Tensions avec Israël et les États-Unis après renvoi de deux circonciseurs anversois en justice.
Une enquête a visé plusieurs circonciseurs de la communauté juive d’Anvers qui auraient pratiqué cet acte rituel sans être des professionnels de la santé, et deux d’entre eux sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. De Standaard rappelle que la circoncision n’est plus remboursée par l’INAMI, marquant ainsi un tournant dans la perception de cette intervention « comme ayant des conséquences non négligeables, une forme grave de mutilation (sexuelle) qui ne peut se faire sans le consentement de la personne concernée ».
Les premières tensions ont surgi lorsqu’une enquête a visé plusieurs circonciseurs de la communauté juive d’Anvers, accusés d’avoir pratiqué cet acte rituel sans être des professionnels de la santé, ce que la loi belge exige. Mercredi, il a été rapporté que deux d’entre eux doivent сравater devant le tribunal correctionnel. Cette nouvelle a de nouveau provoqué des réactions indignées, notamment en Israël. Sur X, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a accusé la Belgique de recourir au droit pénal pour poursuivre des juifs pratiquant leur religion. L’ambassadeur américain en Belgique, Bill White, a également ajouté que cela représente une « tache antisémite » sur la Belgique.
Cependant, les journaux soulignent qu’il ne s’agit pas d’interdire un rituel, mais bien d’encadrer sa pratique. De Morgen fait un parallèle avec l’abattage rituel des animaux, une comparaison également reprise par Het Laatste Nieuws, qui rappelle que l’intégrité physique des individus et des animaux est prioritaire en Belgique. Dans les deux cas, des communautés religieuses ont exprimé des plaintes. De Morgen insiste : la Belgique n’interdit pas ces rituels, mais impose une adaptation minimale et acceptable : un cadre professionnel visant à limiter les risques pour le bien-être des animaux et des personnes.
Ainsi, poursuivre ces deux circonciseurs ne constitue pas une chasse aux sorcières, mais prouve simplement qu’un État de droit fonctionne. La circoncision est en effet présentée comme une intervention invasive sur un jeune corps, sans nécessité ou intérêt médical. Les risques d’infection ou de mutilation sont réels. Par conséquent, tenir compte d’un encadrement médical ne paraît pas excessif, mais constitue au contraire un signe de tolérance envers un rituel que De Morgen décrit comme « très contestable ».
De Standaard rappelle que la circoncision n’est plus remboursée par l’INAMI, ce qui marque un tournant dans la perception de cette intervention comme ayant des conséquences non négligeables, les qualifiant de forme grave de mutilation (sexuelle) qui ne peut être effectuée sans le consentement de la personne concernée.
Les médias ne sont pas tendres avec l’ambassadeur américain en Belgique, le qualifiant de provocateur, voire de « provocateur invétéré », et accusé de s’en prendre « avec acharnement » à la Belgique pour servir les intérêts de Donald Trump. Ce sont les termes de De Standaard, qui s’indigne, tout comme Het Nieuwsblad, devant la demande de Bill White pour une intervention rapide du gouvernement dans l’enquête judiciaire, menaçant ainsi de représailles américaines. C’est ce qui est considéré comme le pire par l’éditorialiste : l’ambassadeur américain remet en question la séparation des pouvoirs. « Si White se soucie tant de l’État de droit, il devrait surtout s’alarmer du régime de Trump », note Het Nieuwsblad.
De Morgen renchérit : « S’il y a bien deux pays qui sont vraiment mal placés pour critiquer l’État de droit dans d’autres pays, ce sont les États-Unis et Israël. »
Comment gérer un ambassadeur aussi encombrant ? Het Nieuwsblad propose : « White mérite d’être mis au coin, avec un bonnet d’âne. » Pour commencer, en annulant la grande fête, coûteuse pour les contribuables, du 250e anniversaire de l’indépendance américaine, que White souhaite organiser le 4 juillet à Bruxelles.
Les éditorialistes saluent unanimement la réaction de Maxime Prévot. Le ministre des Affaires étrangères a mérité tout notre soutien pour la fermeté qu’il a montrée : « Je vous exhorte à faire preuve d’une plus grande retenue et à replacer votre rôle dans son contexte, » a écrit M. Prévot. De plus, il a déclaré à Bill White : « Il est inapproprié de critiquer publiquement un pays et de ternir son image parce que vous êtes en désaccord avec une procédure judiciaire. » « Il faut du courage pour s’attaquer aussi fermement aux acolytes de Trump, » souligne Het Nieuwsblad.

