pour obtenir ce qu’il recherche, tandis que le président chinois devrait également aborder la question sensible de Taïwan. Xi Jinping a averti son homologue américain que la Chine et les États-Unis pourraient entrer en « conflit » si Washington ne gérait pas correctement la question taïwanaise, selon la télévision d’État.
La question de Taïwan est source de tension à l’ouverture de ce sommet sino-américain et représente une priorité pour le président chinois, alors que les États-Unis continuent d’armer l’île, que Pékin souhaite reprendre sous son contrôle. La Chine considère Taïwan comme une de ses provinces, qu’elle n’a pas pu unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle prône une solution pacifique mais ne renonce pas à l’option militaire. La politique américaine envers Taïwan se fonde sur un soutien militaire solide à l’île, sans reconnaissance officielle ni soutien explicite à ses aspirations d’indépendance.
Il est à noter que ce petit État insulaire, situé à 180 km de la Chine, représente un enjeu économique considérable, non pas pour ses ressources naturelles, mais pour son industrie électronique et ses activités maritimes et financières. C’est notamment là que se trouve TSMC, le plus grand fabricant mondial de semi-conducteurs, indispensables pour l’industrie de l’intelligence artificielle, qui assemble la nouvelle génération de puces pour Nvidia. Son directeur général, Jensen Huang, qui a rejoint le voyage à la dernière minute, devrait porter une attention particulière à ce sujet.

