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Test de la Sonos Play : l’enceinte portable aux deux atouts majeurs

La Sonos Play mesure 19 × 11 × 7,6 cm pour un poids de 1,3 kg. Elle est vendue au prix de 349 euros.

Sonos Play
L’enceinte Sonos Play // Source : Tristan Jacquel

Durant un long moment, Sonos a été synonyme de son domestique. Les enceintes étaient filaires et dépendantes du réseau Wi-Fi à domicile. Avec les modèles Roam et Move, la marque a évolué vers une nouvelle approche : intégration de batteries, connectivité Bluetooth, et portabilité. Avec la Sonos Play, cette démarche est poussée encore plus loin, car son format est plus compact et accessible en comparaison avec la Move 2, qui est la première grande enceinte portable.

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C’est une avancée positive, non seulement pour la portabilité. Sonos entre en compétition avec des marques comme JBL et Sony, avec un atout que ses rivales n’ont pas : une identité sonore uniforme et appréciée, bâtie autour d’un haut-parleur de basse et d’un tweeter. Une enceinte Sonos a une sonorité identifiable, où seul son format influence l’intensité et la puissance des sons.

Avec la Play, Sonos présente une enceinte adaptée aussi bien à un usage domestique qu’à une utilisation nomade, ayant un format compact, dérivé de la grande Move 2. Cependant, quelques compromis acoustiques ont été nécessaires. Voici tous les détails.

Sonos PlaySpécifications techniques

Ce test a été effectué avec une enceinte prêtée par Sonos.

Sonos PlayDesign : petite sœur de la Move 2

Sur le plan esthétique, la Play est clairement une Sonos véritable. La parenté avec la Move 2 est manifeste. On retrouve la même forme cylindrique aplatie, une construction similaire, une grille micro-perforée, et une finition soignée. Alors que la Move 2 est assez imposante avec ses 2,4 kilogrammes et 24 cm de hauteur, la Play se situe dans une catégorie différente : 19 x 11 x 7,6 cm pour 1,3 kg. Elle se manie facilement à une main, peut se glisser dans un sac et s’attache aisément grâce à une petite boucle en silicone.

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Elle est disponible en noir et blanc, dans des nuances mates. La base de l’enceinte est en silicone souple, offrant une bonne adhérence sur toutes les surfaces, sans glisser ni rayer les meubles.

La sangle intégrée sur le dessus est également en silicone, offrant une souplesse agréable, facile à déplier et à ranger, capable de supporter le poids de l’enceinte sans plier. Elle peut être utilisée à la main, autour du poignet, ou accrochée à tout support : une branche, un crochet, une barre de tente.

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À l’arrière, on trouve un bouton d’alimentation, un autre pour l’appairage Bluetooth, ainsi qu’un port USB-C pour la recharge directe, qui permet aussi une entrée audio ligne avec l’adaptateur adéquat (vendu séparément). À proximité, un petit interrupteur désactive le microphone intégré, utilisé pour la commande vocale et pour la calibration automatique Trueplay. Son extinction permet de ne pas capter en permanence les dialogues, bien que la calibration Trueplay continue de fonctionner.

Les boutons de commande, lecture/pause et volume, sont regroupés sur le dessus.

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En ce qui concerne la recharge, il existe deux options. Le socle de chargement sans fil est inclus, l’enceinte se positionne dessus et un petit aimant la centre automatiquement. Ce socle se branche en USB-C et nécessite un chargeur compatible Power Delivery (non fourni), celui du téléphone conviendra dans la plupart des cas. Pour une utilisation en extérieur avec une batterie externe, la recharge via USB-C directement sur l’enceinte est plus pratique : cela évite de transporter un socle et de risquer de l’encrasser avec du sable ou de l’humidité.

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La certification IP67 assure une résistance à l’immersion jusqu’à un mètre de profondeur durant trente minutes et offre également une protection complète contre la poussière.

Sonos PlayDesign interne : la charge close fait le travail

Sonos fabrique ses enceintes en charge close depuis sa création. C’est un choix structurel qui mérite d’être compris pour saisir son impact sur l’écoute et la restitution des basses fréquences.

