La Pologne ne cesse de s’affirmer sur le marché mondial des jeux vidéo.
La Pologne a généré un chiffre d’affaires de 1,293 milliard d’euros en 2024, selon Game Industry Conference. En France, le marché du jeu vidéo est évalué à 5,6 milliards d’euros en 2024, selon le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL).

The Witcher 3 : Wild Hunt, Cyberpunk 2077 et la série Dying Light ont un point commun : ils sont tous développés par des studios polonais. En deux décennies, la Pologne est devenue un acteur clé de l’industrie mondiale du jeu vidéo. Selon la Game Industry Conference, le pays a généré un chiffre d’affaires de 1,293 milliard d’euros en 2024.
En France, d’après le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL), le marché du jeu vidéo est évalué à 5,6 milliards d’euros en 2024, dont près de la moitié est liée aux consoles. Avec le lancement de The Blood of Dawnwalker, premier jeu du studio Rebel Wolves et mis en avant comme le RPG incontournable de cette fin d’année, ainsi que l’arrivée prévue de The Witcher 4, la Pologne renforce son empreinte dans le secteur.
Une évolution rapide du secteur du jeu vidéo en Pologne
Pour saisir comment la Pologne est devenue l’un des principaux acteurs du jeu vidéo en Europe et dans le monde, remontons à ses débuts. Tout commence dans les années 1960 lorsque le programmeur polonais Bogdan Miś développe le jeu Xs and Os, conçu avec un oscilloscope et le XYZ Computer, le premier ordinateur fabriqué en Pologne. Quelques années plus tard, entre 1962 et 1963, l’ingénieur Witold Podgórski crée Marienbad, le premier jeu vidéo sur l’Odra 1003, un « PC gaming » polonais. Ce jeu n’était pas commercialisé, car le marché polonais des ordinateurs personnels n’existait pas encore à l’époque.
Cependant, Marienbad, considéré comme un modèle scientifique unique, a permis à l’industrie du jeu vidéo de connaître l’une des plus rapides croissances de l’histoire polonaise. D’après l’Agence polonaise pour le développement des entreprises (PARP), le premier jeu vidéo commercialisé dans le pays semble être apparu en 1986, à savoir Pandora’s Box, développé par Marcin Borkowski. Les années 90 voient l’émergence des premières compagnies dédiées à la création de jeux vidéo telles que LK Avalon ou Mirage Software. Cet engouement pour le jeu vidéo a donné naissance à une communauté investie dans la création, la programmation et la publication de jeux polonais. Dans la seconde moitié des années 90, l’industrie du jeu vidéo entre dans une phase de professionnalisation, s’affirmant sur le marché local et commençant à s’internationaliser, notamment avec des jeux comme A.D. 2044 (1995), Katharsis (1996) ou encore Reah : Fortress of Hope (1996).
Le début du XXIe siècle, un tournant décisif
Alors que les premiers studios comme LK Avalon ou Mirage Software peinent à s’adapter à la révolution technologique, d’autres entreprises émergent, dotées d’ambitions plus importantes. Les compétences des développeurs s’améliorent et les équipes s’agrandissent, tous les indicateurs sont au vert. Les années 2000 voient donc l’émergence de studios désormais emblématiques, parmi lesquels Techland, People Can Fly, et surtout CD Projekt RED, filiale de CD Projekt créée en 1994.
CD Projekt RED, à l’instar des autres studios mentionnés, a conquis le marché du jeu vidéo avec des titres tels que Dead Island (2011, Techland, 3 millions de copies), la série Dying Light (Techland, 6 millions d’exemplaires pour deux jeux), la saga The Witcher (CD Projekt, 85 millions de copies pour trois jeux) et Cyberpunk 2077 (CD Projekt, 35 millions de copies).
Les années 2010 marquent de surcroît la domination de la Pologne en Europe, le pays devenant le principal marché de production de jeux vidéo dans la région centrale et orientale. Plus de 90 % des titres sont exportés à l’étranger, notamment vers les États-Unis, l’Allemagne, la Chine et la France. Ce phénomène a donc naturellement attiré des développeurs du monde entier, et la Pologne est ainsi devenue un pôle international pour la création de jeux vidéo.

