Tunisie

Tunisie : débat sur la limitation de prescription des antidiabétiques modernes

Les associations et sociétés savantes tunisiennes de médecine générale et de médecine de famille ont demandé, ce mercredi, la révision de la décision de l’ANMPS du 26 décembre 2025, qui restreint la prescription du sémaglutide (Ozempic) à cinq spécialités médicales. D’après le communiqué, l’ANMPS a précisé que la spécialité Ozempic est mise à disposition dans les pharmacies d’officine et que sa prescription est réservée aux médecins spécialistes des disciplines suivantes : endocrinologie, médecine interne, cardiologie, néphrologie, nutrition et maladies nutritionnelles.


Les associations et sociétés savantes tunisiennes de médecine générale et de médecine de famille ont demandé, ce mercredi, une révision de la décision de l’Agence Nationale du Médicament et des Produits de Santé (ANMPS) datée du 26 décembre 2025, qui limite la prescription de certains antidiabétiques de nouvelle génération, en particulier le sémaglutide (Ozempic), à seulement cinq spécialités médicales.

Dans un communiqué conjoint publié après leur réunion du 10 mai dernier à Hammamet, ces organisations réclament l’ouverture de discussions scientifiques et institutionnelles élargies afin d’évaluer les modalités les plus appropriées pour encadrer la prescription des médicaments innovants, dans l’intérêt des patients et pour le bon fonctionnement du système de santé national.

Elles affirment par ailleurs leur engagement envers une médecine accessible, équitable et fondée sur les compétences, au service de l’intérêt supérieur des patients.

Les associations et sociétés signataires estiment que la décision de l’ANMPS est anti-déontologique et scientifiquement infondée, nuisant à l’accès aux soins.

« Le médecin de première ligne joue un rôle central dans le système de santé tunisien, acteur de proximité et premier recours des patients, il assure quotidiennement le dépistage, le suivi, l’éducation thérapeutique et la coordination des soins des maladies chroniques, notamment du diabète », précise le communiqué.

« L’implication du médecin de première ligne constitue un élément essentiel de la continuité et de l’efficacité du parcours de soins », ajoute la même source.

De plus, les associations et sociétés s’interrogent sur les réelles motivations de cette restriction, qui semble, selon le communiqué, favoriser une logique de cloisonnement des compétences au détriment de l’intérêt du patient, de l’efficacité du système de santé et de la stratégie du ministère de la Santé visant à renforcer les soins de première ligne dans la prise en charge des maladies chroniques.

Selon le communiqué, la décision de l’ANMPS remet en question l’accès équitable des patients aux traitements innovants, les principes fondamentaux de la déontologie médicale, la liberté de prescription, et l’égalité entre praticiens.

Il est important de rappeler que, dans un communiqué publié le 04 mai dernier, l’ANMPS a indiqué qu’après l’introduction sur le marché tunisien de l’Ozempic (sémaglutide), et conformément aux décisions issues de la réunion thématique du 09 décembre 2025 ainsi qu’à l’avis du Comité Technique des Spécialités Pharmaceutiques (CTSP) du 16 décembre 2025, les modalités d’encadrement de la prescription, de la délivrance et de la surveillance de ce médicament visent à garantir son usage rationnel et sécurisé, à prévenir tout détournement d’usage, à protéger les patients diabétiques et à renforcer la sécurité sanitaire par un suivi réglementaire rigoureux.

L’ANMPS a précisé que l’Ozempic est disponible uniquement dans les pharmacies d’officine et que sa prescription est strictement réservée aux médecins spécialistes dans les cinq disciplines suivantes : endocrinologie, médecine interne, cardiologie, néphrologie, nutrition et maladies nutritionnelles.