Belgique

Eye Haïdara et Hugues Dayez au gala d’ouverture du Festival de Cannes.

Eye Haïdara a joué le rôle de l’assistante de Jean-Pierre Bacri dans le film « Le sens de la fête ». Elle a récemment été vue dans le drame « La maison des femmes » et apparaîtra dans la comédie « L’objet du délit » d’Agnès Jaoui, présentée hors compétition au Festival de Cannes.


Pour le grand public, Eye Haïdara est surtout connue pour son rôle d’assistante de Jean-Pierre Bacri dans le film « Le sens de la fête » d’Eric Tolédano et Olivier Nakache, qui est sans conteste l’une des comédies les plus remarquables de ces dix dernières années.

Récemment, on a pu la voir dans le drame « La maison des femmes ». Les festivaliers cannois auront l’occasion de la découvrir dans « L’objet du délit », la nouvelle comédie d’Agnès Jaoui présentée hors compétition sur la Croisette.

Avant l’interview avec Eye Haïdara, on s’attendait à rencontrer une artiste exubérante et extravertie. Cependant, on découvre une femme très posée, presque timide. Elle se révèle surtout être une travailleuse acharnée, préparant ses rôles en cherchant à comprendre le passé de ses personnages.

Eye Haïdara déclare : « Je fais toujours ça. J’ai même besoin de savoir ce qu’ils vont faire après. Ça n’intéresse peut-être plus grand monde. Et puis, c’est toujours bien de soi-même se faire son idée. C’est pour ça que je le garde pour moi. Mais en tout cas, j’ai besoin que ce soit solide, que son passé soit solide, que là d’où elle vient soit solide. Moi, j’ai toujours comparé le cinéma à de la peinture. Pour moi, les scénarios, c’est un peu des peintures de la société. J’aime aussi quand ces peintures sont plus ou moins universelles en tout cas, que du monde puisse s’y retrouver. Ça, ça me plaît aussi. Et après, bien sûr, on regarde aussi qui est-ce qui nous l’a envoyé. Ça compte beaucoup parce que ça permet aussi de se faire une idée des intentions. Souvent, on ne lit pas les scénarios de la même façon. La personne qui nous l’envoie compte beaucoup. »

Elle fait également référence à d’autres acteurs : « Il y a des acteurs qui enchaînent les tournages de manière presque frénétique parce que parfois, ils ont un peu peur du quotidien, ça les emmerde. Alors que je connais d’autres acteurs ou actrices qui tournent moins et qui disent : j’ai énormément besoin de me nourrir de la vraie vie entre chaque tournage pour me remplir et pour avoir quelque chose à donner. Vous faites plutôt partie de quelle école si j’ose dire ? »

Eye Haïdara répond : « C’est difficile de répondre à cette question parce que souvent on a des périodes où justement il y a des scénarios qui arrivent et on ne sait pas les refuser. Et en même temps quand on est sur un plateau, il y a tellement de vie. Vous savez, sur un plateau, il y a plein d’équipes, c’est une microsociété en soi. Tourner me nourrit aussi énormément. Passer du temps sur un tournage, regarder les gens travailler, écouter les soucis des uns et des autres, voir comment on compose, comment on s’adapte à chacun. Tout ça aussi, ça me nourrit. Maintenant, je ne suis pas du tout de la team ‘on enchaîne les tournages’ parce que j’ai peur d’affronter mon quotidien, loin de là. J’aime aussi prendre du temps pour moi, j’aime aussi me nourrir. Mais ce n’est pas quelque chose qu’on contrôle réellement. Je ne serais pas honnête de vous dire que je peux contrôler ça. Non, là, je préfère me nourrir. Ce film est super, mais je vais le laisser de côté parce que j’ai besoin. Non, je ne peux pas vous dire ça. »