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La plupart des enceintes portables sur le marché utilisent un bass-reflex, qui consiste en un évent, un tube calibré qui ouvre le volume interne vers l’extérieur. Ce tube entre en résonance et amplifie la réponse dans les basses, plus que ce qu’un seul transducteur pourrait réaliser. Cette résonance introduit cependant un décalage dans la restitution des basses fréquences : certaines basses sont produites par l’évent avec un retard par rapport à l’onde directe du haut-parleur, ce qui peut donner un grave parfois moins percutant.

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La charge close, quant à elle, ferme le volume interne. Pas d’évent, pas de tube, pas de résonance. Le haut-parleur de basse travaille contre la pression de l’air emprisonné dans le boîtier, amortissant naturellement son mouvement et préservant la rapidité des transitoires. Le grave s’étend avec moins de volume dans les basses fréquences qu’avec un bon bass-reflex, mais il est plus précis, plus contrôlé, et totalement indifférent à la position de l’enceinte. Qu’elle soit debout, couchée ou suspendue, la charge close conserve son comportement.

Sur la Play, un haut-parleur de basse gère les fréquences basses et moyennes, associé à deux tweeters pour les hautes fréquences, inclinés vers les côtés et légèrement espacés. Deux tweeters écartés créent naturellement une séparation dans les aigus, élargissant la scène sonore même avec une seule enceinte. Pour une personne écoutant sur le côté, la couverture des hautes fréquences est également améliorée.

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Enfin, trois amplificateurs numériques, un par transducteur, dirigent l’ensemble.

Sonos PlayLogiciel : l’écosystème Sonos, avec une limite à connaître

La configuration initiale de l’enceinte prend moins de cinq minutes. Il s’agit de créer un compte Sonos ou de s’y connecter, d’ajouter la Play au réseau Wi-Fi, et l’enceinte devient opérationnelle. L’interface de l’application est claire, sans trop de sous-menus.

Le multiroom Wi-Fi Sonos est le point fort de la marque. Plusieurs enceintes peuvent être synchronisées, regroupées ou assignées à des pièces distinctes avec des sources différentes. La synchronisation est précise, sans retard audible.

L’appairage stéréo entre deux Play est possible, mais avec une contrainte significative : il nécessite le Wi-Fi. Les deux enceintes doivent être connectées au même réseau pour fonctionner en paire stéréo, même lorsque la source audio provient du Bluetooth. À l’extérieur, sans accès à un réseau Wi-Fi, il n’est pas possible de créer une paire stéréo. Une seule Play fonctionnera en mode Bluetooth autonome ; la seconde sera inaccessible. Si l’utilisation principale est nomade, loin de chez soi, emporter deux Play n’a que peu d’intérêt.

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Le Trueplay est la fonction d’optimisation acoustique automatique de Sonos. Déjà présente sur d’autres enceintes de la marque, elle utilise les micros intégrés et l’accéléromètre pour analyser continuellement l’environnement acoustique et ajuster la réponse en fréquence sans intervention de l’utilisateur. Ainsi, lorsque l’enceinte change de pièce ou est posée sur une étagère plutôt que sur une table, le Trueplay effectue un recalibrage. En pratique, la balance tonale varie légèrement : un peu plus de graves, un peu plus d’aigus, selon le bruit ambiant.

Une égalisation du son est possible, mais se limite à deux curseurs : basses et aigus. Cela dit, la signature sonore de la Play est suffisamment bien calibrée pour ne nécessiter généralement pas d’ajustement.

Une option loudness est également proposée, renforçant les fréquences extrêmes à faible volume, dont l’effet s’atténue progressivement à mesure que le volume augmente. L’idée est de maintenir un équilibre fréquentiel perçu cohérent, quelle que soit l’intensité d’écoute.

Enfin, la Sonos Play est compatible avec l’assistant vocal Sonos pour démarrer de la musique, ainsi qu’avec Alexa.

