« Flottille pour Gaza » : Israël ne libère pas les deux militants détenus
Les deux militants de la « flottille pour Gaza », Saif Abu Keshek et Thiago Avila, ont été relâchés ce dimanche, dix jours après leur arrestation par l’armée israélienne le 30 avril. Selon l’organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, des « mauvais traitements » ont été infligés aux deux hommes durant leur incarcération à Ashkelon.
Ils sont désormais libres, dix jours après leur arrestation. Les deux militants de la « flottille pour Gaza », appréhendés par l’armée israélienne la semaine dernière près des côtes grecques, ont été relâchés ce dimanche, d’après une annonce du ministère israélien des Affaires étrangères.
Le 30 avril, l’armée israélienne avait interpellé environ 175 militants de la « flottille pour Gaza » dans des eaux internationales. Ceux-ci avaient ensuite été remis à la Grèce, à l’exception de l’Espagnol Saif Abu Keshek et du Brésilien Thiago Avila, qui avaient été emmenés en Israël car soupçonnés de liens avec le Hamas palestinien, selon les autorités.
### Une arrestation condamnée à l’international
« Après la fin de l’enquête, Saif Abu Keshek et Thiago Avila, les deux provocateurs professionnels […], ont été expulsés aujourd’hui d’Israël », a déclaré ce dimanche le ministère sur X. Il n’a pas mentionné les accusations d’« affiliation à une organisation terroriste », qui avaient conduit à ce que les deux hommes passent plus d’une semaine en prison.
Leur arrestation, réalisée à des centaines de kilomètres des côtes israéliennes, qualifiée d’« illégale » et « hors de toute juridiction » par l’Espagne, a suscité des condamnations internationales, l’ONU demandant leur « libération immédiate ».
Israël a réaffirmé qu’il ne « permettra aucune violation » du blocus maritime de Gaza. D’après les organisateurs, la « flottille pour Gaza », qui comptait initialement une cinquantaine de bateaux, avait pour objectif de briser le blocus israélien et d’acheminer de l’aide humanitaire vers l’enclave palestinienne durement touchée par la guerre.
### Des « mauvais traitements » dénoncés
Durant leur incarcération à Ashkelon, dans le sud d’Israël, l’organisation israélienne de défense des droits humains Adalah a dénoncé les « mauvais traitements » et « abus psychologiques » subis par les deux hommes. Elle a évoqué des interrogatoires d’une durée de huit heures, une lumière intense en cellule 24h/24, un isolement total et des déplacements systématiquement les yeux bandés, même lors des visites médicales. Les autorités israéliennes ont rejeté ces accusations.
Saif Abu Keshek, d’origine palestinienne, et Thiago Avila ont nié tout lien avec le Hamas. Ils avaient débuté une grève de la faim dès le commencement de leur incarcération. La justice israélienne avait validé deux prolongations de leur détention afin de permettre des interrogatoires plus longs par la police.
Ceci constitue la deuxième tentative de la flottille mondiale Sumud (« résilience » en arabe) d’accéder à la bande de Gaza. La précédente initiative avait été interceptée l’année dernière par les forces israéliennes près des côtes égyptiennes et gazaouies, et ses militants avaient été transférés en Israël avant d’être rapidement expulsés.

