Un jour, une carte : éviter le détroit d’Ormuz est-il possible ?
L’Iran et les Émirats Arabes Unis concentrent actuellement l’attention en raison des tensions dans le détroit d’Ormuz. Il faut 10.000 camions pour remplacer un seul tanker maritime, soit environ 200 kilomètres bout-à-bout.
On abandonne les eaux entre l’Iran et les Émirats Arabes Unis ainsi qu’Oman, où l’attention est actuellement portée. Revenons sur la situation régionale pour envisager la possibilité d’échapper à ce goulet d’étranglement de l’économie et de l’énergie mondiales. En effet, au regard des événements, comme le stipulent les analystes à Bruxelles, la situation pourrait perdurer.
Avant d’atteindre le détroit d’Ormuz, le pétrole et le gaz longent les côtes du Koweït, à l’extrémité du golfe Persique, ainsi que celles de l’Irak, de l’Iran, de l’Arabie saoudite, sans oublier Bahreïn et le Qatar.
Tous ces pays producteurs d’hydrocarbures cherchent à faire transiter leur pétrole par d’autres itinéraires. Trois pipelines terrestres existent en ce sens. L’un d’eux, nommé « Est-Ouest », traverse l’Arabie d’un bout à l’autre et rejoint la mer Rouge en face de l’Égypte, avec une capacité de transport de deux à sept millions de barils par jour.
Une autre option consiste en une petite dérivation qui contourne le détroit pour se diriger directement vers l’océan Indien, avec une capacité modeste de 1,5 million de barils. Il existe aussi une sortie au nord de l’Irak vers la Turquie et les ports méditerranéens, mais cette solution est insuffisante pour atteindre les 20 millions de tonnes de barils par jour transitant par le détroit.
Des pays, tels que Taïwan ou la Corée du Sud, confrontés à une crise énergétique encore plus aiguë que celle des Européens de l’Ouest, détournent déjà leurs navires vers la mer Rouge en direction de l’Égypte.
La débrouille est donc de mise. Un véritable chaos règne depuis deux mois sur les routes, notamment en Irak, où des camions-citernes tentent de pallier la situation. Cependant, remplacer un seul tanker maritime nécessite environ 10 000 camions, soit près de 200 kilomètres en file indienne. Un conseil pour les vacances d’été : évitez cette région.
Enfin, il est important de souligner que ce ne sont pas uniquement le pétrole et le gaz qui rencontrent des difficultés de circulation dans cette zone. La transmission d’informations suit également les mêmes canaux que ceux des pipelines. Certaines multinationales, comme Amazon, Google, Meta et Microsoft, investissent dans des infrastructures de fibre optique le long des oléoducs irakiens, comme l’indique Damien Van Achter, expert des enjeux numériques.
Les bombardements effectués par l’Iran sur des centres de données d’Amazon dans la région ont compromis les applications bancaires. Les liaisons sous-marines deviennent de plus en plus précaires, tandis que les pipelines terrestres sont protégés militairement. Le transfert de données numériques nécessite donc ces corridors sécurisés.