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La Sonos Play sur son socle de charge // Source : Tristan Jacquel

Sonos PlayAudio : du Sonos pur sucre

On reconnait le son Sonos dès les premières notes. Pas de coloration agressive, pas de graves exagérés pour l’effet, pas d’aigus trop naturels. La Play suit cette ligne clairement.

L’impression générale est celle d’un son équilibré et homogène, qui ne cherche pas à impressionner dans les premières secondes. C’est une enceinte qui fait ses preuves sur la durée, sans chercher à séduire par une démonstration flashy. Cela dit, elle parvient à séduire instantanément.

Le grave est sa principale réussite. La charge close réalise parfaitement son travail : les transitoires sont nettes, les percussions ont du punch sans traîner, et les lignes de basse restent clairement audibles même à fort volume. On ne s’attend pas à des sous-graves qui font vibrer une enceinte de cette taille, et la Play ne prétend pas offrir cela. La profondeur s’arrête autour de 60 à 70 Hz, ce qui demeure généreux pour ce format et préserve une sensation de corps et de densité dans les basses. Les enceintes portables qui descendent trop bas sur le papier en souffrent souvent en termes de précision, mais ce n’est pas le cas ici.

Sonos Play
Le dessous de l’enceinte Sonos Play

Les médiums sont clairs, détaillés, sans coloration notable. Les voix sont bien restituées, les instruments acoustiques présentent leur texture, et les harmoniques restent distinctes. C’est dans cette plage qu’on reconnaît la qualité des transducteurs, et elle est bien présente.

Les aigus sont présents et détaillés sans être trop brillants.

La dynamique est bonne pour sa taille. La Play monte en volume sans comprimer jusqu’à environ 70 à 75 % de son maximum. Au-delà, la compression commence à se faire sentir pour protéger les transducteurs, mais ce comportement est bien géré et n’entache pas réellement le plaisir d’écoute.

Scène sonore : étroite seule, au top à deux

En mode solo, la scène sonore est logiquement limitée en largeur. Les deux tweeters écartés élargissent la dispersion horizontale d’environ 180 degrés et apportent de l’air aux aigus, mais le grave et le médium restent mono, et certains sons demeurent centrés. C’est normal.

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La Sonos Play dans ses deux déclinaisons de couleurs // Source : Tristan Jacquel

Cependant, ce qui surprend, c’est la distinction des plans sonores. Les voix se différencient clairement des instruments. Les lignes de basse n’emmêlent pas les médiums. Les aigus s’affichent sans couvrir les instruments principaux. Les transducteurs et les amplis utilisés sont clairement de très bonne qualité.

En mode stéréo avec une seconde Play (donc impérativement en Wi-Fi), l’expérience change de nature. La séparation des canaux gauche et droit est nette. Le respect de la phase acoustique sur tout le spectre est excellent : les éléments mixés au centre, comme les voix et les percussions, demeurent bien ancrés entre les deux enceintes. L’image stéréo est stable et cohérente à distance.

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Les boutons sur la face arrière de l’enceinte // Source : Tristan Jacquel

Sur un enregistrement de qualité, les deux Play offrent une image stéréo dont la précision dépasse de loin les attentes pour ce format. Pas besoin de chercher un positionnement précis, la scène sonore s’établit naturellement.

Courbe de réponse

La courbe de réponse en fréquences de la Sonos Play demeure, sans surprise, très équilibrée, avec un grave marqué à faible volume, un médium creusé pour éviter toute fatigue auditive, et une légère brillance en haut de la courbe.

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Les courbes de réponse à volume modéré (courbe bleue) et maximal (courbe rose) de la Sonos Play // Source : Tristan Jacquel

Dans le bas du spectre, le volume reste valable jusqu’à environ 60-70 Hz, ce qui est suffisant pour donner une impression de profondeur.

En dessous, l’infra-grave est peu reproduit, mais cela est normal pour une enceinte de cette taille. La différence avec la Move 2 réside précisément ici : la Play ne peut offrir l’autorité de sa grande sœur dans le bas du spectre, mais s’en sort très bien.

