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Saad Lamjarred, superstar marocaine, jugé à nouveau pour viol à Var.

Anne, aujourd’hui âgée de 37 ans, se prépare à un rendez-vous judiciaire concernant un dossier qui traîne depuis près de huit ans, depuis 2018. Saad Lamjarred, 40 ans, est jugé à partir de ce lundi devant la cour d’assises du Var, à Draguignan, pour répondre du viol d’Anne, qu’il aurait commis près de Saint-Tropez.


C’est un dossier qui dure depuis presque huit ans. Une éternité pour Anne*, âgée de 37 ans, qui se prépare à ce rendez-vous judiciaire depuis 2018. « Ma cliente attend avec impatience que ça se termine, ça commence à faire long », confie à 20 Minutes Me Dominique-Jean Lardans, son avocat. Après un renvoi en décembre dernier en raison de l’état de santé de la présidente, Saad Lamjarred, 40 ans, est jugé à partir de ce lundi devant la cour d’assises du Var, à Draguignan. Le chanteur marocain aux milliards de vues sur YouTube doit répondre du viol de cette ancienne barmaid commis près de Saint-Tropez.

Le 26 août 2018, Anne a croisé Saad Lamjarred dans le restaurant d’une discothèque. La jeune femme ne reconnaît pas l’artiste qui lui propose avec insistance d’aller boire un verre à son hôtel. L’interprète du tube Lmaallem est pourtant une pop star admirée au Maroc et célèbre dans tout le monde arabe. Avec ses yeux marron expressifs, son sourire charmeur et sa barbe finement taillée, elle le trouve séduisant et finit par accepter sa proposition. Tous deux ont consommé beaucoup d’alcool : les analyses toxicologiques réalisées peu après les faits indiquent un taux d’alcool de 1,2 à 1,4 g/L pour elle et de 1,6 à 1,8 g/L pour lui. En quittant la soirée, ils prennent place à bord d’un VTC, sans incident durant le trajet.

Cependant, une fois la porte de la chambre franchie, leurs versions des événements divergent fortement. Anne a déclaré aux gendarmes, lors de sa plainte, avoir refusé un baiser de Saad Lamjarred sur le balcon. Selon elle, il l’aurait alors conduite dans la chambre avant de la pousser « brutalement » sur le lit. Elle affirme qu’il l’a déshabillée et violée, la maintenant par les poignets alors qu’elle était « tétanisée » et « incapable de lui résister physiquement ».

Lui soutient que la relation a été consentie et affirme que la jeune femme a elle-même retiré son pantalon. Le quadragénaire « clame son innocence » et « attend avec impatience que justice lui soit enfin rendue », ont déclaré ses avocats, Me Christian Saint-Palais et Me Zoé Royaux, qui n’ont pas répondu aux demandes de 20 Minutes.

L’accusation s’appuie notamment sur le témoignage d’une amie d’Anne, qui a reçu deux SMS d’appel à l’aide : « viens me chercher, viens vite », écrit notamment la jeune femme dans l’un d’eux. Cette amie a raconté aux enquêteurs avoir retrouvé Anne « le regard vide ». Elle était « sans vie, sans expression ». « Je ne l’avais jamais vue comme ça. » Deux experts, ayant examiné la plaignante, ont détecté un « stress post-traumatique avéré ».

Pour Me Dominique-Jean Lardans, l’enjeu de ce procès est immense. « Ma cliente veut voir confirmer les éléments de la plainte qu’elle a déposée contre M. Lamjarred, qui a déjà fait parler de lui dans ce genre de situations », explique-t-il. Ce n’est pas la première fois que le chanteur a des problèmes avec la justice concernant son comportement envers les femmes.

En 2023, il a été condamné à six ans de prison par la cour d’assises de Paris. Laura P., une jeune femme rencontrée dans une boîte de nuit parisienne, l’a accusé de l’avoir violée et frappée en 2016 dans une chambre d’un palace à Paris. Il a fait appel de cette décision. Ce nouveau procès, qui devait se tenir en juin à Créteil, a été reporté sine die. Depuis, Laura P. et cinq autres personnes ont été jugées pour avoir tenté d’extorquer trois millions d’euros à l’artiste. Elle a été relaxée, contrairement à ses coaccusés qui ont écopé de peines allant de six mois avec sursis à deux ans de prison.

Il a également été impliqué dans des affaires similaires, qu’il a toujours contestées, en 2015 au Maroc, ou encore en 2010 aux États-Unis. Dans ce dernier cas, les poursuites ont été abandonnées après une transaction avec la victime, dont le montant n’a pas été révélé. Me Dominique-Jean Lardans assure qu’il y a eu des tentatives d’étouffer cette affaire durant l’instruction : « Un ami du prévenu a tenté de proposer un peu d’argent contre le silence de notre cliente. »

L’accusation devra aussi prendre en compte la position modérée du ministère public sur ce dossier. Lors de l’instruction, le parquet avait d’abord requis un non-lieu avant que la chambre de l’instruction d’Aix-en-Provence ne confirme le renvoi devant les assises, soulignant que le fait de pénétrer dans la chambre d’un homme ne vaut pas consentement. « Je crains effectivement que le parquet de Draguignan ne soit encore dans les mêmes options, mais c’est la cour qui jugera », avance Me Lardans. Face à elle, Saad Lamjarred jouera une fois de plus sa carrière et sa liberté.

*Le prénom a été modifié.