Drogues en Tunisie : les pharmaciens réclament des soins plutôt que la prison.
La Commission de la législation générale de l’Assemblée des représentants du peuple a écouté jeudi les représentants des pharmaciens sur une proposition de loi portant révision de la loi n° 1992-52 relative à la lutte contre les infractions en matière de stupéfiants. Les présidents du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie et du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie ont affirmé que les peines d’emprisonnement seules ne constituent pas une réponse suffisante.
La Commission de la législation générale de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a auditionné jeudi les représentants des pharmaciens concernant une proposition de loi visant à réviser la loi n° 1992-52 relative à la lutte contre les infractions en matière de stupéfiants. Cette révision prône une approche alliant prévention, soins et répression ciblée.
Les présidents du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT) et du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) ont souligné que les peines d’emprisonnement seules ne constituent pas une réponse adéquate. Ils ont appelé à un assouplissement des sanctions privatives de liberté pour les consommateurs souhaitant se soigner, tout en demandant un renforcement des peines à l’égard des trafiquants et des réseaux criminels organisés.
Les deux organisations professionnelles ont également alerté sur l’évolution rapide des drogues de synthèse, qui sont difficiles à détecter par les analyses conventionnelles, ainsi que sur le détournement de certains médicaments à propriétés addictives. Elles ont demandé un meilleur contrôle sur leur distribution et une mise à jour des tableaux des psychotropes.
De plus, elles ont signalé que la loi n° 1969-54 relative aux substances toxiques est inadaptée aux réalités actuelles, regrettant le manque de protection juridique qu’elle accorde aux professionnels de la pharmacie.
Les représentants des pharmaciens ont proposé d’autoriser des traitements volontaires à plusieurs reprises, en raison du faible taux de guérison.
Au cours du débat, plusieurs députés ont plaidé pour maintenir, voire durcir, les peines contre les consommateurs afin de protéger les établissements scolaires et les quartiers résidentiels. D’autres ont soutenu une approche thérapeutique, considérant le consommateur comme un malade, et ont demandé la création de centres régionaux spécialisés pour la prise en charge psychologique et sociale.
Il a été unanimement souligné que la lutte contre ce phénomène nécessite une coordination étroite entre les secteurs sécuritaire, sanitaire, éducatif, social et culturel, dans le cadre d’une stratégie nationale cohérente et multidimensionnelle.