Vers 100 Hz, une belle bosse d’impact fournit à l’enceinte sa sensation de punch et de corps dans le grave. À faible volume, cette bosse est très perceptible et confère une impression de générosité. À fort volume, lorsque la compression entre en jeu pour préserver les transducteurs, cette bosse s’aplatit partiellement, favorisant le médium ; l’équilibre change (devenant légèrement plus froid), mais reste agréable.

Entre 200 Hz et 2 kHz (médium), la courbe est remarquablement maîtrisée, avec seulement de légères ondulations. Une bosse modérée aux alentours de 300 à 400 Hz enrichit les voix, ce qui est bienvenu.

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Concernant les aigus, leur stabilité est remarquable : ils restent presque linéaires jusqu’à 12 kHz, avec une légère brillance au-delà, apportant une finesse à la signature sonore globale.

Impressions d’écoutes

Khruangbin, « Time (You and I) » : la basse de Laura Lee est texturée, chaque note est bien définie. La guitare occupe le médium sans écraser le grave. À fort volume, l’enceinte maintient la séparation sans s’effondrer. Belle performance !

Billie Eilish, « Happier Than Ever » : la montée en puissance de la seconde partie évalue la dynamique. La Play gère cela sans saturer ni durcir. La voix reste articulée même quand les guitares distordues occupent tout le spectre.

Miles Davis, « So What » : la contrebasse de Paul Chambers est ronde, offrant assez de résolution pour distinguer les notes sans les entremêler dans le grave. La trompette de Miles Davis est précise, avec une légère brillance dans les attaques, reflétant fidèlement l’enregistrement d’origine. La Play excelle clairement dans le jazz.

Daft Punk, « Giorgio by Moroder » : un test sur le grave rapide. La Play distingue bien entre la grosse caisse et la basse synthétique sans beaucoup de confusion (ce qui est complexe, le morceau étant très compressé). Ce n’est pas un mélange indistinct et c’est déjà beaucoup. En montant le volume, la compression lisse les attaques de la grosse caisse sans dégrader la qualité globale.

Sonos PlayUne autonomie d’une journée

Sonos annonce une autonomie de vingt-quatre heures, mais il ne faut pas activer le loudness (renforcement des basses fréquences) pour espérer s’en approcher, et cela uniquement en mode Bluetooth. En utilisation réelle, à mi-volume, la mesure avec loudness activé (un réel plus à l’écoute) indique environ quatorze heures.

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Quatorze heures, c’est une journée complète sans avoir à penser à la recharge. La gestion de la batterie est bien conçue : l’enceinte diminue progressivement la puissance disponible à la fin de l’autonomie, au lieu de s’arrêter brusquement.

Le chargement sur socle est rapide, ne prenant pas plus de deux heures depuis zéro, et la recharge via USB-C directement fonctionne avec n’importe quelle batterie externe lors des déplacements.

De plus, la batterie est remplaçable par l’utilisateur, sans nécessité d’outils. Un bon point.

Sonos PlayPrix et concurrentes

La Sonos Play est commercialisée à 349 euros. C’est un prix élevé pour ce format, justifié par sa construction, son écosystème et ses performances sonores.

La JBL Charge 6 se positionne autour de 180 euros. Elle est également IP67, avec une autonomie légèrement inférieure et une compatibilité multipoint Bluetooth. La JBL est moins précise acoustiquement que la Sonos sur des enregistrements exigeants, ne fonctionnant pas en Wi-Fi, mais elle est deux fois moins chère.

La Bose SoundLink Max est vendue environ 360 euros. Sa balance tonale est proche de celle de la Sonos, mais avec un renforcement plus marqué des graves et des aigus. Elle ne peut pas non plus fonctionner en multiroom Wi-Fi.

Quant à la Sonos Move 2, elle est proposée au prix de 499 euros. Plus grosse et plus puissante, elle offre un son plus ample. Pour ceux qui recherchent la meilleure enceinte portable de la gamme et qui sont prêts à accepter un volume supplémentaire, c’est celle-ci. La Play est la réponse pour ceux qui souhaitent la même philosophie sonore dans un format plus mobile.

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