Nouvelle-Calédonie : Interdiction de vente d’alcool avant 2024
Les autorités en Nouvelle-Calédonie ont pris ce samedi un arrêté interdisant la vente d’alcool dans l’archipel à partir de lundi et pour une semaine. Le corps électoral est actuellement gelé à l’année 1998, et pour pouvoir voter, il faut donc être arrivé en Nouvelle-Calédonie avant 1998, mais également justifier de 10 ans de résidence à cette date ou avoir un de ses parents remplissant ces conditions.
Les autorités de Nouvelle-Calédonie ont annoncé ce samedi un arrêté interdisant la vente d’alcool dans l’archipel à partir de lundi et pour une semaine. Cette mesure intervient à l’occasion du deuxième anniversaire des violences meurtrières survenues en 2024, alors que le sujet sensible du corps électoral revient au premier plan. Les bars et restaurants auront toutefois le droit de servir leurs clients, mais la vente à emporter sera proscrite, tout comme la consommation d’alcool dans les lieux publics.
Cette décision a été prise « à la veille du deuxième anniversaire des exactions du 13 mai 2024 », qui ont causé la mort de 14 personnes, comme l’a précisé le Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie dans un communiqué, alors que des manifestations sont déjà annoncées. La Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), à l’origine des mobilisations contre l’ouverture du corps électoral, qui avait conduit à des émeutes, a appelé à se rassembler le 13 mai.
Pour ce mouvement, qui fait partie du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), il est essentiel de commémorer « cette séquence tragique » tout en dénonçant l’ouverture partielle du corps électoral pour les élections provinciales prévues le 28 juin, comme l’a annoncé le Premier ministre.
Dans une allocution publiée vendredi sur les réseaux sociaux, Sébastien Lecornu a indiqué que le gouvernement allait soumettre « au Parlement un texte organique qui permettra, s’il est adopté, d’inclure les natifs ainsi que les conjoints des électeurs dans le corps électoral provincial ». La CCAT a déclaré dans un communiqué diffusé vendredi : « Le 13 mai 2026, nous marquerons notre désaccord ferme avec ce énième passage en force qui, sous couvert de démocratie, constitue un grave recul sur les engagements de l’Etat pour la décolonisation. »
Le corps électoral, un enjeu crucial dans cet archipel du Pacifique Sud d’environ 260.000 habitants, est géré selon un gel établi en 1998. Pour voter, il est nécessaire d’être arrivé en Nouvelle-Calédonie avant cette date et de justifier de 10 ans de résidence à ce moment-là, ou d’avoir un parent qui remplit ces conditions. Si le texte est rejeté, le scrutin du 28 juin se déroulera avec le corps électoral actuel.

