Prix des carburants : Philippe Tabarot et Maud Bregeon défendent TotalEnergies contre le « bashing »
La ministre déléguée de l’Energie, Maud Bregeon, a déclaré : « Notre demande est simple : Total et les bénéfices de Total doivent, en partie, bénéficier au pouvoir d’achat des Français. » Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a affirmé que le plafonnement des prix des carburants en France bénéficie « à plus de 3.300 stations » dans le pays.
« C’est facile de tomber dans le Total bashing. Total, c’est l’entreprise française qu’on adore détester. » La ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a pris la défense du groupe pétrolier ce mercredi matin sur le plateau de France Info. Elle a été interrogée sur les déclarations du patron de Total, qui a averti mardi que si le gouvernement choisissait de taxer les superprofits de la multinationale, cela entraînerait la fin du plafonnement des prix à la pompe. L’ancienne porte-parole du gouvernement a défendu avec vigueur l’entreprise française.
« Notre demande est simple : Total et les bénéfices de Total doivent, en partie, bénéficier au pouvoir d’achat des Français. C’est ce qui est fait aujourd’hui avec le plafonnement, et nous souhaitons que ce plafonnement dure parce qu’il est bénéfique », a-t-elle rappelé. Elle a aussi précisé : « Total est implanté dans 70 pays et ce plafonnement n’est mis en place qu’en France. » Elle a également mentionné : « La contribution de Total au budget de l’Etat est de 2 milliards. »
Un plafonnement qui bénéficie « à plus de 3.300 stations »
Ce matin, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a lui aussi condamné le « Total bashing » au micro de France Info, le qualifiant de « particulièrement désagréable ». Total est « une grande entreprise française qui certes fait des bénéfices, mais je dirais principalement à l’étranger. Et puis les conséquences positives de ces bénéfices, c’est ce plafonnement en France, et uniquement en France […]. Ce qui bénéficie à plus de 3.300 stations dans notre pays et à de très nombreux Français », a-t-il soutenu.
Concernant la possibilité d’une taxation des superprofits du groupe par le gouvernement, Philippe Tabarot, qui doit rencontrer des fournisseurs d’énergie cet après-midi, a préféré éviter le sujet. « Je vais recevoir les énergéticiens pour parler du kérosène, de son approvisionnement, et pour aider nos compagnies aériennes qui ont un coût d’exploitation qui a été pratiquement multiplié par deux », a-t-il expliqué.
Fini le plafonnement en cas de taxe sur les superprofits
Dans une interview donnée au quotidien Sud-Ouest le 5 mai, le patron de Total, Patrick Pouyané, avait clairement exprimé ses attentes concernant le plafonnement des prix des carburants appliqués depuis plusieurs semaines : « Si le gouvernement décide de taxer les raffineries, bien évidemment, la politique de plafonnement, c’est lui qui devra l’appliquer lui-même aux Français. Mais ça ne sera pas TotalEnergies. »
Le sujet des taxes sur les superprofits du géant pétrolier a également été abordé hier, à l’Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement. Plusieurs députés de gauche, comme Clémence Guetté ou Éric Coquerel et Olivier Faure, ont appelé à la mise en place de mesures ou de projets de loi pour taxer les multinationales sur les bénéfices réalisés à l’étranger, Total étant dans leur viseur.
« Un outil de souveraineté et d’indépendance important »
Dans l’hémicycle, en réponse à ces critiques, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a reconnu qu’un débat sur la redistribution des richesses de TotalEnergies était possible sans tomber dans le Total bashing : « On peut avoir le débat sur « est-ce que Total paye suffisamment d’impôts », mais n’allez pas dire aux Françaises et aux Français que Total n’en paye aucun, ça s’appelle un mensonge ! » Il a ensuite répliqué fermement : « Est-ce qu’il faut taper sur Total dès lors qu’il pratique ce plafonnement dans un seul pays sur 70 ? Non. »
Cette position rejoint celle de Maud Bregeon, qui a fait valoir qu’« avoir un grand pétrolier dans un moment de crise » était « un outil de souveraineté et d’indépendance important ». Bien que le Premier ministre n’ait pas fermé la porte à un nouveau débat sur la justice fiscale, la taxation des superprofits de TotalEnergies ne semble pas, à ce jour, être à l’ordre du jour.

